A. DE MONTESQUIOU
Nous GATIONS les outils de mon bon vieux grand-père.
(J.-J. Rousseau.) Votis DEVIEZ trembler, lorsque vous soufl'rîtes la
perfidie de Nadir. (Montesquieu.)
Ils COMBATTIRENT pour savoir de qui ils seraientles
esclaves. (Voltaire.)
Elle soDFFLB au guerrier l'esprit qui la tourmente.
(BOILEAO.)
Chacun se trompe ici-bas.
( La Fontaine.) Tout change avec le temps. ( Bossuet.)
Tant de soins accablent mes esprits.
(Voltaire.)
Nulle action ne peut avoir lieu à moins que quelqu'un ne la fasse; nul état ne peut être que quelqu'un ne soit dans cet état.
On appelle sujet du verbe la personne ou la chose qui fait l'action ou qui est dans l'état exprimé par le verbe.
On reconnaît mécaniquement le sujet en faisant la question qui est-ce qui? pour les personnes , et qu'est-ce qui? pour les choses.
Qui est-ce qui doit prendre soin du ménage? C'est la femme. Le mot femme est donc le sujet du vprbe doit.
Qu'est-ce qui fait tout? C'est h mérite. T.e mot mérite est donc le sujet du verbe fait.
La femme doit prendre soin du ménage.
(Haumont.) Xe weVi7e fait tout. (Lemonnieh.) La mort ne surprend pas le sage.
(La Fontaine.) Les morts n'EMPORTENT rien au ténébreux séjour.
(Lebrun.) Les rats sont gouvernés parla raison d'état.
(Delille.) /?ieuTiENTlecœurdesrols entre ses mains puissantes.
(Racine.) Blâmer le Créateur est d'un malavisé. (Gossb.) Hien ne peut des mortels arrêter l'appétit.
(Stassart.) Chaque métier a son apprentissage.
(Lombard de Langres.) Combien de gens profanbxt le nom de l'amitié. (J.-J. Rousseau.)
Qa'est-co qui ne surprend pas le sage? C'est la mort. Ce mot est donc le sujet du verbe mrprend
Qui est-ce qui n'emporte rien au ténébreux séjour? Ce sont les morts. Le verbe emportent a donc pour sujet les morts.
Dans les langues qui ont des cas , tous les mots imprimés en caractère italique seraient au nominatif. Ces mots répondent à des verbes que nous avons distingués par un autre caractère. Or, chacun de ces mots a son verbe propre avec lequel il ne fait qu'un. C'est pour montrer cette identité qu'on les a mis au même nombre.
La mort ne surprend pas le sage. Qu'est-ce qui ne surprend pas le sage? Tm mort
La mort est au singulier, surprend est au même nombre.
Les morts n'EMPORTENT rien au ténébreux séjour Les morts, ces mots sont au pluriel , emportent y est également.
Les citations placées en tête de ce numéro nous montrent que le sujet d'un verbe peut être :
1" Un pronom. . Je SENS de jour en jour dépérir mon génie.
2° Un substantif. Diett tient le cœur des rois entre ses mains puissantes.
3° Un inpmtif. Blâmer le Créateur est d'un malavisé.
k" Un adverbe de quantité. Tant de soins accablent mes esprits.
EXERCICE ANALYTIQUE
(Désigner le sujet du verbe.)
La cause i!a faible e^t no oDjet sacré.
Les filles n'aiment pas les liommes si sincères.
Si je hais les tyrans, je hais plus les flatteurs.
La foi d'un ennemi doit être suspectée.
La gloire des Français égale leur valeur.
La fermeté modeste honore l'innocence.
Un moment quelquefois renverse un grand courage.
Jasiais les jennes gens n'approfondissent rien.
Les mortels sont égaux.
L'anaKse est la .source des découvertes.
Je piii- i«ire les mis , je puis les déposer.
Aimer est nn besoin de l'ame.
Tant de coups imprévus m'accablent à la fois.
Nous inventons chaque jour des modes ridicules.
Je chanterai le maître que j'-idore.
Il me tira de mon obscurité.
Jugurtbn fut vaincu , Mithridate est soumis.
Il tourne au moindre vent, il tombe au moindre cli
Elle a vécu l'espace d"nn malm.
Ils ne reverront plus leur pays natal.
Bel enfant 1 tu dors d"un sommeil paisible.
Beaucoup d'hommes v sont pris.
N'* CCCCLIIL
DU RÉGIME ou COMPLÉMENT DU VERBE.
RÉGIME DIUECT.
La superstition cause mille accidents.
(La Fo>-tai?îe.) La sympathie unit nos destinées. (Lebrun.) ' Ne PRÉCIPITONS n'en. (Le Baili.t.) Le temps tout seul amIsNE la sagesse.
(Nivernais.) Chacun sent ici-bas son tourment.
(La Fontaine.) Travaillons, le travail entretient la santé.
(Lombard de Langres.) Les tyrans ont toujours un misérable sort.
(Jacffret.) Chaque homme A son génie. (Voltaire.) Pour TROMPER le chemin, on converse en voyage.
