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N" LXXXIII

EMPLOI DE l'article APRÈS LES AD.IECTIFS ET LES VERBES SUIVIS DE LA

PRÉrosiTio.\ de.

SANS l'article.

11 est vrai que le monde est plein de médisants.

(QUISALLT.)

L'hymen n'est pas toujours entoure de flambeaux.

(Racine.)

La gloire remplit le monde de. vertus^ et, comme un soleil bienfaisant j elle couvre toute la terre de fleurs et de fruits. (Vauvenargues.)

Les cœurs nourris de sang et de projets terribles , N'ont pas toujours été les cœurs les moins sensibles.

(Crédillon.)

L'hymen n'est pas un dieu- qu'on repaisse de fables.

(Doursal'lt.)

Dans la Virginie on trouve des chevaux qui, quoi-' que sortis de cavales privées, sont devenus si farouches d;ms les bois qu'il est difficile de les aborder.

(BCFFO.N.)

On parle souvent de courses de chevaux en Angleterre, (id.)

AVEC L article.

Toutes les histoires et tous les écrits sont pleins des miracles qui leurs secours implorés et leurs tombeaux honorés opéraient par toute la terre-.

(BOSSUET

La terre est couverte des hommes que Telémaque renverse. (Fé.nelon.)

Les Francs , peuple sauvage , ne vivaient que de légumes, de fruits, de racines, et des animaux qu'ils prenaient à la chasse. (Andrieox.)

Nous sommes piesque toujours coupables de la haine qu'on nous porte.

(Yaovenarcues.)

Les chevaux arabes viennent des chevaux sauvafjes des déserts d'Arabie. (Buffon.)

Quelques auteurs parlent des chevaux sauvages ,

et citent même les lieux où ils se trouvaient.

Après les adjectifs et les verbes suivis de la préposition de, le complément, si l'on le fait que l'exprimer indéfiniment, n'admet pas l'article; mais il faut énoncer l'aricle si le complément est déterminé,

plein do Orné de Enrironué de Las de iunché de Viïrt et Se repaître de Se soulager de

Pleiu des Orne des

Environné de»

Las des Joncbé des V.vre des Se repaître du Se soulagtr des

Rempli de Entouré de CouTert de Hérissé do Semé de Se nourrir da Se désoler "Ue Mourir de

R-mpli d» la Entouré des ("ouvert des Hérissé des Semé des Se nourrir des Se désoler des Mourir des

>^^mm N" LXXXIV. om^^>-

EMPLOI UE I'aBTIÔLE AVEC LES NOMS DE CO.\TllEES , DE ROYAUMES, DE PHOVINCES. ETC.

AVEC l'aBTICLE.

Chailatnns, feseurs d'l)oro?copc, Quittez les cours des princes de l'Europe.

(La Fontaine.)

Depuis la dévastation de l'Amérique , les Espagnols, qui ont pris la place de ses anciens lialùtnnts, n'ont pu la remplir. (Montesquieu.)

Roland fut entendu sur l'état de la France et de la capitale. (Tu i ers.)

Ceux qui vivent dans le continent de l'Espagne et du Portugal se sentent le cœur extrêmement élevé , lorsqu'ils sont ce qu'ils appellent de vieux chrétiens.

(Montesquieu.)

L'ennemi était repoussé de la Champagne et de la Flandre. (Thiers.)

SANS I, ARTICLE

Ils venaient ciianger leur or conire de reaii-d'.-tie et des quincailleries d'Europe. (La Harie.»

Dans quelques états d'Amérique , le parricide f-t dcciaré fulie. Le criminel est condanméà la léclusio/, perpéluelie et à avoir la tête voih-e le reste de sa vie. (Chateaubriand.)

Le génie du grand Condé ne put rien contre les meilleures troupes de France. (Voltaire.)

Les chevaux d'Espagne qui tiennent le second rang après les barbes , ont l'encolure longue , épaisse cl beaucoup de crins. (BurroN.)

Pour l'amiral, au milieu des plaisirs, il ne s'occupait que de sa chimère , la guerre de Flandre.

(Akquktil.)

Avec les noms de contrées, de royamncs cl de provinces, on fait ou non usage de l'arlicle, selon qu'on veul ou qu'on ne veut pas délerminer ces noms. On dit donc également bien : les peuples d'Asie on les peuples de l'Asie , les peuples d'Amérique ou les peuples de l'Amérique, etc. 11 est des cas cependant où il n'est pas indifférent d'exprimer ou (le ne pas exprimer l'arlicle. En général, on ne l'énonce pas toules les fois (ju'à l'aide de la préposilion de et de son complément, il s'agit d'indiquer un rapport de qualilicaiion, c'est ce que nous font voir les exemples de la seconde colonne, puisque quincailleries d'Europe, c'est i)Our quincailleries européennes ; étals d'Amérique, pour états américains, etc. Mais l'emploi de l'article est indispensable, si raisonnablement l'on ne peut traduire la préposition de et son complément par un adjectif. 11 faut donc dire la dévastation de l' Amérique , l'état de la France, repoussé de la Chainpafjne et de la Flandre.

avec l article.

Les anciens voyageurs ont dit que les chiens naturels du Canada avaient les oreilles droites comme les renards. (Bcffon.)

Les chiens du Kamtschalha sont grossiers, rudes et demi-sauvages comme leurs maîtres. (/(/.)

La plupart des chiens du Groenland sont blancs , mais il s'en trouve aussi de noirs et d'un poil très épais. [Id.)

Suivant ensuite le cours du Rhin jusqu'en Hollande, on prenait le duc Albert à revers.

(Thiers.)

On leur avait imputé do vouloir se réfugier dans les 'JcpaTtcmcnts et au-dcià de la Imre. (Id.)

