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MODE INDICATIF OU AFFIRMATIF

yabandonne Soljme, et votre frère et vous.

(Voltaire.)

PASSÉ

Passé simultané , ou imparfait.

Vabandonnais à la cruauté de Protésilas ceux (;iii parlaient contre lui. \FÉNELO?i.'i

PASSÉ DÉFINI

l'ai abandonné Ithaque pour chercher mon père.

(Fénelon.)

passé indéfini.

Cliristine abandonna le trône pour les beaux- art«.

(voltaire)

PASSK AîSTERlEL'Il.

Les habitants eîtrent abandonne la ville avant que l'ennemi y entrât. (Akonyme.)

PLCS-QLTE-PARFAIT.

La fortune l'avait abandonné au commencement de la campagne. (Massillon.)

FUTCR.

Futur absolu.

Je vous abandonnerai à vos anciens malheurs.

'Fé>elox.)

futur antérieur.

Les habitants auront abandonné la ville lorsque l'ennemi y entrera. (Vertot.)

Nous avons déjà fait connaître la division du temps ou de la durée en trois parties ; le présent, le passé et le futur; il nous reste à examiner les formes et les expressions verbales signes de cette idée accessoire dans les verbes.

ha présent Q%i , comme nous l'avons dit, le moment où l'on parle; mais ce moment est-il divisible? Non , certes : c'est un point indivisible , car tout ce qui le précède ou le suit appartient au passé ou au futur . Aussi les verbes n'ont-ils qu'une forme dans chaque mode pour exprimer l'idée du temps présent : j'aime, je travaille.

Il n'en est pas de même pour le passé et le futur, qui se composent d'une multitude infinie d'instants , et qui peuvent être envisagés soit d'une manière absolue , soit d'une manière relative à d'autres circonstances , comme on le voit par les exemples cités.

Ainsi , outre les formes du verbe destinées à exprimer les diverses périodes de la durée, il y a encore , dans toutes les langues perfectionnées , d'autres expressions employées à marquer des degrés d'antériorité relative à quelque moment déterminé de chacune de ces périodes. Telles sont , en français , les formes composées avec les auxiliaires être et avoir, comme j'ai fait , j'avais fait, j'eus fait , j'aurai fait; expressions qui marquent chacune un degré d'antériorité , par rapport aux expressions je fais , je faisais , je fis , je ferai. Nous pouvons iiiéme exprimer un degré déplus d'antériorité, à l'aide des formes doublement composées j'oi eu fait, j'avais eu fait , etc. ; mais les besoins de renonciation vont rarement jusque là. Au reste, c'est, à ce qu'il nous semble, faute d'avoir observé que les formes temporelles des verbes, dans toutes les langues, se rapportent à des périodes , et non pas à des époques de la durée , que les grammairiens ont été si peu d'accord entre eux, et ont quelquefois mis si peu de clarté et de précision dans ce qu'ils ont écrit sur ce sujet.

Examinons maintenant quelques faits :

*. Les habitants abandonnaient la ville lorsque des secours leur • rrivaient de toutes parts.

( kds )

5. Les habitants abandonuèreut la ville peu d'instants après l'arrivée des enn<;mi8. 3. Les habitants ont abandonné la ville.

i. Les habitants eurent abandonné la ville bien avant que l'ennenii y entrât. 5. Les habitants avaient abandonné la ville lorsque l'ennemi est arrivé.

Ces différentes formes verbales , dont les deux premières sont simples et les trois autres composées , expriment toute l'idée du temps passé , mais avec des circ-onstances variées.

Dans le premier exemple , l'action est présentée comme faite dans un temps passé , mais en même temps qu'une autre action : Les habitants abandonnaient la ville lorsque des secours leur arrivaient de toutes parts.

Dans le second exemple , le passé est déterminé par l'idée d'une époque précise : Les habitants abandonnèrent la ville peu d'instants après l'arrivée des ennemis.

Dans le troisième , l'idée du passé est présentée d'une manière générale, indéterminée • Les habitants ont abandonné la ville.

Dans le quatrième , l'idée du passé est modifiée par une circonstance d'antériorité : Les habitants eurent abandonné la ville bien longtemps ovanf que l'ennemi y entrât.

Enfin , dans le cinquième , l'action est présentée comme faite dans un temps passé relativement à une autre circonstance qui est elle-même passée : Les habitants avaient ABANDONNÉ la vUle lorsque l'ennemi est arrivé.

Les grammairiens ont donné des noms à ces différentes formes verbales.

1" J'abandonnais et ses analogues sont appelés imparfait , ou mieux passé simultané. Passé- simultané veut dire passé en même temps qu'une autre chose : Les habitants abandonnaient la ville lorsque des secours leur arrivaient de toutes parts. L'action d'abandonner s'est faite en même temps que les secours arrivaient.

2" Ils abandonnèrent et ses analogues se nomment passé défini ; défini veut dire déterminé par l'idée d'une époque précise ; on ne pourrait pas dire : les ennemis abandonnèrent la ville, sans déterminer l'époque à laquelle l'abandon a été fait; ils l'abandonnèrent PEU d'instants après l'arrivée de l'ennemi

3 ' Ils ont abandonné et ses analogues sont dits passé indéfini , c'est-à-dire passé non défini, non déterminé. On dit très-bien : les ennemis ont abandonné la ville, sans préciser l'époque à laquelle l'action s'est accomplie. Néanmoins nous devons faire remarquer que cette forme j'ai abandonné et ses analogues peuvent s'employer également avec l'idée d'une époque précise. On dit : J'ai fait un voyage la semaine dernière, l'année dernière. Mais elle n'en diffère pas moins essentiellement du passé défini : 1° en ce que celui-ci ne peut s'employer qu'avec l'idée d'une époque précise ; 2° en ce qu'il ne peut exprimer qu'une action faite dans un temps entièrement passé. On ne dit pas je fis aujourd'hui une promenade, parce que la journée n'est pas encore écoulée.

