APRÈS UN NOM PLURIEL
AVEC LE PLURIEL
Les hommes ne sont faits que pour se consoler les uns les autres.
(Voltaire.)
Les hommes ne sont que des victimes de la mort qui doivent se consoler les uns les autres. (lo.)
De peur de faire enjamber les vers les uns sur les autres. (Id.)
Télémaqiie trouva de grandes difficultés pour se ménager parmi tant de rois jaloux tes uns des autres. (Fénélon.)
Le spectacle du monde physique nous présente une suite de phénomènes enchaînés les uns aux autres. (S av.)
L'amour de Dieu leur sert d'excuse {au\ dévots) pour n'aimer personne. Ils ne s'aiment pas même l'un l'autre. (J.-J. Rousseau.)
Les perfectionnements industriels s'entraînent l'un l'autre. (Sav.)
Les citoyens se fuyaient Vun l'autre.
(SiSMONDI.)
11 n'est pas possible que les petits vers n'enjambent/'un sîir /'«u^re. (J.-B. Rousseau.)
LebruitdenOb trésors les a tous attirés (les TîoîJiams). Ils y courent en foule, et, jaloux l'un de l'autre, Déserteut leur pays pour inonder le nôtre.
(Raci>e.)
Lorsque après un verbe réciproque, dont le sujet représente un certain nombre d'individus, on ajoute, soit pour la clarté, soit pour l'harmonie et l'énergie, l'expression de l'un Vautre, etc., cette expression se met au singulier ou au pluriel, selon que le sens le réclame, et assez souvent selon la volonté de l'écrivain, ce que l'on affirme de plusieurs a l'égard de plusieurs ayant nécessairement lieu de chacun à l'égard de chacun, dans les deux groupes opposés. Dans cette phrase : les citoyens se fuyaient l'un l'autre, le singulier est plus expressif: Chaque citoyen fuyait son semblable.
La môme observation s'a[)plique à l'un l'autre, etc., lorsqu'il est complément d'une préposition.
C'est doncbien à tort que Girault-Duvivier condamne le singulier dans ces vers de Racine :
Puisse le ciel verser sur toutes vos années Mille prospérités l'une à l'autre enchaînées !
Nous croyons que toutes les fois qu'il s'agit d'une chaîne, d'une suite, d'une succession, etc., oîi les objets vont un à îin, le singulier mérite la préférence, ou plutôt devrait être seul [)crniis.
Si Kacine, au lieu de mettre l'une à l'autre , eût mis les unes aux attires, il aurait es-
primé l'agfïlomération et non la succession. La pensée n'eût pas été la môme, et le sentiment, si nous ne nous trompons, aurait perdu de sa vivacité.
EXERCICE rnRASÉOLOGiQVE.
AMons-now» Tun Vautro.
l.eg fitovens Vcvilaienl Pun I*2utre.
Ces arbres 5e nuisent Tun à l'autre.
Aiilons-Dous les uns les autres
1 fs citoyens s'éTÎlaienl les uns les autre*.
Os arbres se nuisent le» uns aux autre*.