SANS L article.

Le pilote, homme fier et ignorant , persista dan» son dessein avec tant d'opiniâtreté , qu'on continua la roule de Marseille. (Recnard.)

Le parlement de Bordeaux servait alors le prince de Condé. (Voltaire.)

En comparant la mortalité de Paris à cclh; de la campagne on voit qu'il meurt constamment plus de monde à Paris qu'à la campagne. (Buffon.)

La place importante de Dunkerque fut reprise par les Espagnols. (Voltaire.)

Pour le repas du soir, la fille d'Israël, Mêle aux flots d'un lait pur les sucs dorés du miel.

(Ali.etz.)

Les noms de fleuves, de rivières, sont, ainsi quo quelques noms d'îles et de pays, toujours précédés de l'arlicle : Chiens duCanada, du Kamlschalka, cours du Rhin, expédition de la Jamaujue. 11 n'y a guère que l'usage qui puisse fdire acquérir celle connaissance.

Les noms de villes ne sont jamais accompagnés de l'arlicle : La route de Marseille, le parlement de Bordeaux, elc. 11 faut excepter Le Havre, La Rochelle, Le Mans , elc.

En général, les noms de provinces, de royaumes, d'empires, elc, sont précédés de du, lorsqu'ils sont masculins : Histoire du Languedoc , du Roussdlon, du Poitou, du Dauphiné , du Portugal, du Mogol, du Japon, du Pérou; et seulement de la préposition de , quand ils sont féminins : Histoire de Gascogne, de Bourgogne, de Picardie , de France, du Russie , de Turquie, etc.

EXERCICE PHRASEOLOGIQUE.

Les natîoni de TEaropc La carte de ta France.

Le^guerrea de TAmérique.

Veriiii de la Chine.

L'ctal Je la Huuie.

la décadence de la Turqux

r.es villcfl d'Europe.

La carte de France.

Les guerres d'Amérique.

Encre de Chine.

L'empire de Russie Du blé de Turquie.

Les productions de la France La carte de l*F.urnpe.

Topaze du Brésil.

La Btlu.itîon de l'Allemagne.

r,a po<^ition de l'Aulrii-'lie.

Les Truils de la Normandie.

Les Tins de France.

I a cai le d'I urope.

Sois du Brésil.

L'biàloire d Allemagne L'empereur d'AutricliC Cidre de Normandie-

Castor du Canada.

L'or du Pérou iiCS eaux du Tibre

Cachemire de Lyon.

Les curiosités de l*arip.

Les habitanti de Rome

Rlium de la Jamaïque.

Les eaux du HMn.

Les eaux du Rhône

Vin de Bordeaux.

Huître (J'Ofiteude Viu de Beaune.

'^^o IN" LXXXY.

fiMILOI DE l'article APRÈS LES ADVERBES DE QUANTITE ET LES NOMS CULLECTIFS.

SANS L ARTICLE

... A quoi bon tant d'amis.'' Un seal suQit quand il nous aime.

(Florian.)

Les premiers saints ont fait beaucoup de miracles.

(Pascal.)

Combien de favoris de la fortune , sortis tout-àcoup du néant, vont saisir les premiers postes.

(Massillo.n.) Que de biens, que de maux sont prédits tour à tour!

(Hacink.)

Sully avait autour de lui un nombre prodigieux de liomestiques, une foule de gardes, d'écuyers, de gonliishoramcs. (Thomas.)

Kîle savait une quantité' prodigieuse d'airs et de •liansons qu'elle chantait avec un fllet de voix, fort ■iouce. (J.-J. Rousseau.)

Ils sont transportés doucement sur la rivière dans 'nic contrée où toutes sortes de plaisirs aijondenl.

(La IIarie.)

avec l'article.

Celui qui sait renoncer à une granae autorité, se délivre en un moment de bien des peints , de bien des veilles, et quelquefois de bien des crimes.

(La Bruvèrk.)

La plupart des femmes n'ont guère de principes ; elles se conduisent par le cœur.

(La Bruyère.)

De bien des gens, il n'y a que le nom qui vailla quelque chose. {Id.)

Les méchants ont bien de la peire à demeurer unis. (Fénelon.)

Les Anglais et les Hollandais se sont disputé longtemps le commerce de la Cùle-d'Or, et cette guerre d'avarice a produit bien des perfidies et des crimes.

(La Harpe.)

Je ne me flatte pas d'avoir donné une idée juste de la multiplicité des maux que j'ai soufTerts.

(Buffoîi.)

La multiplicité des lois est la source des infrac- Uoos. (Laveadx.)

Comme on le voit, les subslaïuifs refusent l'article lorsqu'ils sont sous la dépendance (Je j'un de ces mots : Combien, que, peu, beaucoup, moins, plus, tant, autant, espèce, genre, sorte, portion, nombre, foule , quantité, infinité, etc. Cependant si le substantif était déterminé par quelque circonstance particulière, il faudrait faire usage de l'article, exemples : Un grand nombre des personnes que j'ai vues hier m'ont dit du bien de vous ; il reste peu des fruits qu'on a cueillis.

La seconde colonne nous fait voir qu'après le mol bien , el les expressions la plupart, le plus grand nombre, la vlus grande partie^ etc., on emploie toujours l'article.

EXERCICE PnRÂSÉOLOGIQVE.

Combien d 'hommes.

Que de gi.'iis.

Peu tie personnes.

Beoucoup de soldats.

Moins lie fautes.

l'Ius d'cpard».

Tant d amis.

Autant de richesses.

plusieurs espèces de fleurs.

Oiïers genres d'animau.^.

Toutes sortes d*;igrémentl.

Uue portion de maisou.

Bien des écoliers.

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