PLACE DES PRONOMS PERSONNELS AVEC DEUX IMPÉRATIFS
Cessez, tous dis-je, et laissez-mot.
Madame, exécuter les volontés du roi.
(Racine.) Marche,et suis-nous dumoinsoù l'honneur nous attend. (BOILEAU.)
Soldats, suivez leurs pas et me répondez d'eux*
(VOLTAIRB.)
0 vous, lecteurs curieux de la grande histoire du noyer de la terrasse, écoutez-en l'horrible tragédie, et vota abstenez de frémir si vous pouvez.
(J.-J. ROUSSEAD.)
(1) Quoique la plupart des grammairiens approuvent les expressions suivantes : Donnes-y-moi une) place, portez-y-moi , jette-m'y. et autres semblables, le goût et l'harmonie se réunissent pour les faire re-| jeter. En effet, elles ont un son dur et désagréable. Portez-y-moi ne vaut pas mieux que portez-m'y. On\^ doit plutôt se servir d'une circonlocution polie, comme : Faites-moi le plaisir de me porter , de me mener la , en cet endroit, ou, si l'on répugne à la prière, on prend un autre tour : Portez-moi là: donnez-moi une place dedans, jette-moi dedans, ou toute autre locution que ce sifflant et bâillant donnez-y-moi une place.
« Les étrangers , dit Boiste, doivent apporter une attention particulière à l'emploi de cet y, souvent contraire aux lois de la grammaire générale, et pouvant former, par sa consonnance, des locutions trèsndtcules. Des Français mêmes s'y méprennent, surtout dans la conversation; il n'est pas rare d'entendre, même dans la capitale, des personnes instruites en apparence dire : Menez-m'y, et plus souvent encore mf)nei-y-mot, moins blâmable, il est vrai, quoique de style sauvage.
Nous avons dit, el nous avons fait voir que les pronoms personnels, empîoye's comme compléments directs ou indirects , simples ou combinés avec le, la, les, en et y, se plaçaient après le verbe, quand ce dernier était à l'impératif el qu'il n'était point accompagné d'une négation ; mais, par les exemples qui viennent d'être cités , il faut remarquer que, lorsqu'il se trouve deux impératifs de suite, ces noms peuvent précéder (1) le dernier, ou le suivre; c'est une chose entièrement facultative. Toutefois nous ferons observer que les constructions de la deuxième colonne commencent à être moins en usage, et qu'on dit plutôt : Sortez et laissez-moi dormir, que sortez et me laissez dormir. Nous n'avons parlé que de deux impératifs; cependant, s'il y en avait plusieurs, il en serait de même, exemple : Allez, partez, et laissez-moi dormir, ou me laissez aormir.
EXERCICE pnRÂSÉOLOGiQVE.
Ponnei et Kispt-tou».
Uarche et suii-nous.
Prends et doone-lui.
Donnes et montret-moi.
Voi»4e et donne-le-moi Ecrir>-la et enToie-la-lui Reste ou Ta-t'^n.