GIRAULT-DUVIVIER
On peut meftio à proQt un légitime hommage, Lorsque l'on tient sur soi les yeux toujours ouve.'is. (J.-B. Rousseau.^ Aucun n'est prophète chez soi.
J?rr6trop mécontent de soi est une faiblesse j en être trop content est une sottise.
(M"" DE Sablé.)
Ici-bas le seul honneur solide ,
C'est de prendre toujours la vérité pour guide ;
De regarder en tout la raison et la loi ;
D'être doux pour tout autre et rigoureux pour soi.
(BolLEAU).
Il est beau de triompher de soi.
Quand on peut hautement donner à tous la loi. (Thomas Corneille.)
Chacun ne songe plus qu'à soi.
(J.-J. Rousseau.)
On fait usage du pronom soi dans les propositions générales ou indéterminées, c'est-à-dire lorsque le sujet de la phrase est on, quiconque, aucun, qui, celui qui, chacun, ce, personne, tout homme, eic. ; ou bien, lorsque ce même mot, soi, est en ra{>» port avec un verbe à l'infinitif, comme dans les deux derniers exemples de la première colonne, et les trois derniers de la seconde : n'aimer que soi, agir honorablement dépend de soi; être mécontent de soi, être rigoureux pour soi, triompher de sou
On trouve néanmoins des phrases où chacun est suivi de lui et non de soi. Telles sont cslles-ci ; Chacun de nous porte au dedans de lui un rayon divin qui l'éclairé, (de Ség ir.) Ce divin modèle, que chacun de nous porte avec lui, nous enchante. (J.-J. Rousseau.) Comme le fait observer Boniface, soi eût été aussi bitMi; mais chacun de nous présentant une idée moins vague qite chacun, justilie l'omplui de lui. Dans les exemples
suivants, il élail impossible de s'exprimer aulremciu : Chacun trouve a redire eii nuit ni ^ ce qu'on trouve à redire en lui. (Larochefoucauld.) Peu d'amitiés subsisteraient si chacun tavait ce que S07i ami dit de i.ui lorsqu'il n'y est pas»
On III doit p«> (iciiHr que pour toi. On ii<- parir jainaif mal dr loi. Quiconque ne Halle que soi.
Auruu n'en parlu qu'en loi.
Qui mil tutour de soi.
Celui-là qui fait tout pour soi Cliarun repond pour sui.
rersoniie n'eu «eut autour de «oi
yuiroiiq.
e ne pe
lise qu'à se
mcuii n
est 1
lUll
.cqucl.
z so
■}ui re.t
cb
' 'olui qu
Ulo
que soi
Chacun Tcut
po
ur Sui.
l'eriounc
De
l'itlribuera i
toi.
Firc cocteot de soi Vivre pour toi.
Etre de soi généreux.
Parler toujo irt de soi.
Veiller sur soi.
S'occuper de soi.
Fenser à soi.
Compter lur loi.
Indigne (l« &oi.
Trembler Pour toi, Songer i soi.
N'aimer que >oi.
Parler de loi.
Seolir pour soi.
'-^^ N" CCXCIX. o-^^
EMPLOI DU PRONOM SOi AVEC DES SUBSTANTIFS DÉTERMINÉS.
Lui , elle , eux , elles.
Hplas ! s'i'criait Télémaque , voilà donc les maux que la guerre entraine après elle !
(FÉNELOM.)
Le frère d'AHiciie , revenant à Juî et rougissant de *on trouble, piia Bon pèro de lui pardonner.
(Chateaubriand.) .Mettez ce qu'il en coûte à plaider aujourd'hui ; Compte! ce qu'il en reste à beaucoup de familles : Vous verrez que l'errin tire l'argent à lui, tt ne laisse aux plaideurs que le sac et les quilles.
(La Fontaine.)
.\h! quel supplice entraine après lui pius d'horreur Que de se voir forcé de haïr ce qu'on aime.^*
(La Chaussée.)
L'Anglais porte partout sa patrie avec lui.
(Bernardin de St-Pierrk.)
On a vu une nation entière chassée de son pays , traverser les mers pour s'établir en France , n'emportant avec elle , pour parer aux nécessités de la vie, qu'un redoutable talent pour la dispute.
(Montesquieu.)
Que de germes de mort traînent avec eux les pauvres humalnii *
(De Boufflers.)
Sot.
... La guerre après soi traîne tant de malhearti. Qu'il est peu de lauriers qui ne coûtent des pleun.
(Boursault.)
Idoménée revenant à soi, remercia ses amis.
(FÉNEL0.N.)
Le chat ne paraît sentir que pour soi.
fBUFFO.\.)
Un malheur toujours traîne un malheur après soi.
(PiRON.)
L'ardeur de s'enrichir chasse la bonne foi : Le courtisan n'a plus de sentiments à soi.
(BOILEAU
Hàtons-nous , le temps fuit , et nous traîne avec soi. Le moment où je parle est déjà loin de moi.
(BOILEAU
L'enseigne fait la chalandise.
J'ai vu dans le palais une robe mal mise Gagner gros : les gens l'avaient prise Pour maître tel , qui traînait après soi Force écoutants. Demandez-moi pourquoi.
(La Fontaine.)
La sagesse après soi laisse un long souvenir.