GENRE ET NOMBRE DU MOT OU
On reueoritre sa destinée Souvent par des chemins qu'on prend pour l'éviter.
(La Fontaine.)
Quand on est chrétien , de quelque sexe qu'on toit, il n'est pas permis d'être lâche.
(FÉNF.r.ox.)
On n'est pas criminel toujours pour le paraître.
(Th. Corneille.)
Ne faut-il que délibérer ?
La cour en conseillers foisonne :
Est-il besoin d'exécuter?
L'on ne rencontre plus personne.
(La Fontainb.) L'on fit, pendant notre séjour à Stockholm, de grandes réjouissances pour la naissance d'une pri'n-
CCSSe. (RUGNARD.)
L'on hait aYCC excès lorsque l'on hait un frère.
(Racine.)
Le mot on est destiné à indiquer l'universalité des personnes d'une manière vague cl indéterminée, et sans distinction de sexe (1). Sa nature est d'être essentiellement du masculin et du singulier : aussi le verbe qui le suit ne se met-il jamais au pluriel. .
(1) Nous trouvons dans les Mélanges de littérature de l'abbé MorcUet, des remarques philosophiques grammatico-morales sur le nom indéterminé on; nous n'en extrairons que les p-assages suivants, afin de montrer l'abus qu'il est possible de faire de ce mot. « Ceux qui se servent de ce monosyllabe dans ces » phrases, on dit, on sait, on pense, veulent communément appuyer leur opinion de l'autorité d'on; cl, ') pour la rendre plus imposante, ils lui font signifier un nombre de personnes le plus grand, et lui donI^c;Ill ■' !e plus d'étendue qu'ils peuvent. A n'entendre par on qu'un seul homme, ou un petit nombre d'hommes, ' celui qui cherche à établir une opinion ou un fait, à décrier un livre, à décrcditer un ministre, à répandre ■ une calomnie, ne trouve pas son compte. Il faut qu'il donne à entendre que son on dit comprend in " Ville, le royaume, l'Europe, et, s'il se peut, le monde entier
» Les grammairiens disent que cette particule est indéfinie; mais ils pourraient dire avec plus de raison ;) qu'elle est infinie, puisqu'elle comprend souvent, dans l'opinion de celui qui l'emploie, ou du moins qu'il » veut lui faire comprendre, un nombre infini d'individus. De sorte que ce mot si court, comme le charr> mant quoi qu'on die, de Bélise et de Philaminle, dit beaucoup plus qu'il ne semble, qu'on entend la- , dessous un million de mots, et qu'il dit plus de choses qu'il n'est gros. » Tome 4. page 219.
Les exem[)les de la seconde colonne nous montrent que ce môme mot, on, peut Hre précédé de la lettre l, qui est, non pas un signe euplionique, mais bien l'article le, dont la voyelle se trouve élidée.
Les grammairiens ont donné pour règle qu'au commencement des phrases il (allait mettre on et non pas l'on; mais nous, qui faisons moins une grammaire que l'historique du langage, nous devons à la vérité de dire que nos meilleurs auteurs ne se sont pas astreints à cette loi. Toutefois, aujourd'hui les écrivains mettent généralement au commencement des phrases on plutôt que l'on, influencés par la régie qu'il a plu aux grammairiens d'imaginer.
On veut.
On ait.
On est léger.
On pense.
Oa raconte.
EXERCICE PHRÀSEOLOGIQUE.
On peut.
On ju^c.
On est fou.
On ment.
On trompe.
On sait.
On va.
On est prudent.
On vient.
On rencontre.
On ignore.
On dort.
On plaît..
On meurt.
On est sot.
On Tit.
On iKpIai't.
On mange
On inicnte.
On boit.
— ..^^ N" CCCXCI. sr^^eoo-
On EN RAPPORT AVEC UN ADJECTIF MASCULIN OC FÉMININ
On peut être étourdi, léger, inconséquent et brave en même temps.
(ROCUON DE CnABANNES.)
Ce qui ne plult qu'aux yeux dans un instant s'oublie, Le charme dure peu quand on n'est que jolie.
(Gosss.)
PLURIEL
Le commencement et le déclin de l'amour se font sentir par l'embarras où l'on est de se trouver seuls. (La Bulyère.)
Quand on est jeunes, riches et jolies, comme vous, mesdames, on n'en est pas réduites à l'artifice. (Diderot.)
