‹ Grammaire nationaleChapitre 277 sur 643 · R A CI. NE · texte numérisé non relu

R A CI. NE

Si le public a eu quelque indulrjence pour moi ; ie le dois a votre protection.

* (^Co.ndillac.)

Vous devez trembler à l'ouverture de celte lettre , on plutôt vous le deviez , lorsque vous souirrites la perfidie de Nadir.

(Mo.NTESQUIKU.)

Nous sommes entourés d'hommes plus forts que nous; ils peuvent nous nuire de mille jnanières di/Jërentes ; les trois quarts du temps ils peuvent le faire impunément. (//.)

L'homme est , je vous l'avoue, un méchant animal.

(Molière.)

Plus que l'on ne le croit , ce nom d^époux engage. Et l'amour est souvent un fruit du mariage.

(id.)

Par ces exemples on voit que , quand le relatif le tient la place d'une proposition ou d'un verbe , il reste toujours invariable , et la raison en est aisée à comprendre , c'tsi que les propositions et les verbes n'ont en soi ni genre ni nombre. Dans les plnases rapportées, le est relatif à tons les mots qui en sont italique, et en lient la place.

,1» Toai lo dis.

Il le pense.

KoQS voun le dî«onfl.

Voat poaveE le faire.

}• le veux.

Je n* !• pui«

EXERCICE PHRâSÉOLOGIQUE.

Je foui l'at eue

Il l'avance.

Vous nous le ditea.

Tau» defea le dire.

Tu le Toulaii.

Je De je laurai» dire.

le l'ofère.

Il le raeoDte.

Noua le ero;oot.

K'ui pourriona le tafeir.

Ncui le Touluoa.

Youi oeGi le mandca.

Jo le crolk le le laia.

Ne le crojei pu- Appreorà-ie.

lli le pouTaieut.

Noui le ju^roni ahial.

EMPLOI DE le APRÈS UN VERBE.

OÙ le NK SK TROUVE PAS.

Instrutsez-\e comme vous voudriez que fût instruit l'ami d'an monarque.

(Marmontkl.)

On ne loue d'ordinaire que pour être loué.

(Larocbefoucaulo.)

Laissez-moi pleurer mon père. Vous savez mieux que moi combien 11 mérite d'être pleuré.

(Fknelo».)

Un tombeau est un intervalle Immense entre un homme qui juge et un homme qui est jugé.

(Thomas.)

où le KST EXPRIMÉ.

Le bœuf ren^plit ses premiers estomacs tout autant qu'ils peuvent l'être.

(BUFFON

Il est difliaile d'embellir ce qui ne doit l'être que jusqu'à un certain degré.

(Thomas.)

On ne peut vous estimer et vous airaer plus que vous ne l'êtes du vieux solitaire.

(Voltaire.

Cette femme est belle, et j'aurais un grand penchant à l'aimer, si ce qu'on m'a dit de son inconstance ne la rendait indigne de l'être.

(Corbeille.)

Ainsi qu'on le voit, on peut dire : l'intention de ne jamais tromper nous expose souvent àh'tTRE, ou à ÊTRE TROMPÉS. Cependant la seconde manière est préférable, comme plus claire et plue conforme à l'usage des meilleurs écrivains.

EXERCICE PHRÂSÉOLOGIQUE.

le u'alme pai k tromper (eriooDC, et ne Teui pai Titre, ou ne reux

paaitre trompé.

Oo ne doit jamali louer reu qui ne méritent pai de l'Ilre ou d'être

hait.

Il a été reçu comme il mérite de l'être ou comme il le mérite. 11 »eut qu'oa l'enterre comme il mér'le de l'étra, ou d'être enterré. Voua i!eTei le critic^uer comme il doit l'être, ou comme il doit éln critiqué.

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-^^^mm^ N" CCXGIII. ^

II, elle, le, la, les, ktc, sb rapportant a des noms indéterminés.

Une âme noble rend justice même à ceux qui la lui refusent. (Condorcet.)

Si les Français qui sont aux îles font en effet fortune j ils partent , etmémo souvent sans la faire , vit ils s'en retournent non pas dans leur province ou dans leur village , mais à Paris.

(Bernardin de St-Pierre.)

Étrange mépris de tous les principes ! On achetait le droit de justice ; on la faisait rendre ou vendre par son valet affublé d'une robe.

(Boisth.)

Cessez pourtant, cessez de prétendre à T'harnace; Quand je me fais justice , Ù faut qu'on se la fasse.

(Racine).

Je ne me consolerais point de n'avoir pas fait fortune, si j'étais ne en Angleterre-, je ne suis point fâché de ne i'avoir pas faite en France.

(MoiSTESQUIEC.)

Vous me rendrez juif «ce en me connaissant mieux. — Oui , je te la rendrai , cruel , je m'y prépaie.

(LONGEPIERHI.)

Il ne suffit pas d'avoir raison ,- c'est la gâter, c'est la déshonorer, que de la soutenir d'une manière brusque et hautaine.

(Fknklon.j

Grâce ! Grâce ! Seigneur que Pauline l'obtienne.

(Corneille.)

Vous dites que ce n'est pas votre faute que de man quer de foi , puisqu'elie ne dépend pas de l'homme.

(^Massilloh.)

Tandis que nous voguions à pleines voiles , tout à coup le vent tombe , et nous les voyons s'abaisser.

(Marmomtkl.)

J'ai mal connu les dieux , j'ai mal connu les hommes; J'en attendais justice^ ils la refusent tous.

(Voltaire.)

On a raison d'appeler son olen fortune ; car un moment la donne , un moment J'ôte.

(Voltaire.)

Je disais vérité. Quand un menteur la dit En passant par sa bouche eHe perd son crédit.

(Corneille.)

Ne jouez pas avec l'amour-propre de l'homme ou gon honneur : sur eux il n'entend pas raillerie; elle le rend furieux , féroce , implacable.

(BOISTE

Je suis en bonne santé, je la dois à l'exercice et h la tempérance. (Marmontel.)

D'un enlèvement fait avec trop d'audace , Vous demandez raison , il faut qu'il vous la fasse.

(Corneille.)

Les mots le, la, les, il, elle , ils, elles doivent toujours se rapporter à des noms suftisammenl détermines. Cependant , comme l'avance I3onif;ice et comme le prouvent les citations qui précèdent, l'emploi de ces mots peut être toléré dans les cas où il est impossible ou difficile de s'exprimer autrement, et pour éviter la répétition fatigante des mêmes mois.

C'est donc à tort que Lemare s'élève contre ces sortes de phrases, qui se rencontrent à chaque pas dans tous nos meilleurs écrivains, et qui peuvent, à la rigueur, se justifier par la syllepse.

La première qualité du langage, dit Boiste , est la clarté; toute locution, fût-elle même incorrecte, est bonne, du moins dans le style familier, lorsque le sens est clair; et la suppression môme des parties inutiles appartient à l'art de le rendre plus élégant ou plus rapide, qualiié nécessaire chez un peuple dont l'esprit léger, impatient, inatlenlif, n'aime pas à se traîner lentement sur des mots redondants. Au contraire , la phrase la plus grammaticalement correcte devient vicieuse, si toutes les parties du discours , les adverbes, les articles, les particules, les conjonctions, 1(3 prépositions qu'elle traîne avec elle , nuisent à sa clarté , alourdissent, suspendent sa marche; et c'est l'observation rigoureuse des règles qui donne au style des grammairiens, en général , cette allure, lourde, contrainte, languissante, qui contraste avec la marche hardie du style des gens du monde, dont l'unique but est de se faire entendre et de plaire.

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