(M^f JOLIVE.UI.)
Laissons là les honneurs, et comptons les vertus.
(F. nK N'ErFCHATEAC)
Le cir-l protège la vertu. (Lebrun.) Un grand vouloir enfante un grand courage. (Du Tremblay.) La modération embellit le mérite. (Gosse.) Le lion de Rarca ravage la Nubie. (Demlle. Le chameau voyageur traverse l'Arabie. (Id.) Un long âge blanchit la carpe centenaire (M.)
régime indirect.
Les froids ont nui à la récolte des vins.
(Laveaux.) Il ne faut pas médire de son prochain. (Id.) L'inimitié succède à l'amitié trahie.
(Racine.) Misérable, tu cours d ta perte infaillible.
{Id.) Une merveille qui ajoutait à l'illu.sion.
(Voltaire.) Rome n'A point combattu contre ces deux grand<
capitaines. (Rossuet.)
Tout m'afflige et me nuit et conspire à me nuirs
(Racine.) Vous médisez de tout le monde.
(Académie.) La religion veille sur les crimes secrets. Un éclat de lumière sortit de ses yeux.
(Frnélon.)
De ces antres muets sort un triste murmure. (Voltairb.)
Examinons les phrases de la première série.
Qu'est-ce que la superstition cause? elle cause mille accidents Accidents est donc le régime ou le complément du verbe cause.
Qu'est-ce que la sympathie unit? ce sont nos destinées. Ce dernier mot est donc le complément ou régime du verbe unit.
Ne précipitons rien. Le mot rien est le complément direct du verbe précipitons.
Dans toutes ces phrases, le complément est nécessaire , en ce qu'il est impossible de concevoir les verbes cause, unit , précipitons, sans un substantif qui les complète. On no peut point unir sans qu'il y ait quelque chose à'uni. L'action d'unir doit nécessairement se porter sur un objet quelconque , et c'est précisément le mot représentant cet objet qu'on appelle le complément du verbe. Pour trouver ce complément, il suffit de faire cette question : qu'est-ce que? à laquelle on ajoute le verbe employé dans la phrase. Le ciel protège la vertu. Qu'est-ce que le ciel protège? La vertu. Le mot vertu est donc le complément, l'objet, le régime direct du verbe protège.
Passons maintenant aux citations de la deuxième colonne
Où l'oiseau chante-t-il? Sous la feuillée. Sous la feuillée est donc le complément indirect du verbe chante.
A quoi faut-il obéir? Aux lois. Aux lois est donc le complément indirect du verbe
obéir.
Comme on le voit, le régime d'un verbe est le mot ou les mots qui dépendent de ce verbe et qui en complètent le sens.
Les verbes admettent deux sortes de régimes : le régime direct et le régime indirect.
Le régime direct est celui qui complète directement le sens d'un verbe , c'est-à-dire sans le secours d'aucun autre mot intermédiaire. Il répond à la question qui? pour les personnes, et quoi? pour les choses. J'atme Tétude, on estime les gens vertueux J'aime quoi? L'étude ; on estime qui? les gens vertueux. L'étude, les gens vertueux sont donc les régimes directs des verbes j'aime , on estime.
Le régime indirect est celui qui complète la signification du verbe au moyen d'un mot intermédiaire , tels que à, pour, de, avec, dans, etc. ; il répond à l'une des questions à qui? de qui? pour qui? avec qui? pour les personnes ; et à quoi? de quoi? pour quoi? etc. , pour les choses. Nuire à ses intérêts, médire de quelqu'un; nuire à quoi? à ses intérêts; médire de qui? de quelqu'un. A ses intérêts, de quelqu'un sont donc les régimes indirects des verbes nuire et médire
Les mots qui peuvent servir de régimes directs sont : les substantifs , les pronoms, lys infinitifs, etc
Dieu créa le monde. . . Dieu créa quoi? . Le monde.
Nous nous flattons . - . Nous flattons qui? Nous.
Cet enfant veut /ire. . Tl veut quoi? . ... Lire.
EXERCICE ANALYTIQUE
(Distinguer le régime direct du régime indirect.)
L'in|;r»titude tt»«E la bienfaisance.
M£me infortune assortit tes humeurs,
Jux intérêts d'aiitrui nnus pïtFtBoriJ ./•' nôtret.
Sans inlerrt oiliceoms les humains
n faut MiNiOEK tous les hommes.
Ij« mérite riiT tout.
n faut OEiir.KK tout le monde.
L'oiseau cbikte sous la ffuilWe,
Le» laurean» BoNDissEWT'rfe joie
Il fHvt o>ÉiR aux lois
La détresse snccyoE a la firospe'rite'.
On COURT à sa perte quand on sort de son éit
La modestie ajoutl au mérite.
César COMBATTIT contre Ponipee,
Apelle EXCELLAIT iliins la peinture.
La jeunesse est rmbbllib par les f^râces.
Trois cents Spartiates péribent pourlapatrù
Le doute condcit à la vérité
La force ciot a la l'alear.
.--«-e.^^ N** CCGCLIV. c^«*o«—