VINGT- CINQUIÈME LEÇON
Moelle des lions (La), allusion à l'éducation d'Achille, à la manière forte et virile dont ce héros iiit élevé parle centaure Chiron. Voyez Éducation d'Achille.
Dans l'application, la moelle des lions caractérise ces éducations fortes qui développent les grands talents et les mâles caractères.
Moi, c'est moi qui l'ai fait! en latin, Jie, me, adsum qui feci! exclamation tirée du célèbre épisode de Nisus et Euryale (Virgile, Enéide, liv. IX, v. 427). Nisus et Euryale, jeunes guerriers troyens, unis par l'amitié la plus tendre, compagnons de périls et de gloire, veulent tenter ensemble quelque chose d'héroïque. Ils pénètrent pendant la nuit dans le camp des Rutules, massacrent un grand nombre de guerriers ensevelis dans le sommeil de l'ivresse, et s'apprêtent à revenir sur leurs pas. Mais le jour parait, et un chef rutule, Volscens, à la tète de trois cents cavaliers, surprend Euryale. Nisus, caché dan? l'ombre, lance deux flèches qui percent deux Rutules; mais, à la vue de Volscens levant son épée sur Euryale, il s'élance de sa retraite en criant : « Me voilà, c'est moi qui ai tout fait : Me, me, adsum qui feci; tournez vos armes contre moi! » Déjà le fer a tranché les jours d'Euryale; Nisus se précipite au milieu des ennemis, il ne cherche que Volscens, le tue, et, percé luimême de mille traits, va tomber et mourir sur le corps de son ami.
On fait entendre cette exclamation pour exprimer d'une manière vive et énergique, en bonne ou ea mauvaise part, qu'on est l'auteur d'une chose attribuée à un autre.
Moi, moi, dis-je, et c'est assez...
Allusion à un passage de Corneille dans sa tragédie de Médée, acte \" , scène v. Médée, sur le point d'être abandonnée par le volage Jason, épris d'un nouvel amour pour la fille de Créon, roi de Corinthe, fait part de ses sentiments de colère et de ses projets de vengeance à Nérine, sa confidente. Celle-ci rappelle à Médée l'abandon où elle se trouve et lui conseille la prudence :
Que sert ce grand coiiragft où l'on est sans pouvoir?