Malgré ce que nous avons dit, on voit, par les exemples qui procèdent, que si le mot on désigne expressément un homme ou une femme, ou plusieurs individus de l'un ou de l'auire sexe, l'adjectif en rapport avec lui prend alors le masculin ou le féminin, le singulier ou le pluriel. Il ne faut pas croire cependant que, dans ce cas, l'adjectif qualifie le mot on : ce serait là une grande erreur, puisque on est toujours du masculin ; l'adjectif ne peut donc qualifier qu'un nom sous-entendu : Ainsi, on peut être étourdi; on n'est qv jolie; l'embarras où l'on est de se trouver seuls ; on est jeunes, riches et jolies; c'est poui on peut être [un homme) étourdi; on est [une femme) jolie ; l'embarras oii l'on est de se trouver [deux individus) seuls ; on est [des femmes) jeunes, riches et jolies; où l'on voit qu'^tourdi s' accorde ayec homme; jolie avec femme; seuls avec individus ; et jeunes, riches et jolies, avec femmes. Cette construction est dite sylleptique, parce qu'elle se fait plutôt selon la pensée que suivant les règles de la syntaxe. Ce qui justifie surtout nos ob ervations, c'est iju'il faut écrire avec les deux nombres : on s'était cru amis, et l'on s'est trouvé nvaux.
EXERCICE PnRÂSÉOLOGIQVE.
On avec un adjectif
.MASCULIN ET rÉMl.MN
MASCI.I.IN FT FKMIMN
On >^t hoii On -£•. fem
MASCUI-IX rT rEMlNIN
SinsCLUR.
On est jeunei.
On est coquettes.
On s'clail cru battus.
On t'est donné pour grande*.
On est vif.
On e.st vive.
On est «avant.
Oo est spirituelle.
MASCULIN ET rEMIMN
rCcRirL.
On est maîttes On est maîtresses.
On est ennemis.
On est Jeux amtei.
-^^•^^o N» CCCXCII. o^-^-^
On SUIVI d'un substantif singulier ou pluriel.
'JilWGrLIKR.
Vous panez d'obéir, et cependant on n'est pas votre esclave. (Anonyme.)
PLCRIBL.
On n'est pas des esclaves pour essuyer de si mauvais traitements. ;Académib.j
Le mot on peut ôtre suivi d'un substantif soit singulier, soit pluriel. EXERCICE PnRÀSÉOLOGIQlE.
On suivi d'un substantif
MASCCLIN " FEMINIM BincutiER.
ttt a'cst i;is uu Turc»
Oa cit une Jame.
MASCULIN ET ItaUNlN
PLCRIEL.
On n'est pas des juifs.
On est des bonrgeoises
MASCULIN ET FKMININ
SIKGDLIER,
On n*est pas un barbare.
On n'est pas une avare.
MASCULIN «T FEMININ
PLOKIEL.
On n'est pas des ricbsrdi.
On n'est pe« des princesse*.
^^-^o]yf CCCXCIII. <>^^
l»fl RASES ÉNDNCIATIVES
paus nkgation.
On gagne les esprits par beaucoup de douceur.
(Molière.) On peut être honnête bomme cl faire mal des vers.
[Id.) On peut voir l'avenir dans les choses passées.
(ROTROU
On voit les maux d'aulrui d'un autre œil que les siens.
(Corneille.)
On aime peu celui qui n'ose aimer personne.
I^Deulle.) On commence par être dupe, On finit par être fripon.
(i>I«" DESUOCLifeRES.)
On perd tout le temps qu'or» peut mieui employei. (J.-J. RocssEAc.)
AVEC NÉGATION
On ne peut tromper l'œil vigilant des dieut.
(VOLTAIRB.)
On n'excite au travail qu'en offrant des amorces.
\Favart.) On n'est pas vertueux pour n'avoir aucun vice.
(ACBERT.)
On n'a jamais pu apprivoiser l'hirondelle, qui, de temps immémorial, bâtit son nid dans nos maisons. (Bern. DE Saint-Pierre.)
Quand les canons ont tiré de suite une vingtaine de coups, ON n'y peut supporter la main. [Id.)
L'antiquité avait observé sept étoiles dans les Pléiades. On n'en voit plus que six aujourd'hui, la septième disparut au siège de Troie. {Id.)
Le pronom indéfini on ne peut jamais apparaître dans le di?;cours que comme sujet de la proposition : il ne saurait donc être complément de verbe ni de préposition. Dans les phrases purement énonciatives, telles que celles que nous venons de rapporter, on précède toujours le verbe ; mais si les phrases sont négatives, comme celles de la seconde colonne, il est séparé du verbe par la négation. 11 faut bien pren('re garde, dans ce cas et lorsque l'on ictf arche l'e de la négation, de se lais er tromper par la prononciation et d'omcttra cette même négation ; ce serait une faute très-grave. On doit écrire : on n'aime point, si Von tu' est aiméy et non : on aime point, si l'on est aimé. Prononcez les deux phrases .^suivantes :
Nous sommes perdus, si l'on en décide autrement {Vo-n-en) .
