‹ Grammaire littéraire ou explications suivies d'exercices sur les phrases, les allusions, les pensées heureuses empruntées a nos meilleurs écrivains et qui font aujourd'hui partie du domaine public de notre littérature a laquelle elles servent en quelque sorte de condimentChapitre 6 sur 89 · LIVRE DE l'Élève · texte numérisé non relu

LIVRE DE l'Élève

26 CnAMMAlUE LITTÉnAlRE

Asmodée, principal personnage du Diable boiteux, roman de Le Sage. Asmodée, qui est un être diabolique, enlève le toit des maisons de Madrid, afin de dévoiler à son compagnon tous les événements secrets qui se passent dans les habitations.

En littérature, on donne le nom d'Asmodée à celui qui est informé de tous les événements, des mille circonstances qui se rapportent à la vie privée de chacun, et cela sans qu'on puisse se rei.dre compte des moyens d'information qui sont à son service.

Assas (le chevalier d'). Voyez A moi, Auvergne !...

Atalante. Fille d'un roi de Scyros, Atalante était célèbre par son agilité à la course. Elle déclara à la foule de ses prétendants qu'elle n'accorderait sa main qu'à celui qui l'aurait vaincue en la devançant dans la carrière. Hippomène remporta le prix, grâce à trois pommes d'or dont une déesse lui avait fait présent. Lorsqu'il se voyait sur le point d'être atteint par Atalante, il laissait tomber une de ces pommes, que la jeune fille s'empressait de ramasser, et Hippomène put ainsi toucher le but avant elle.

Les écrivains font surtout allusion à l'agilité d'Atalante et aux ■pommes d'or au moyen desquelles Hippomène -resta vainqueur.

Attacher le grelot, expression empruntée à la fable de La Fontaine intitulée : Conseil tenu par les ruts.

Ceux-ci, plus que décimés par le terrible Rodilardus, qui menaçait d'anéantir le peuple entier des rats,

Tant il en avait mis dedans la sépulture,

se réunissent pour aviser à un moyen de salut :

Dès l'abord, leur doyen, personue fort prudente, Opina qu'il fallait, et plus tôt que pins tard. Attacher un grelot au cou de Rodilard ;

Qu'ainsi, quand il irait en guerre, De sa marche avertis, ils s'enfiiiraieut sous terre;

Qu'il n'y avait que ce moyeu.

Chacun fut de l'avis de monsieur le doyen : Chose ne leur parut à tous plus salutaii'e. La difticuUé fut i'atiacher le grelot.

Lun dit : Je n'y vas point, je ne suis pas si sot; L'autre : Je ue saurais. Si bien que sans rien faire On se quitta

Dans l'application. Attacher le grelot signifie faire le premier pas dans une entreprise difficile et hasardeuse.

GRAJIMAUiE LlTiÉr.Air.E 27

Audace, encore de l'audace, toujours de l'audace (De 1')^ mot fameux de Danton. Le duc de BrunsNvick venait de lancer contre la France son insolent manifeste; nos armées avaient éprouvé des revers en Lorraine; Longwy était pris, Verdun assiégé; l'alarme régnait dans Paris. Le tocsin sonnait dans toutes les églises. Pour ranimer les courages, Danton accourut à l'Assemblée législative et termina un discours véhément par ces mots : « Le canon que vous entendez n'est point le canon d'alarme, c'est le pas de charge sur nos ennemis!... Pour .es vaincre, pour les atterrer, que faut-il? De l'audace, encore de l'audace, toujours de P audace. »

Cette répétition énergique a passé en proverbe, et se dit à propos de toute résolution hardie. Audace est souvent remplacé par un autre mot qui s'adapte à la circonstance,. Le vieux maréchal de Trivulce avait déjà dit : « Pour réussir à la guerre, il faut trois choses : de l'argent, encore de l'argent, toujours de l'argent. »

■ cxr<âg't)o ■■

APPLICATIONS

Dans les phrases suivantes, l'élève remplacera les points de suspension par la locution convenable.

