DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE MOTS OU DES PARTIES DU DISCOURS
Nous avons étudié, dans la première partie de cet ouvrage, les éléments organiques du langage, c'est-à-dire les sons, sans autre préoccupation que la recherche des lois qui, en limousin et, en général, dans la langue d'oc, ont déterminé leur persistance ou leurs modifications dans le cours des âges. Il nous faut maintenant passer à l'étude des mots, c'est-à-dire des divers systèmes organisés de ces éléments primordiaux.
Cette nouvelle étude nous sera rendue singulièrement plus facile et plus prompte par la connaissance des principes dégagés dans notre première partie, car les phénomènes que nous aurons à décrire dans celle-ci ne sont guère que le développement nécessaire de ces principes. Étant données en effet, d'une part, la langue d'oc classique, telle qu'elle nous est connue par les poésies des troubadours et les textes en prose les plus purs du XP au XIV siècle, et d'autre part les lois phoniques que nous venons d'exposer, l'état actuel de notre dialecte se déduit de la langue classique, sauf quelques exceptions locales ou accidentelles, sans qu'il j ait à faire intervenir, comme par exemple dans le languedocien et le provençal, des causes efficientes particulières, je veux dire des
forces plastiques ou conservatrices distinctes de celles qui ont donné sa forme à la langue classique*.
On compte ordinairement dans nos langues neuf espèces de mots. Nous les diviserons en trois classes, dont chacune fera Tobjet d'un livre distinct, le premier traitant des mots déclinables, le second du verbe, le troisième des mots invariables .