‹ Grammaire Limousine: phonétique, parties du discoursChapitre 91 sur 119 · PRÉTÉRIT SUBJONCTIF IMPARFAIT · texte numérisé non relu

PRÉTÉRIT SUBJONCTIF IMPARFAIT

finigu ei finigu ê, esso

finigu êrei, â finigu ess à

finigu é finigu ê, esso

finigu êrem, am finigu ess am

finigu èrei, û finigu essâ

finigu êren, ou. finigu essan, ou.

Le fonds primitif de cette conjugaison so compose de verbes

* On a déjà des exemples de ce changement dans les textes de Limoges du XIV» siècle.

provenant, une moitié à peu près delà quatrième conjugaison latine {ire), l'autre moitié, sauf quelques-uns d'origine germanique ou de provenance inconnue, de la seconde (ère), ou de la troisième {ère), ces derniers ayant déjà probablement passé, dans le latin vulgaire, à la quatrième conjugaison.

A ce premier fonds se sont ajoutés :

1° Un assez grand nombre de verbes formés par la langue d'oe elle-même ;

2° Tous les verbes empruntés directement au latin après la période des origines et qui appartenaient dans cette langue à la deuxième, à la troisième * ou à la quatrième conjugaison ;

3° Enfin, quelques verbes pris au français, en ir, bien entendu, dans cette langue, et qui sont pour la plupart d'introduction récente.

Je me bornerai à mentionner ici quelques-uns de ceux qui appartiennent au fonds primitif, en faisant remarquer qu'un fort petit nombre avaient dans le latin classique la forme inchoative. Tels éialexïi putresco, (in)gemisco, porcsco, languesco, lucisco. Mais il est probable que la plupart des autres avaient déjà reçu cet allongement dans le latin vulgaire, avant le dégagement des langues romanes.

* Les verbes latins en ère et ère introduits dans la langue française dop lis les origines ont natiirolleniont reçu l'infinitif en er, qui paraissait identique au leur, et toute la sôrie de leurs formes a été la conséquence nécessaire de cette première attribution. On comprend facilement qu'il en ait été autrement en langue d'oc, où, grâce au maintien de l'o à l'infinitif de la première conjugaison, ce fut plutôt à la seconde (ir) qu'à celle-ci que les verbes en question durent paraître assimilables. Voici quelques exemples pris dans les Coutumes de Limoges : resistir, exerclr, possedir, sustituir, succedir, presumir. liemarquons en passant que, la plupart de ces verbes étant, depuis l'âge classique, tombés i^n désuétude, c'est aujourd'hui sous ia forme française que nous les employons quand nous avons à nous en servir, et, comme, ainsi qu'on l'a vu, les verbes français en er restent chez nous de la première conjugaison, nous disons 7'esistâ. exerça, posséda, etc. Le parler de Tulle paraît avoir été plus fidèle que le nôtre à la tradition, c'ost-à-dire avoir admis un peu moins de ces verbes refaits sur le patron français,

a. — Verbes provenant de la quatrième conjugaison latine: eisî (exire) ; nûri (nutrire) ; urdi (*ordire) ; perî (perire) ; pati (*patiï'e) ; sarci (sarcire); sebeli (sepelire); touissî ftussire), usité en bas Limousin, mais non àNontron ; vltîfvestirej.

b. — Verbes provenant de la deuxième conjugaison latine : (a)coumpli (complei'e) ; jôuvî (gaudere) ; langui (languere); lûzî (lucere) ; pûrî (putrere).

c. — Verbes provenant de la troisième conjugaison latine : chabî * (capere); eissurî (exurere); fremî (fremere); gcmî (gemere); legî (légère) ; parci (parcere) ; trahi (tradere) ; tundi (tundere).

d. — Verbes d'origine germanique : chôusi (katistjan) ; crûssi (kraustjan) ; eicharni (ske.rnon) ; furbi (furban) ; furnî (frumjan); gari (warjan) ; gandi (wantjan). Il y a encore pour ce dernier hésitation entre la forme primitive et la forme inchoative.

Appendice à la deuxième conjugaison

Verbes en'w à forme non inckoative

Ces verbes sont aujourd'hui peu nombreux, beaucoup de ceux qui à l'origine faisaient partie de leur groupe ayant graduellement reçu la forme inchoative. Voici le paradigme de l'un d'eux, parii. Je ne donnerai que les temps de la première série, ceux de la seconde ayant identiquement les mêmes formes que flurî.

* Ce verbe appartenait, dans l'ancienne langue, à la troisième conjugaison (troisième classe) En le faisant passer dans la seconde, nous avons retenu plusieurs de ses anciennes formes que nous employons concurremment avec les nouvelles, savoir : le prétérit de l'indicalif {choubé), l'imparfait du subjonctif {chôubésso),le participe passé {chôubu), et enfin le futur et le conditionnel (cho'ibrai, ch'oubrio). On remarquera que la diphthongtie du parfait a été abusivement propagée à ces deux derniers temps. La même faute, comme on le verra plus loin, a été commise dans le compost' reçabei et dans sabot.

INFINITIF Part ir. Partî.

INDICATIF PRÉSENT

part, part i,

part e

part es

part et

part

par

part em

part em

part etz

part è

part en, on,

part en, ou.

IMPARFAIT

part ia

part io

part ias

part ià

part :a

paît io

part iam

part iam

part iatz

part iâ

part ian, en,

, on, 0.

part ian, ou.

IMPÉRATIF

part

par

part am

part am

part etz .

part è.

SUBJONCTIF

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