C'est surtout dans les guerres civiles qu'il faudrait, de part et d'autre, épuiser tous les moyens de conciliation avant d'en venir aux mains; c'est surtout dans ces luttes fratricides que les partis devraient reculer devant la terrible responsabilité de la première goutte de sang versé,

et se dire réciproquement, comme à : Si

ces préliminaires étaient observés, comme il se trouve toujours dans chaque camp des esprits élevés et généreux, la conciliation aurait le dessus, et, au lieu de se tirer des coups de fusil, on se donnerait une fraternelle poignée de main.

Dans cette admirable campagne de 1814, le vainqueur de Brienne, de Champaubert, de Montmirail et de Mont&-

reau, semblable à , paraissait avoir recouvré toute

la puissance de son génie en se retrouvant sur le sol natal I

Un de nos fermiers a un fils qui passe avec raison pour le plus beau garçon du pays. Il est blond et il a dix-huit ans. Ce ne sont pas ces gros traits des Anglais et des Allemands : sa tête est toute grecque. Il est loin de s'en douter, et cela lui donne une grâce et un naturel que n'ont point vos messieurs de Paris ; avec sa blouse et ses sabots, il a tout à fait l'air de

Je n'ai jamais vu une nature plus gaie, plus joyeuse, plus joviale, plus rieuse, plus folle, plus étourdie, plus insouciante, plus imprévoyante, plus...; j'en dirais bien davantage, si je tenais la plume de madame de Sévigné. Près de lui, Démocrite aurait semblé un employé des pompes funèbres; ce garçon-là aurait dansé, je n'ose pas dire sur un volcan, mais en sortant de

Je n'ai jamais pris ma part d'un aussi détestable dîner; les plats étaient plus mauvais les uns que les autres : le potage manquait de sel, le rôti était brûlé, les entremets étaient détestables; le dessert! ah, le dessert! C'était le

cas de dire, avec Boileau : le rôti, le

dessert, I

MM. Thiers et Mignet se rendirent à Paris à peu près vers la même époque , venant tous deux de la Provence.

Tous deux rivaux de talent, , ils accouraient,

comme tant d'autres, pour chercher fortune dans la capitale.

11 faut que des différences bien profondes séparent la France et l'Allemagne, puisque, malgré les efforts des philosophes et dos penseurs illustres qui honorent les deux pays, tant de préjugés les séparent encore. Un perpétuel antagonisme les divise; ils se poursuivent l'un l'autfe, comme dmis la course de , sans s'atteindre jamais.

Un père qui est vraiment digne de ce nom a de grands devoirs à remplir; il doit sans cesse avoir devant les yeux l'avenir de ses enfants. Ce serait un crime de sa part que de vivre dans l'insouciance et de dire ce mot égoïste : !

Un jour, le jeune roi Jacques l" s'amusait à jouer avec les compagnons de son enfance et de ses études, lorsque Buchanan, qui était occupé à lire, les pria de faire un peu moins de bruit. Comme ils ne tenaient aucun compte de ses remontrances, Buchanan dit au jeune prince que, s'il ne voulait pas se taire, il lui ferait donner le fouet. Le roi lui répondit fièrement qu'il serait charmé de connaître celui qui, dans cette occasion, se chargerait de

Chez les hommes, les aptitudes ne sont pas égales; tel échoue, malgré les plus grands efforts, là où un autre réussit sans difficulté. L'histoire de sera éternellement vraie.

La pie-grièche a une singulière manie, celle d'écorcher les petits oiseaux qu'elle prend, pour en conserver les peaux. Un analogiste quand même assurait un jour que cette pratique de la pie-grièche, qui est une mélomane passionnée, devait être une vengeance à l'imitation de celle que le divin tira du .... ,

Page 1