‹ Grammaire nationaleChapitre 280 sur 643 · GIRAULT-DUVIVIER · texte numérisé non relu

GIRAULT-DUVIVIER

On peut meftio à proQt un légitime hommage, Lorsque l'on tient sur soi les yeux toujours ouve.'is. (J.-B. Rousseau.^ Aucun n'est prophète chez soi.

J?rr6trop mécontent de soi est une faiblesse j en être trop content est une sottise.

(M"" DE Sablé.)

Ici-bas le seul honneur solide ,

C'est de prendre toujours la vérité pour guide ;

De regarder en tout la raison et la loi ;

D'être doux pour tout autre et rigoureux pour soi.

(BolLEAU).

Il est beau de triompher de soi.

Quand on peut hautement donner à tous la loi. (Thomas Corneille.)

Chacun ne songe plus qu'à soi.

(J.-J. Rousseau.)

On fait usage du pronom soi dans les propositions générales ou indéterminées, c'est-à-dire lorsque le sujet de la phrase est on, quiconque, aucun, qui, celui qui, chacun, ce, personne, tout homme, eic. ; ou bien, lorsque ce même mot, soi, est en ra{>» port avec un verbe à l'infinitif, comme dans les deux derniers exemples de la première colonne, et les trois derniers de la seconde : n'aimer que soi, agir honorablement dépend de soi; être mécontent de soi, être rigoureux pour soi, triompher de sou

On trouve néanmoins des phrases où chacun est suivi de lui et non de soi. Telles sont cslles-ci ; Chacun de nous porte au dedans de lui un rayon divin qui l'éclairé, (de Ség ir.) Ce divin modèle, que chacun de nous porte avec lui, nous enchante. (J.-J. Rousseau.) Comme le fait observer Boniface, soi eût été aussi bitMi; mais chacun de nous présentant une idée moins vague qite chacun, justilie l'omplui de lui. Dans les exemples

suivants, il élail impossible de s'exprimer aulremciu : Chacun trouve a redire eii nuit ni ^ ce qu'on trouve à redire en lui. (Larochefoucauld.) Peu d'amitiés subsisteraient si chacun tavait ce que S07i ami dit de i.ui lorsqu'il n'y est pas»

On III doit p«> (iciiHr que pour toi. On ii<- parir jainaif mal dr loi. Quiconque ne Halle que soi.

Auruu n'en parlu qu'en loi.

Qui mil tutour de soi.

Celui-là qui fait tout pour soi Cliarun repond pour sui.

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toi.

Firc cocteot de soi Vivre pour toi.

Etre de soi généreux.

Parler toujo irt de soi.

Veiller sur soi.

S'occuper de soi.

Fenser à soi.

Compter lur loi.

Indigne (l« &oi.

Trembler Pour toi, Songer i soi.

N'aimer que >oi.

Parler de loi.

Seolir pour soi.

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EMPLOI DU PRONOM SOi AVEC DES SUBSTANTIFS DÉTERMINÉS.

Lui , elle , eux , elles.

Hplas ! s'i'criait Télémaque , voilà donc les maux que la guerre entraine après elle !

(FÉNELOM.)

Le frère d'AHiciie , revenant à Juî et rougissant de *on trouble, piia Bon pèro de lui pardonner.

(Chateaubriand.) .Mettez ce qu'il en coûte à plaider aujourd'hui ; Compte! ce qu'il en reste à beaucoup de familles : Vous verrez que l'errin tire l'argent à lui, tt ne laisse aux plaideurs que le sac et les quilles.

(La Fontaine.)

.\h! quel supplice entraine après lui pius d'horreur Que de se voir forcé de haïr ce qu'on aime.^*

(La Chaussée.)

L'Anglais porte partout sa patrie avec lui.

(Bernardin de St-Pierrk.)

On a vu une nation entière chassée de son pays , traverser les mers pour s'établir en France , n'emportant avec elle , pour parer aux nécessités de la vie, qu'un redoutable talent pour la dispute.

(Montesquieu.)

Que de germes de mort traînent avec eux les pauvres humalnii *

(De Boufflers.)

Sot.

... La guerre après soi traîne tant de malhearti. Qu'il est peu de lauriers qui ne coûtent des pleun.

(Boursault.)

Idoménée revenant à soi, remercia ses amis.

(FÉNEL0.N.)

Le chat ne paraît sentir que pour soi.

fBUFFO.\.)

Un malheur toujours traîne un malheur après soi.

(PiRON.)

L'ardeur de s'enrichir chasse la bonne foi : Le courtisan n'a plus de sentiments à soi.

(BOILEAU

Hàtons-nous , le temps fuit , et nous traîne avec soi. Le moment où je parle est déjà loin de moi.

(BOILEAU

L'enseigne fait la chalandise.

J'ai vu dans le palais une robe mal mise Gagner gros : les gens l'avaient prise Pour maître tel , qui traînait après soi Force écoutants. Demandez-moi pourquoi.

(La Fontaine.)

La sagesse après soi laisse un long souvenir.

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