‹ Grammaire Limousine: phonétique, parties du discoursChapitre 92 sur 119 · PRÉSENT · texte numérisé non relu

PRÉSENT

part a

part e

part as

part à. ei

part n

part e

part am

part am, iam

part atz

partâ, iâ, ê. ei

part an.

part an, ian, on

PARTICIPE PRÉSENT

part en. part en.

OBSERVATIONS

1. Indicatif présent. — Co sont les flexions propres, en latin, à la deuxième conjugaison {ère) qui ont été attribuées à celleci, au lieu de celles qui, originairement, lui appartenaient. Audimus, auditis auraient donné auzim, auzitz, là comme au prétérit. Ces formes ne se rencontrent pas.

2. Subjonctif présent. — C'est la troisième conjugaison latine qui a fourni les flexions de ce temps, et, si cela est parfaitement régulier pour les verbes à forme in choative, puisque ces verbes suivaient en latin la troisième conjugaison {florescam, as, at), cela Test moins pour les autres qui, d'après leur origine, devraient les avoir en ia, ias, etc., = iam, ias. Mais la langue classique, qui paraît avoir eu peu de goût pour ces flexions mouillées, ne les conserva guère que là où 1'/ pouvait se combiner avec noul. Presque partout ailleurs, elle les remplaça par les flexions sèches provenant de la troisième conjugaison. Ex.: colha. venha, mais parta, sorta, mora. — ANontron, la proportion entre les formes sèches et les formes mouillées reste la même que dans la langue classique; mais, sur d'autres points de notre dialecte, ce sont au contraire les dernières qui paraissent préférées, et on les prête même quelquefois à des verbes qui, étymologiquement, y répugnent, par exemple, comme à Tulle et à Limoges, à ceux de la première conjugaison. — J'ai déjà fait remarquer qu'il y a eu dans notre dialecte, depuis l'âge classique, un échange de formes entre la première conjugaison et les autres, ce qui a produit, comme en français, une série unique de flexions pour tous les verbes, sauf la difîerence résultant, dans quelques-uns, de la présence d'un i consonne, c'est-à-dire du mouillage de la consonne antécédente. Cet échange ne s'est pas fait partout d'une manière identique. Ainsi, tandis qu'en un lieu, Limoges, par exemple, on préfère pour la deuxième personne des deux nombres les flexions en a (lat. as, atis), ailleurs, ce sont au contraire celles en e (lat. es, etis) qui ont prévalu.— Sur d'autres points, à Tulle, par exemple, la distinction primitive a persisté, au moins dans

les flexions atones, Ye de la première conjugaison étant rest'tel, et Ta des autres s'étant, selon la règle, affaibli eno; chante = cantet ; venho = veniat.

Cette deuxième section de la conjugaison en ir ne comprend plus qu'un très-petit nombre de verbes, et plusieurs do ceux qui lui restent tendent à la quitter pour passer dans la première. Tels sont, chez nous, fugî. mil, qui, à certaines personnes, hésitent entre la forme primitive et la nouvelle. Cette tendance est plus forte en haut Limousin qu'à Nontron. Dans le dialecte languedocien, tous ou presque tous ont passé à rinchoative, et cela depuis fort longtemps, comme en témoignent les Leys d'amors, qui, en condamnant les formes telles que cubrisc, mentisc, servisc, vmplisc, ubrisc, ufrisc, sufrisc, dormisc, partisc, en constatent par là même Tusage courant à Toulouse dès le xiv" siècle.

. La liste suivante comprend tous les verbes simples de cette conjugaison, persistant encore à Nontron dans la forme primitive, que j'ai pu recueillir. Les plus nombreux (13) étaient, dans le latin classique, en ire. Les autres (6) appartenaient originairement à l'une ou à l'autre des conjugaisons en cre.

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