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SECOND POINT DK VUS

Us sont venus, chacun avec ses gens.

(Trévoux.)

Tous les juges ont opiné, chacun selon ses lumières. (Laveaux.)

Ldpidus ayant fait le signal dont on était convenu, les deux -rénéraui passèrent dans l'île, chacun de son côté. (Vertot.)

Ils sont venus, chacun, avec leurs gens.

(Trévoux.)

Tous les juges ont opiné, chacun, selon leurs lumières. (Laveaux.)

Tous les animaux logés, chacun, à leur place dans ce grand édifice, sentent très-bien que le fourrage, l'avoine qu'il renferme leur appartiennent de droit.

(Voltaire.)

Malgré ce qu'avancent Girault-Duvivier et MM. Noël etChapsal, fidèles échos du premier, nous pensons avec Laveaux et Trévoux qu'on peut Irès-bion dire : Tous les juges ont opiné, chacun selon ses lumières, ou chacun selon leurs lumières; ils sont venus, chacun avec ses gens, ou chacun avec leurs gens. Nous le savons, c'est détruire la règle des grammairiens, qui veulent que chacun soit toujours suivi do son, sa, ses, etc., quand le verbe de la proposition principale n'a pas do complément, et que celle-ci offre un sens fini avant chacun; mais pourquoi donc établir des rè^Jes qu'on ne saurait suivre? pourquoi gêner et circonscrire la pensée? A notre avis, la différence des deux manières d'écrire est toute dans la ponctuation. Vouluns-nous dire : Les juges ont opiné, chacun, selon leurs lumières, nous mettrons chacun entre deux virgules; si, au contraire, nous voulons nous exprimer do cette manière : Les juges ont opiné, chacun selon ses lumières, il n'y aura qu'une virgule oprès opiné. Celte ponctuation doit, ce nous .-emble, faire sentir la différence des deux constructions et conduire à reconnaître que l'une et l'autre sont très-correctes. L'apalyse, d'ailleurs, va nous en montrer le mécanisme. La première, les juges ont opiné, chacun, selon leurs lumières, se décompose par les juges ont opiné selon leurs lumières, chacun opinant selon les sienîies; et la seconle : les juges ont opiné, chacun selon ses lumières, c'est pour les juges ont opiné, et ils ont opiné, chacun selon ses lumières.

TUOISIËME rOINT DE VUE.

Étéocle et Polynice conviennent ensemble de te- Les citoyens, chacun selon/eurs facultés, tenaient

nir, chacuîi à son tour, les rênes du gouvernement, table ouverte, pendant une année entière. (BARTUKLEiuv.) (Vertot.)

(1) Voici quelques exemples sur mille qui déiruisont entièrement non pas nos règles, mais celles des -ariimairiens ; ce serait se montrer par trop sévère que de les trouver vicieux.

Dans toute l'assemblée généraled» peuple romain, tous les riloyeiis, de quelque idiig qu ils fussent, avaient droit de donner leurs suffrages, c/iacwn dans leur tribu. (Vehtot.)

Je suppose deux hommes qui ont vécu si séparés du genre humain, et si séparés l'un de l'autre, qu'ils se croient, chacun seul, de leur espèce.

(Cojidii.lac.)

Paris était partagé en districts qui avaient chacun son conseil et une compagnie de gardes nationales à ses ordres.

(Anquetil.)

11 n'y a si chétif village qui n'ait au moins deux ou trois loutaines; les maisons isolées ont presque chacune la 5(enn«.

(J.-jr. Rousseau.)

Les deux généraux dominant sur les Romains, cnacun de son côté, ncltoyaient les retranchements à force de traits.

(Anqcetil.)

Le riiégc de Calais et le siège de Troie! les plus bcnii\ esprits, chacun dans leur siècle, n'onl-ils pas rapporté leurs principaux talents à cette ancienne et brillante époque à jamais mémorable?