Nous sommes perdus si l'on n'en décide autrement [l'on n'en).
Ou dit.
On tuarc.
On a tort.
On sait. '
On soupçonne.
On » raison.
Ou croit.
On 8up|i05e.
On se trompe
On s'imagine.
On ignore.
EXERCICE PUR i SÈOLOGIQ UE.
On ne dit pas.
Oa ne sait pas. Oo ne croit pas.
On ne pense pas.
On n'assnrepas.
Oq n\-n sait rien.
On n'y pense pas.
On n'en parle pa».
— ^F CCCXCIV. c^^*—
PHRASES INTERROOATIVES ET KXCLAMATIVES.
Or n'ignore pas.
Oo n'j peut rien- On n'en croit rien.
On n'j croit pal.
Peut-on prévoir sa destinée?
(Agnibl.) Dans la peur rèfléchit-on ?
(Le?(oble.) Eh ! connalt-on l'orgueil auprès de l'amitié l
(Chamfort.)
A-t-on jamais pleuré d'avoir fait son devoir?
(/d.) En riant de ses fers cesse-t-on d'en porter?
^^Chénier.)
Que ne fait-on passer avec un peu d'enceng 1
(Florian.) Eiil que ne doit-on pas à qui l'on doit la vie!
(BOL'RSACLT.)
N'est-on jamais tyran qu'avec le diadème?
^.Cbémbr.) N'a-t-on jamais dansé pour secouer sa peine ?
(Arnallt.) Aisément, pour jamais, quitte-ton ce qu'oa aime? (Blin de Saikuorb.)
Dans les phrases interrogatives ou exclamatives, le pronom indéfini on se transporte immédiatement api es le verbe : peut-on? sait-on? doit-on? que peut-on ? Mais si le verbe qui précède on commence par une voyelle, il faut, pour éviter l'hiatus qui résultera t des expressions a-on? n'a-onpasl intercalerun t entre deux tirets : À-t-on?n' a-t-on pas? ainsi que cela a lieu dans les deux dci iiiers exemples de chacune des colonnes ci-dessus. — La négation n'exerce aucune influence.
EXERCICE PHRÂSÉOLOGIQUE.
Peut-on 7
A-t-on î
Croit-on ?
Doit-on?
Corrige-t-on?
Attaque-t-on ?
Sait-on 7
Aime-l-on?
Connait-on ?
Dit-on?
Pense-t-on ?
Soupçonne-t-on?
Ne peut-on pas .' Ne doit-on pas?
Ne sait-on pas ?
Ne dit-on pas?
N"a-t-on pas ? Ne oroit-on pas ?
Ne corrige-t-on pas? N'attique-t-on pas'
N'aime-t-on pas? Ne connaît-on p..3
Ne pinse-t-on pas? Nesoupi;onae-t-ou p»»f
•^^^F CCCXCV. s^^^-
PHRASES INTERJETÉES.
La vengeance, dU-on, est un morceau de roi.
(Adbkrt.) C'est le dix huitième siècle, s'écrie-t-on, qui est ie siècle penseur par eicellence.
(CUATKACBRIAND.)
âîais, dira-t-on, que signifie cette communion mysnque oiJ la raison est obligée de se soumettre à une absurdité, sans aucun profit pour les mœurs ?
(/ci.)
Bonne action, dit-on, a toujours son salaire.
(RlGACD.)
Les animaux étrangers, ajoute-t-on, perdent leur caractère dans la captivité.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Les colliers de quelques-uns des habitants de Musgow (en Afrique) avaient cinq au six rangs, et n'étaient autres, m'i:ssura-t-on, que les dents d'ennemis qu'ils avaient tués dans les batailles. (Albbrt-Mostémont.)
Lorsqu'une proposition se trouve interjetée dans une phrase, le mot on^ comme dans les interrogations, se met toujours après le verbe; et si ce dernier se termine par une Toyello, on intercale un ( entre deux tirets.
Arassnre-l-OQ.
BTobjecta- t-cn.
Penie-t-on.
Keparlirs-t-c«.
( 452 ) EXERCICE PHRÀSÉOLOGIQVB
Me dcmanja-t-on.
Me cria-t-on.
Me répoodit-oa
Me niantla-t-oa.
Trouvc-t-oo.
Croit-oa.
l\i|iliqii;ilt-on.
Soutiiodra-t-OQ.
Murmurait-on.
Avanccrail-on.
Képéleratt-oo.
Ajouterait-oa.
-« >axs<
-^ N^ CCCXCYI. ^^^^
PLACE DE on DANS LES PURASES COMMENÇANT PAR aussi, peut-êtj'B , en vom ^ toujouri