On est forcé, dans ce cas, d'employer le passé indéfini, et de dire : j'ai fait une bonne promenade aujourd'hui.

i" Ils eurent abandonné et ses analogues ont reçu le nom de passé antérieur: antérieur exprime i'idée d'une action qui s'est faite avant une autre : les habitants eurent abandonné la ville bien avant que l'ennemi y entrât. L'abandon avait eu lieu avant l'arrivée (^e l'ennemi.

S" Ils avaient abandonné et ses analogues sont appelés plus-que-parfait. Ce mot no répond pas bien à l'idée qu'il représente. On considère cette forme comme exprimant doublement l'idée du passé, 1° relativement au moment oïi l'on parle ; 2° relativement à une autre action faite dans un temps passé ; d'où elle a été appelée assez improprement plus-que-parfait, c'est-à-dire plus que passé.

I! est A remarquer que les temps* composés , c'est-à-dire ceux qui se forment d'un de» loiiips des verbes être ou avoir, unis au participe passé des verbes qu'on conjugue, ne

( 499 ) sont , A proprement parler, que dos expressions verbales, dans lesquelles on a combiné l'idée des deux temps dont on veut exprimer la relation. Ainsi le passé indéfini j'at aimé se compose du passé aimé combiné avec j'ai, forme du présent, parce qu'en effet le passé mdéfini exprime seulement l'idée du passé relativement à l'acte do la parole. Le passé antérieui j'eus aimé se compose du passé aimé combiné avec j'eus, forme du passé. 11 en est de même de j'avais aimé , où l'on retrouve encore la combinaison d'un passé avec ui: passé.

Toutes les fois que les verbes avoir et être entrent ainsi dans la combinaison des temps composés, les grammairiens leur donnent le nom du verbes auxiliaires.

Le futur peut, comme le passé, être également envisagé relativement à l'acte de la parole et relativement à une autre circonstance. Si je dis : je ferai mon devoir, cette forme verbale jc ferai exprime l'idée du futur relativement à l'acte de la parole , mais sans aucune relation avec une autre circonstance. Les grammairiens appellent cette forme futur absolu. Si je dis : j'aurai fait mo7i devoir lorsque le maître viendra, l'expression verbale j'aurai fait exprime à la fois l'idée d'un futur relativement au moment où l'on parle, et l'idée d'antériorité relativement à l'arrivée du maître. Cette expression verbale a reçu chez les grammairiens le nom de futur antérieur.

Ainsi les différentes formés ou expressions verbales que nous avons examinées sont au nombre de huit; savoir : une pour leprésent; cinq pour lepassé; deux pour le futur.

Ces différentes formes ou expressions verbales expriment toutes l'idée d'affirmation positive , et conséquemment appartiennent au mode indicatif ou affîrmatif.

— ^<»^^;!S N° GCGGLIX. 0^»**^^—

MODE CONDITIONNEL

PRÉSENT OU FCTUK. j l'ASS6.

y abandonnerais tout, si je savais ne pas réussir. Je l'a «raïs entièrement abandonué, s'il n'avait

(JM"» DE SÉVIG^K.) 1 pas voulu suivre mes conseils. (Diderot.)

Quand on dit -.j'écrirais, si j'avais une plume, j'écrirais exprime une action qui se ferait si une certaine condition était d'abord remplie ; cette forme verbale est évidemment signe du futur.

Mais lorsqu'on dit : si j'eusse réussi dans mon entreprise , je ferais aujourd' hui bonne figure dans le monde, la forme verbale /e ferais est signe d'un futur relatif à une condition , mais elle est signe du présent relativement à l'acte de la parole.

Les grammairiens appellent cette forme verbale pr^s^nf ou futur, parce qu'en effet, bien qu'elle soit le plus généralement le signe du futur, elle peut, dans certaines circonstances, ôtre employée comme signe du présent.

Dans celte phrase : j'aurais ou j'eusse terminé ma lettre , si je n'avais pas été interrompu, l'expression verbale j'«u7"(hs terminé est le signe du passé.

Quant à la forme j'auraw eu terminé, ou j'eusse eu terminé , elle est peu usitée; elle exprime un passé antérieur

Ainsi le mode conditionnel n'a que deux temps usités : un temps pour exprimer lepréwii ou le futur; un temps composé , qui exprime toujours le passé.

{ JOO }

.**^^ N° CCCCLX. &^ic-..

MODE IMPÉRATIF

FUTDR.

Nu m'abandonnez pas dans l'état où je suis.

FUTUR ANTERIEUR

Ayez abandonné la \ille quand rciinenii y entrera. (Anonyme.)

Les formes verbales abandonnez, ayez abandonne, sont toutes les deux signes du temps futur, puisqu'on ne peut commander qu'une chose à faire ; mais la seconde forme exprime h la fois le futur relativement à l'acte de la parole , et une idée de passé ou d'antériorité relativement à une autre circonstance. .

L'impératif a donc deux temps : 1" un temps simple qui exprime l'idée du futur, et que les grammairiens appellent improprement pr^senf ou futur; car aucune forme du «iode impératif ne peut exprimer l'idée du présent ; 2" un temps composé, qui ne figure dans presque aucune grammaire, et qui est cependant d'un usage assez commun dans la langue. Cette dernière forme serait justement appelée futur antérieur

-^^^•^m^ N° CGCGLXl. ^^m^

MODE SUBJONCTIF

Philippe Arabe est Je premier qui ait abandonné par traité quelques terres de l'etnpire. (Bossdst.)

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