‹ Grammaire Limousine: phonétique, parties du discoursChapitre 28 sur 119 · II. — T intérieur · texte numérisé non relu

II. — T intérieur

A. — Il devient d selon la règle générale : 1° Régulièrement entre deux voyelles. Ex.: peccatorem, pechadour; - satullus, sadoû; — rotundus, redoun ; — seta, sedo ;

— catena, chadeno ; — maturus, madur ; — putare, poudd ; — ruta, rudo ; — natalis, nadau ;

2° Exceptionnellement entre m, n ou r et une voyelle. Ex. : vendita, vendo; — perdita, perdo '; — * semitarellum, sendareû ;

— domitum, dounde; — pentecosta, pandegoûto ;

3° Exceptionnellement encore entre une voyelie et r. Ex. :

• Pour le verbe, nous disons crânhei, qui est avec tremere dans le mémo rapport que le français cramdre, c'est-à-d.ro qui csl construit comme ce dernier sur le type des veibos en ngere.

^ A NûiiLron même on dit plutôt, selon la règle (voir ci-après), venlo, rjorto.

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tonitru, tounédre ; — metere, mêdre * / — succutere, secoudre ; — excutere, eicoudre.

B. — Au lieu de s'affaiblir, selon la règle générale des consonnes intérieures, il reste f si une consonne le précède, celleci lui prêtant un peu de sa force pour le soutenir. Ex.: veritatem, vertâ; — retorta, redorlo; — quartarium, cartiê ; — cantare, chanta. A plus forte raison persiste-t-il entre deux consonnes : fenestra, fenêtro; — turturem, tourtre. Il persiste aussi quelquefois, par exception, entre deux voyelles. Ex. : tota, touto ;

— vita, vito ; — nitidare, netiâ.

C. — Entre deux voyelles dont la seconde est un i suivi d'une autre voyelle, le t, au lieu de s'affaiblir simplement en d, change de classe et devient s ou z, ramolli au contact de Vi comme un corps dur que baigne un liquide. Ordinairement le son de ^^ disparaît entièrement aussi bien que celui du t, et il ne reste qu'un s ou z très-net. Ex.: *putiare (de puteus). pouzâ ;

— sationem, sazou . Mais souvent aussi ^^ persiste avec le t transformé par son influence, et on aie groupe ci ou si, comme dans grâcio = gratia, où il faut bien remarquer que Vi est devenu consonne et doit être considéré, non comme le premier élément d'une diphthongue /o, ainsi que nous avons eu le tort de l'écrire ci-dessus, page 39, mais comme le second élément d'une sorte de consonne-diphthongue analogue à Ih, nh, tr, cr, etc.

La même mutation de / en s ou z devant i a lieu encore quand il est précédé d'une autre consonne, pourvu que cette consonne soit autre que s. Ex.: patientia, pasinso ; — *Untiolum, linsûu ; — 'agenliare, gensâ; — lectionem, leissou; — mais quœstionem, questî ; — digestî, etc.

D . — T intérieur, changeant de famille sans changer de degré, est devenu c dans ûclhâ = ustulare. C'est sans doute moyennant une pareille mutation préalable que l'on voit le t devenir, comme le c lui-même en pareille position, y (ou i) de-

• Inusité â Nontron, où l'on ne dit que meitivâ.

vant / et r *. Ex. : vetula, viêlho ; — situla, selho ; — vitrum, veire ; — petra, peiro ; — deretro, darei; — peccatricem, pecheirî, et les nombreux substantifs en aire = ator, tels que chantaire, percuraire, etc. etc.*. Dans tous les cas, cette transformation — médiate ou non — de ^ en i (voyelle ou consonne) est de règle devant r et après une voyelle. Son maintien à l'état ferme, avec ou sans affaiblissement, comme dans tounedre ou medre (= tonitru, metere), est exceptionnelle ^.

E. — Le t intérieur a subi accidentellement quelques autres mutations. Je ne citerai que la suivante, où il devient r : putnai (Raynouard), purnai. Cf. le latin meridies = medidies et la forme archaïque pefes =? pedes.

m.— r final

T final tombe toujours ; dans quelques mots cependant il reparaît en liaison. Ex. : pitit einoucen, vint an, huet ourà, net e jour, tout ei fini, disset-eû, venguet-elo ; et de même à la troisième personne du singulier et du pluriel à tous les temps de tous les verbes, devant les pronoms personnels. Le t, dans tous ces cas, se lie étroitement,comme en français, à la voyelle initiale du mot suivant.

l. — D initial

D initial reste d. Exemple : dolere, dCure; — durum, dur; — dextrale, destral, deitrau; — damnare, dannâ ; — dies lunœ, dilû.

* Le fait est certain pour vetulus, puisqu'on trouve veclus . Je ne sais si l'on a des exemples de cr pour tr entre deux voyelles ; mais il n'y a aucune témérité à admettre que t soit devenu c aussi bien devant l'une que devant l'autre des deux liquides.

^ Il faut, je crois, expliquer de même l'j de puei = pois = post (pots).

3 L'ancienne langue offre pour ces deux mots les formes plus régulières troneyre, meire.

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