II. — Deuxième conjugaison : î {ir = lat. ire
Cette conjugaisonn'a pas, comme la précédente, de type homogène dans le latin. Si, aux temps de la première série, de même qu'au participe passé et à Tinfinitif, elle reproduit la quatrième conjugaison latine, c'est, dans les autres, delà troisième qu'elle procède, car elle s'y règle sur les verbes inchoatifs en «SCO, esco. Aujourd'hui, et depuis longtemps sans doute, elleest, dans toute la langue d'oc comme en français, complètement et logiquement constituée, c'est-à-dire que le suffixe verbal isc [iss) y précède la flexion proprement dite à toutes les formes de la première série ; mais on voit par les textes qu'à l'époque classique les formes à flexion accentuée ne prenaient pas ce suffixe, ce qui rendait cette conjugaison semblable à ce qu'elle est encore en italien. La tendance à l'état actuel se constate pourtant assez fréquemment dès cette époque, de même que celle, devenue de plus en plus générale et dominante, dont nous reparlerons plus loin, d'imposer cet allongement en is aux verbes en ir restés conformes au type de la quatrième conjugaison latine.
INFINITIF flor ir *. flurî.
FUTUR
florir ai flurir ai
florir as flurir a
florir a flurir ô
* J'emprunte ce paradigme à M. Bartsch, Chrestomathie ; il y donne comme déjà ccimpl^tement consiitué dans la langue classique le présent du subjonctif. Le fuit n'est pas facile à vérifier; mais je ne crois pas qu'il eût la généralité que M. Bartsch suppose. Les grammaires (Hugues Faidit, Raimond Vidal, les Leys d'amors) ne sont à cet égard d'aucun secours, car elles ne mentionnent, parmi leurs exemples, depremières ni de deuxièmes personnes du pluriel qui puissent ici nous éclairer.
florir em
flw'ir em, am
florir etz
flurir ei, ê
florir an, au.
flurir an, au.
CONDITIONNEL
florir ia
flurir iô
florir ias
flurir iâ
florir ia
flurir iô
florir iam
flurir iam
florir iatz
flurir iâ
florir tan,
ien, ion.
flurir ian, iou.
INDICATIF PRÉSENT
flor isc, is
flur iss e
flor iss es
flur iss ei
flor is
flur î
flor em
flur iss em
flor etz
flur iss ê
flor isc on,
iss en .
IMPARFAIT
flur iss en, ou .
flor ia
flur iss io
flor ias
flur iss iâ
flor ia
flur iss io
flor iam
flur iss iam
flor iatz
flur iss id
flor ian.
IMPÉRATIF
flur iss ian, iou
flor is
flur î
flor am
flur iss am
flor etz.
flur iss ê.
SUBJONCTIF PRÉSENT
flor isc a
flur iss e
flor isc as
flur iss à, ei
flor isc a
flur iss e
flor isc am flor isc atz flor ùc an, on.
flur ISS am flur ISS a. ê flur iss an, ou.
PARTICIPE PRESENT
flor en, iss en. flur iss en.
PRÉTÉRIT DE L'INDICATIF flor i flur î
flor ist
flor it, i
flor im
flor itz
flor iron, iro, iren.
flur irei flur i flur, irem flur, irei flur iren.
!•' IMPAJRPAIT DU SUBJONCTIF
flor is flur î, isso
flor isses flur issà
flor is flur î, isso
flor issem flur issam
flor issetz, issatz flur issâ
flor issen, an, on. flur issan.
flor ira flor iras flor ira flor tram flor iratz flor iran.
flor it, ido.
(flur iro) flur ira (flur iro) flur iram flur ira flur iran.
PARTICIPE PASSÉ
flur i, ido. ,
OBSERVATIONS
1. L'analogie de l'indicatif où isc, précédant toujours un e, est naturellement devenu iss, et peut-être aussi l'exemple du
français, ont conduit à opérer le même changement (devant les formes en a du présent du subjonctif*. Il en résulte que, comme en français, plusieurs personnes de ce temps se confondent avec les personnes correspondantes de l'imparfait du même mode. Cette confusion n a pas lieu dans les dialectes plus méridionaux que le limousin, parce que se y reste dur au subjonctif.
2. Prétérit. — Dans les dialectes plus méridionaux de la langue d'oc, spécialement le provençal et le languedocien, le prétérit et rim[»arlait du subjonctif ont été abusivement allongés par rinsertion du g dur, qui, dans la langue classique, n'était attribué qu'aux prétérits dérivés de parfaits latins en ui ou vi non précédé d'^. Cette faute était déjà générale à Toulouse au xiv" siècle, comme on le voit par les Leys d'amors (II, 386). Aujourd'hui, je le répète, elle est devenue la règle presque partout ; le Limousin lui-même n'a pas su s'en défendre entièrement, car Limoges et Tulle disent finigué par exemple, au lieu àe fini, comme Toulouse et Marseille. Mais le Périgord (Nontron, Périgueux, Ribérac), plus fidèle sur ce point, comme en général sur tous les autres, à la tradition classique, a échappé à la contagion. — Voici donc comment se conjuguent en haut et bas-limousin le prétérit et le subjonctif imparfait des verbes en ir :