(BUFFON

Dans les phrases où l'incise se trouve forcément placée entre deux virgules, ainsi qu( chacun à son tour, chacun selon leurs facultés, etc. , et où, d'ailleurs, elle vient immédia tement après le nom pluriel, comme dans trois des exemples rapportés ci-dessus, les écri vains expriment, après chacun, tantôt l'idée collective, tantôt l'idée disti ibutive. Bonifac. dit qu'on ne saurait regarder comme vicieuses les citations de la première colonne, parce que l'incise est entièrement indépendante du reste de chaque phrase, à la fin de laquelle elle pourrait être rejelée. Quoiqu'il en soit de même des exemples de la seconde colonne, nous pensons qu'ils sont inattaquables, par la raison qu'ils se rencontrent très-souvent dans les auteurs les plus estimés.

EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE

Lci mères élèvent leurs enfants, cliaciine à la manière. Les femmes ont, chacune, .eurs caprices.

Les bommes ont un caractère, chacun son tempérament. Le» peuples ont, chacun, leurs coutumes et leurs lois.

Ils ont donné leur aris, chacun selon ses rues. Les deux armées retournèrent, chacune, dans leur camp.

Les Jeunes gens cherchent les plaisirs, chacun suivant ce qui le Ils trouvèrent, chacun, des amis qui les flattaient

flatte.

Les enfants s'amusent, chacun avec ce qui lui plaît. Ils menèrent, chacun, la vie qui leur plut.

Nous conduisîmes nos femmes au bal, chacun ayant la sienne. Nous partîmes, chacun, avec nos enfants.

Ces deux peuples vainquirent leurs ennemis , chacun comme il le Ces deu» nations battirent, chacune, leurs ennemis.

trouva.

Nous avons parlé, mais chacun à ton tonr. Nous avons parlé, chacun, à notre tour.

Les bateaux ont passé, chacun à son tonr Les hommes ont passé, chacun, à leur tour.

Ces deux enfants sont tombés, chacun de son cité. Ces deux enfants sont tombés, chacun, de leur c6te.

Les uns et les autres, chacun selon son opinion, prirent parti. 1 .et uns et les autres, chacun, suivant leur opinion, prirent p.irti,

Les hommes, chacun dans son intérêt, doivent s'instruire. Les femmes, chacune, dans leur inlcrct, doivent être aimables.

Les écrivains, chacun dans son intérêt, te doivent à la morale. Les écrivains, chacun, dans leur siècle, ont leur système.

-^^^^^ N° CCCCXXX. ^^—

Chacun déterminé par l'adjectif possessif sa.

Repos vaut mieux qu'honneur sans fortune : Que chacun prenne sa chacune.

(Almanach des Fabulistes.)

A voir chacun se joindre à sa chacune ici, J'ai des démangeaisons de mariage aussi.

(Molière.)

On voit que l'adjectif possessif sa peut déterminer le pronom indéfini chacune; mais cette expression, tout-à-fait familière, ne peut entrer que dans le style comique ou dans la conversation.

EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE

Cbacnn prendra sa chacune. Chacun ira avec sa chacune. Chacun a sa chacune. Cli.-icun veut s.i rh.ncune.

Qtacuo tedélivra de sa chacune. Chacun paiera pour sa chacune. C'.lixcun et sa chacune. Chacun défcndia sa cLacuM

-^--*.^N° CCCCXXXl. o^^—

Un chacun.

Chose étrange de voir comme avec passion 1 J'éludais un c/iacwn d'un deuil si vraisemblable,

Un chacun est chaussé de son opinion ! I Que les plus clairvoyants l'auraient cru \éritable.

(MOLikRB.) I (MoLiicKK.)

L'expression de un chacun était en usage du temps de Molière; aussi la rencontre-t-on chez beaucoup d'écrivains du dix-septième siècle; mais aujourd'hui elle est tout-à-fait abandonnée, même dans la conversation.

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