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EMPLOI DE OU

Autrefois Progné l'hirondelle

De sa demeure s'écarta.

Et loin des villes s'emporta Dans un bois oit chantait la pauvre Philomèle. vLa Fontaine.) .\ ces bords où mes pas et mes destins s'enchaînent, L'amour et le remords tour à tour me ramènent.

(CUATEAL'BRIAND.)

Aussitôt il conduisit Télémaque vers la porte d'ivoire, par où l'on peut sortir du ténénreux empire de Pluton. (Fénélon.)

Dans le siècle où nous sommes, Il faut fuir dans les bois et renoncer aux hommes.

(Regnard.)

Ah! prince, dès longtemps par le sort poursuivie, J'ai piévu les malheurs qui menaçaient ma vie, Et j'ai toujours bien cru qu'il fallait m'eiercer Au mépris des grandeurs oix j'allais renoncer.

(Regnard.) Reine, l'eKès des maux où la France est livrée Est d'autant plus affreux que leur source est sacrée.

(Voltaire.) Heureux qui, satisfait de son humble fortune. Libre du joug superbe où je suis attaché, Vit dans l'état obscur où les dieux l'ont caché.

(Racine.) C'est un mal où mes amis ne peuvent porter de remède. (Montesquiec.)

Ces citations nous permettent d'établir qu'en prose, comme en poésie, on peut employer où de préférence à duquel, auquel, par lequel, quand il y a localité physique (!'* col.) et en quelque sorte localité morale (2' col) . Toutefois, dans les exemples qui suivent, celte localité morale ne se découvre pas ; il faut donc les considérer comme des licences dont le privilège est seulement réservé aux poêles.

A quoi sert le mérite où manque la fortune!

(Corneille.) Et moi, par un honneur où je n'osais penser, L'un et l'autre à la fois je puis vous embrasser.

(Racine.)

Vraiment, c'est une grâce où je n'osais prétenaie.

(Campistro.n.) Libre des soins cruels où j'allais m'engager, Ha tranquille fureur n'a plus qu'à se venger.

(Raclne.)

EXERCICE PHRÂSÉOLOGIQUE.

L'endroit ou il est.

La [jlare ou elle est.

Le rivage oii je cours.

La boite oit je l'ai mis.

Le péril ou il s'enga'^e Le pié^je oii il tombe.

La mistre oii iU sont.

La carrière ou l'oa r en sage.

.-^^ N» CCCLXXI. o^^-'

KMPLOl DE dont, d'oit

Dont.

L'hytnon vous lie encore aux dieux dorit vous sortez.

(Racine.) Du sang dont vous sortez rappelez la mémoire.

ild.) Misérable! et je vis! et je soutiens la vue De ce sacré soleil dont ic suis descendue I

ild.)

Sans respect des aïeux dont elle est descendue.

(BOILEAD.)

Le corps, né de la poudre, à la poudre est rendu; L'esprit retourne au ciel, dont il est descendu.

(L. Raci.ne.)

D'où.

Vénus remonte dans un nuage d'où elle était sortie. (FÉSKLOIT.)

Comment avez-vous pu entrer dans celte île d'où vous sortez? (/</.) •

Rappeler aux anciennes formes de son origine un peuple éclairé, puissant, immense . c'est vouloir renfermer un chônc dans le filand d'où il est sorti. (llERN. Dii Saint-Pierre.) Voilà notre belle enflammée D'un feu qu'on ne connaît que quand on l'a senti, El qui, tout à la fois interdite et charmée, Cherche des yeux la main d'où le trait est parti. (De Bocfflers.)

Nous pouvons inférer des exemples de l'une et de l'autre colonne qu'avec les verbes descendre, sortir, les écrivains ont généralement employé rfonf, lorsqu'ils ont voulu exprimer l'action morale d'être issu ; et d'où, toutes les fois qu'il s'est agi d'énoncer une action physique desortie, de départ ou d'éloignement. D'après ce principe, c'est donc avec raison que les grammairiens condamnent l'emploi de dont dans les citations suivantes :

Rentre dans le néant dont je t'ai fait sortir. (Racine.)

Les alliés de Rome, indignés et honteux tout à la fois de reconnaître pour maîtresse une ville dont la liberté paraissait être bannie pour toujours, commencèreat à secouer un joug qu'ils ne portaient qu'avec peine, (Cité par Giraclt-Duvivier.)

