‹ Grammaire Limousine: phonétique, parties du discoursChapitre 9 sur 119 · I. — E tonique · texte numérisé non relu

I. — E tonique

A. — ^ en position reste e. Il s'allonge si la position est détruite, sauf devant w ou r restés en finale. Ex. : terra, têro ; — sella, sêlo; — * confessât, coufêsso; — restât, resto; — testa, têto;

* Cette altération y atteint même parfois l'a nasal accentué. Ex. : efon {infantem), chom {campum).

^ Ex. : racêmus, razim; — nebula, nible. — Ce même changement d'e en i se remarque aussi dans plusieurs mots empruntés au français. Ex. : purisi = pleurésie; — biatilha = béatUles.

PHONETIQUE 2S

— testu, tê; — pressus, prê; — cultellus, coûté; — cooperta^ cuberto; — hibernum, iver; — jacentem, jazen.

Exceptions :

a. — E, en position devant s, devient presque toujours ei a la suite de la chute de cette consonne *. Cette mutation n'a jamais lieu devant deux s, quand la voyelle suivante a persisté, et elle est plus rare devant st que devant les autres groupes ensinitial. Ex.:eswe(pr.), eime; — fresca{pr.), freicho;

— est, es, ei.

b. — Il devient encore ei dans les mots provençaux - autres que les noms ethniques — en es ûnal = ens.... latin, que le groupe ns soit originaire, ou qu'il résulte de la syncope d'une voyelle. Ex.-.inensis, mes, mei; — prensus,pres, prei; — plenfojs, pies, plei; mais francensis, frances, francê; — anglensis, angles, angle.

Observons que, dans les mots de cette désinence, n était déjà tombé avant le dégagement des langues romanes, comme on pourrait l'induire de la forme qu'ils ont prise dans toutes ces langues, si l'on n'avait déjà la preuve directe du fait dans les textes épigraphiques ou autres du haut moyen âge.

B. — Ê bref reste ordinairement e, sauf à s'allonger, ce qui lui arrive principalement devant /ou unespirante. Ex.: pedem, pë; — pedes, pes, pê; — teneo, téne; — *sequit, se; — per, për; — *petia, pêço ; — evangelium, eivangêli; — secat, sêjo.

Quelquefois il se diphthongue en ie. Ex.: férus, fier; — sedeo, siete; — vetulus (veclus), viei.

Cette même diphthongaison a lieu aussi quelquefois quand Ve est en position. Ex.: lectus, lié; — despectus, deipié ; plus rarement s'il est long : sincerus, sanciê.

E provençal, provenant d'une autre source que e latin, peut la subir également : jactat, jeta, jieto.

* La chute de Vs ayant pour conséquence d'aliongor la voyelle précédente, c'est en réalité e long, et non e en position, qui devient ei. Le principe de la persistance des voyelles en position ne reçoit donc ici aucune atteinte.

C. — E long devient toujours ex après la chute de r, dans les finales provençales en er, provenant de désinences latines où êr était suivi d'une voyelle terminale. Ex.: sero, ser, sei; — licere, lezer, lezei.

En toute autre position, ê reste e, qu'il conserve ou non sa quantité. Ex.: cemeterium, cementêri ; — debetis, devetz, devê ; — candela, chandêlo; — cera, cëro; — prensa, prêsa, prëso.

D. — E long, bref ou en position, devient ei, plus rarement ie, en se diphthonguant avec un i suivant, originaire ou provenant d'une consonne vocalisée. Les changements dus à cette cause avaient déjà eu lieu dans l'ancienne langue. Ex.: integer-ra, entier-ièro * ; — rëgem, rei; — fêria, feiro ; — petra, peiro ; — sex, siei; — mëlius, miei; — pejus, piei.

Ces deux derniers exemples nous montrent réunies et fondues ensemble: 1° la diphthongaison de e en ie (voir cidessus B), 2° celle de e enei, qui fait l'objet du présent article.

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