‹ Grammaire Limousine: phonétique, parties du discoursChapitre 73 sur 119 · II. — Pronoms relatifs et interrogatifs · texte numérisé non relu

II. — Pronoms relatifs et interrogatifs

Suj. masc. et fém.

qui, chi,

que.

que, qui

— neutre

que.

que.

Rég. direct

que, qui.

que, qui

Rég. ind. masc. et fém.

cui '.

qui.

— neutre

que.

que.

OBSERVATIONS

l. — Entant que pronom relatif, quine sert plus aujourd'hui que comme régime de préposition. Le rôle de sujet et de régime direct est rempli exclusivement par que^. l\fa,nt excepter les cas où l'antécédent n'est pas exprimé; alors on emploie toujours qui, comme dans l'ancienne langue et comme en français : qui refuso muso; vou sabê qui. — L'ancienne forme cui est depuis longtemps périmée ^.

IL — Le pronom interrogatif, masculin et féminin, n'a qu'une forme, qui, pour le sujet, le régime direct et le régime indirect.

* Cui était aussi quelquefois régime direct; mais son emploi ordinaire était celui de génitif ou de datif (avec ou sans préposition).

* On voit dans les Leys d'amors (II, 76) que qui, au XIV' siècle, avait déjà perdu comme relatif beaucoup de terrain. Cet ouvrage n'autorise au féminin que l'emploi de que, et il constate que cette forme était au masculin plus usitée que qui.

3 Je ne la trouve dans aucun des textes (XIV'-XVI° s.) publiés dans le Limousin historique. Au contraire, j'y lis (p. 578), sous la date de 1371 : a qui las letras pervenrant, selon l'usage d'aujourd'hui. Los Leys d'amors (II, 76-78) blâment cet emploi de qui. Il devait être dès lors Irèsfrcqucnt

III. — Le neutre, tant interrogatif que relatif, est toujours que, qui traduit ainsi, selon les cas, le fr. qui, que ou quoi.

IV. — A Tulle, le pronom qui est eu, lorsqu'il commence la phrase : eu per soun be per soun sen ; — eus oco ? f =^ qui es oco ?) *. Ces formes sont quercinoises ; on les trouve aussi en Provence.

Cal (eau) — câlo (lat. qualis)

L'adjectif 5'Ma/ ou ca/ (voir ci-après), joint à l'article, a formé un autre pronom, à la fois relatif et interrogatif. Dans l'ancienne langue, il était -des deux genres ; mais, comme tous les adjectifs de cette catégorie, il a pris depuis longtemps la flexion féminine, et on dit lou eau — la eâlo, loû eau — la eulâ *. Cependant l'ancien usage n'est pas tellement périmé qu'on n'emploie encore quelquefois eau ^au féminin comme au masculin : la eau ei-eo ? la quau ei-eo ? «= laquelle, lesquelles est-ce ?

Comme interrogatif, ce pronom est indifféremment sujet, régime direct ou régime indirect; mais, comme relatif, son emploi est aujourd'hui borné au rôle de régime indirect, et il sert principalement quand il s'agit de rappeler un nom de chose.

Un synonyme de cal est quin ou quinh. Ce pronom, toujours interrogatif, et qui, d'après les Ze?/sc?'amors (II, 46), «demanda de la qualitat, » n'appartenait pas, à ce qu'il semble, à la langue commune, et il est toujours resté étranger au dialecte

* Cf. lu^=lui, qu'on trouve dans quelques textes anciens, par exemple dans la trad. de l'Albucasis, dont M. de Tourtoulon a publié des fragments au tome 1" de la Revue des langues romanes, pages 3 et 301.

^ Les Leys d'amors, qui réprouvent gua/o, qualas, montrent que l'usage en était déjà très-répandu au XIV" siècle. Dans les textes de Limoges de cette époque et des siècles suivants, ces formes sont employées concurremment avec quai, quais.

•■' Moins rarement, à ce qu'il semble, en haut Limousin qu'à Nontron. Ici eau féminin ne sert plus guère que comme pronom interrogatif. A Limoges il est aussi exclamatif : quau tcto! quau coressà ! (Foucaud) = quelle tête ! queUes caresses !

limousin. 11 était, je pense, propre à celui du Languedoc, où il est encore fort usité.

Can (lat. quantus)

Can (dans l'ancienne langue quan ou can-quanta) est aujourd'hui indéclinable et ne sert plus (à Nontron du moins) que comme interrogatif : can sount-î? can sount-élà? (quanti, quantœ sunt ?) Autrefois il était aussi relatif, mais comme tel ne servait qu'au neutre : vos ren... tôt quant ai (Pistoleta). Je le trouve encore employé de même dans un texte de 1641 {Vie de sainte Valérie) : mas aqueu qu!o fat tout quant ey.

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