Il aurait fallu d'où

EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE

Les parents dont vous dcsccndci.

La famille dont il est issu

Les peuples dont nous sommes descendu»

La ville d'où je viens.

Le lieu d'oii je sors- La maison d'oii il sort

^-^^« N^ CCCLXXII

Leqiiel, laquelle, précédés te plusieurs substantifs

AVEC et.

On connaît des nalioi\s entières et des ordres d'hommes auxquels la religion défend de manger de rien qui ait eu vie. (Buffon. i

Le zèle et Vexactilude avec lesquels je me suis acquitté de l'emploi que S. Exe. m avait confié, n'ont pas dû m'inspirer plus de déliance.

(J. J. Roussead.)

I sans et ou AVEC ou.

Louis XIV accorda aux savants et aux artistes cette faveur, cette proleclion sans laquelle \cs arts ne peuvent llcurir. (Cité par INoel et Ciiapsai..)

Il montra un courage ou une prudence à laquellt on prodigua des éloges.

{Les mêmes.)

Précédé de deux substantifs de différent genre et unis par et, lequel se met, comme ilans les exemples de la première colonne, au masculin pluriel.

Mais si, d'après les citations de la seconde colonne, lequel est précédé de deux substantifs ayant entre eux quelque synonymie et non liés par la conjonction et, il prend alors le genre et le nombre du dernier : c'est ce qui a encore lieu lorsque les substantifs sont joints

par la particule ou. Gomme on le voit, lequel, laquelle, etc. , sont soumis aux nit'mes lègle» syntaxiques que les adjectifs qualificatifs.

EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE.

l,e rouragc *t l*aflrrsse avec lesquels il se Cira d'afTairc. ("e sobC des hommes et des femmes auxquels je conviens. fl y a des hommes et des femmes auxi-jtiels on ne peut plaire. VsiU les termes et les conditions d'après lesiiuels il veut traiter

Dcployei- une bravoure, nnp intrépidité a laquelle rien ne resiKl*. Il fall.iil voir l'art ou l'adresse avec laquelle il s'j prit. Ajcj ce ziîle, cette assiduité avec hquellc il travaille. Puissiei-Yous avoir cette habileté, ce talen* s->n5 lequel on n'est iicii

j'J«€>©Oa —

^^^^ F cccLxxin. c^^

EMPLOI DE qui, DK que ou DE lequel, laquelle, etc

Qui ou que.

Les oiseaux de paradis qui nous viennent des Indes ne sont pas tous égalemenl conservés ni tous parfaitement semblables. (Buffon.)

Les Français ne parlent presque jamais de leurs femmes : c'est qu'ils ont peur d'en parler devant des gens qui les connaissent mieux qu'eux.

(Montesquieu.)

L'on voit des hommes tomber d'une haute fortune par les mêmes moyens qui les y avaient fait monter.

(La Brutèue.)

La paresse de l'esprit et du corps est un vice que les hommes surmontent bien quelquefois , mais qu'ils n'étouffent jamais. (Diderot.)

Les louanges que nous donnons se rapportent toujours par quelque chose à nous-mêmes.

^Massillon.i

11 y a dans la méditation des pensées honnôtcs une sorte de bien-être que les méchants n'ont jamais connu : c'est celui de se plaire avec soi-même.

(J.-J. RODSSBAU.)

Lequel,

J'étais ce matin dans ma chambre^ laquelle, comme tu sais, n'est séparée des autres que par une cloison fort mince. (Moictksquieu.)

Clusius rapporte, sur le témoignage de quelques marins, lesquels n'étaient instruits eux-mêmes que par des oui-dlrc, qu'il y a deux espèces d'oiseaux de paradis. (Buffon.)

... Un cliien vient dans une cuisine, Il y trouv<; un chapon, lequel a bonne mine.

(Racime.)

Quant au marchand, il se défit de tous ses esclaves, à la réserve d'un grammairien , d'un chantre ei d'Ésope, lesquels il alla exposer en vente à Samos. (La Fontaine.)

11 n'acheta que des langues , lesquelles il fit accommoder à toutes les sauces.

(La Fontaine.)

Le jour suivant, que les vapeurs de Bacchus furent dissipées, Xanihus fut extrêmement surpris de ne plus trouver son anneau, lequel il tenait fort Cher. {Id.)

Girault-Duvivier, en parlant de lequel, laquelle, etc. , nous dit qu'on ne s'en sert presque jamais en sujet ou en régime direct; qu'en pareille circonstance, il faut toujours employer qui ou que, comme le montrent les citations de la première colonne. Nous concevons qu'en l'absence de faits, Girault-Duvivier ait posé une règle trop rigoureuse ; car les exemples de la seconde colonne prouvent manifestement qu'en sujet ou en régime lequel, laquelle sont quelquefois préférables à qui ou que; c'est qu'alors ils rendent la phrase sinon plus élégante, au moins plus soutenue

EXERCICE PURASÉOLOGIQUE.

C'est Fcspcrance qui soutient tons les hommes.

JLes ftniinnux qui rampent sont les plus vils.

liQ joie qu^il manifestait était sincère.

Les personnes que nous aurons seront en grand nombi-c

La liberté convient aux boiiiincs , notamment aux princes y jç»>

quels

Je rencontrai un Iiomnie, ïcqneï, comme je vous dis, me parai

suspect.

^^^^ W CCCLXXIY. ûr^e.^

ÉOUivoQUE DE qui, que, dont, re^placi-is par lequel, laquelle, duquel, etc.

La médisance est une pento secrète de Tàmc à {)enser mal de tous les hommes, laquelle se mani- Icste par les paroles.

(Ptinsdes de TuÉuvuuAbii:.)

La seconde considération dépend de. rapports donnés daws certaines .situations, rapports accidentels à la chose, le<:quels, par conséquent, ne sont point uécessaircs et peuvent varier à l'iiifini.

(J. J ROISSEAU,)

Vous savez, madame la maréchale, tiii'il y a une édition contrefaite de mon livre, laquelle doil pa raltre ces fêtes. (J.-J- Uuusseau.)

Je plains l)caucoup les auteurs de tant de tragédies pleines d'iiorreurs, lesquels pa5sent leur vie a faire agir et parler des gens qu'on ne peut écouter ni voir sans soiilfrir. (W*)

Aussitôt que je fus débarrassé des affaires de la cour, j'allai trouver l'homme qui m'avait parlé du mariage de madame de Miramion. lequel me parut dans les mêmes sentiments. (B. Rabutin.)

C'est une pédanterie insupportable et un soin des plus superflus de s'attacher à corriger dans les enfants toutes ces petites fautes contre l'usage, desquelles ils ne manquent jamais de se corriger d'eux mêmes avec le temps. (J.-J. Rousseau.)

Il résulte de toutes ces citations qu'il faut faire usage de lequel, laquelle, duquel, etc., au lieu de qui, que, dont, toutes les fois que l'adjectif conjonctif est précédé d'un substantif qui le sépare nécessafrement de celui avec lequel il se trouve en relation. En pareil cas, l'emploi de qui, que, dont, serait vicieux, attendu que ces mots produiraient ou une équivoque ou un mauvais effet ; ce qu'il faut éviter avec soin, comme nous l'enseignent les écrivains, en ayant recours à lequel, laquelle, duquel. Toutefois, quand la construction ne manque pas d'harmonie, ni le sens de clarté, on peut aussi se servir de quiy que^ dont, comme dans ces exemples :

Voici un fxernph tiré dca papiers anglais, lequel je ne puis m'empôcher de rapporter.

J.-J. Rousseau.)

Outre les vins destinés pour la vente et pour

les provisions ordinaires, Icsqitels n'ont d'autre

fflron que d'ôtre recueillis avec soin, la bienfaisante

fée en prépare d'autres plus fins pour nos buveurs.

Je me flatte que vous mettrez le comble à votre générosité en me faisant part de la lettre de Louis XIV au cardinal de Bouillon , laquelle doit être des premiers jours d'avril i699.

(Voltaire.)

Ce qui m'intéresse , moi et tous mes semblables, c'est que chacun sache qu'il existe un arbitre du sort des humains, duquel nous sommes tous les enfants. (J.-J. Rousseau.)

On voit des ouvrages critiqués du peuple qui ne lui en plaisent pas moins. (Vauvenabgues.)

0» peut rapporter h cette espèce, comme variété, le arougc à tête jaune d'Amérique, de M. Brisson, qui a en effet le sommet de la tête, les petites couvertures de la queue, celles des ailes et le bas de la jambe jauues. (Buffon.)

C'est un effàt de la divino Providence qui est conforme à ce qui a été prcdii. (Boniface.) Un malheur inconnu glisse parmi les hommes. Qui les rend ennemis du repos où nous sommes.

(Malherbe.) C'est la mafn des ingrats gu» blesse un cœur sensible.

(La Harpe. 1

EXERCICE PHRÀS.EOLOGIQVE.

J'ai reçu une lettre de mon frère, laquelle .. Je suis sensible aux coniplimeDl<; de votre ami, lesquels - Telles sout les caUaiités de re peuple, desquelles. . . Cest tout le se«et de cette lettre, duquel.. .

Voici deux lettres de oioa pire, lesquelles...

J'ai reçu vin^t francs de quelqu'un, lesquels. . .

Tel est le sort de l'ijumanité, duquel. . .

Je prends part aux mslbeurs de ces personnes, desqueticii

^^^ W CCCLXXV. '^^^

Qui, que, dont, sépahés de leur antécédent

Ah 1 qu'un père est heureux, qui voit en un moment Un cher fils revenir de son égarement.

Un fofip survint à jeun, qui cherchait aventure. (La Fontaine.) Que les mœurs du pays où vous vivez sont sainte?, qui vous arraciient à l'auentai des plus vils esclaves! (MOiSTF.SQl'IEU.)

Un homme restai: seul , qui avait été employé sous le ministère des étrangers. (Rulhiëres.)

La dées<^o, en entrant, qui voit la nappe mise, Admire un si be! ordre et reconnaît l'église.

(R0ILK.\U.)

Une fille en naquit, que sa mère a celée,

(Raciîîb.) Il ne peut pas dire que ces grands hommes aient failli, qui ont combattu pour la même cause dans les plaines de Marathon. (Boilkau.)

Un prince nous poursuit, dont le fata! génie... (J.-B. Rousseau.)

Ajiiés avoir posé en principe que les adjectifs conjonclifs. vulgairement dits pioiiums leialife, ne doiVtjîït jauiais ^ire sôparôs dt> Ipur antécédent, les }i!atninairiens= comme à

( hS6 )

I onvi les uns des autres, condamnent toute construction qui s'écarte de ce principe. Ainsi, de par d'Olivct, Lévizac, Girault-Duvivier et MM. Noël et Ghapsal, qu'on est toujours sûr de rencontrer quand il y a quelques erreurs à conserver, il ne faut pas imiter Ilegnard, Boileau, La Fontaine, Racine, Montesquieu, J.-B. Rousseau, Rulhières, dans les exemples précités, attendu que les adjectifs conjonctifs qui, que, dont, se trouvent séparés des noms auxquels ils ont rapport. N'en déplaise à tous les d'Olivets du monde, nous écrierons-nous avec M. Dessiaux, tous ces exemples sont non seulement corrects, mais encore élégamment construits, et nous venons nous en constituer les défenseurs.

Examinons : Quand MM. Noël et Ghapsal établissent que le pronom relatif doit toujours être placé près de son antécédent, ils ajoutent aussitôt que toute autre place rendrait sa correspondance louche et équivoque. Nous le demandons, dans les citations qui précèdent, aucune équivoque, aucune ambiguïté est-elle à craindre? Le sens, au contraire, n est-il pas parfaitement clair, puisque les relatifs qm, que, dont, ne sont distraits de leur antécédent que par des verbes ou des adjectifs avec lesquels il est impossible de les faire rapporter?

Concluons donc que les écrivains se sont bien exprimés, que la construction attaquée, loin d'ôtre vicieuse, est bonne et peut être imitée; enfin, que le principe des grammairiens ne doit être observé qu'autant que les adjectifs conjonctifs qui, que, dont, séparés de leur antécédent, donneraient réellement lieu à un sens louche ou équivoque.

EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE

Un linmiiie antre qui avait l'air piteux Qiip ceux-là vivent qui nous sont clicrs. Que ces liomnies sont nuls dont on n'attend aucun jcrvicc.

Des omlircs apparurent qui notis eflVayèrcnt.

Des enfants y vinrent qui se noyèrent.

Des femmes entrèrent qui nous plurent beaucoup.

>=>^B^<s N° CCCLXXYI. o^<

CONSTRUCTION DE qill ET DE que.

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