‹ Grammaire nationaleChapitre 394 sur 643 · PASSIF · texte numérisé non relu

PASSIF

1. J'ai préféré Pompée, errant, abandonné, à César tout-puissant. (Voltaire.)

2. J'appris sous une mère abandonnée à supporter î'cxil. (Id.)

PRESENT

abandonnant pour toile soin de l'univers.

(Voltaire.) passé actif.

Les enfants ayant abandonné la ma'.son de leurs pères pour aller vivre dans les déserts. (Pascal.)

Les grammairiens appellent participes présents les formes verbales terminées par ont, qui sont toujours invariables, et participes passés les formes verbales a éanrfow'n^, dormi, perdu , etc. , qui peuvent , comme les adjectifs , prendre le genre et le nombre des substantifs auxquels elles se rapportent. L'idée de temps n'existe dans aucune de ces formes , et conséquemment les dénominations adoptées par les grammairiens manquent d'exactitude.

Le prétendu participe présent se combine avec tous les temps. On dit au présent : je vous trouve écrivant; au passé : je vous ai trouvé écrivant; au futur : je vous trouverai écrivant. C'est donc une erreur grossière, malheureusement consacrée par presque toutes les grammaires , que de prétendre que cette forme en ont exprime l'idée du temps pré--

sent.

Il en est de même du prétendu participe passé , qui n'est par lui-mêlne, comme nous l'avons déjà démontré , qu'un adjectif , et qui ne peut guère devenir verbe que lorsque, combiné avec un des auxiliaires être ou avoir, il sert à former les temps composés du verbe.

Ainsi , Vinfinitifel le participe ne sont pas , à proprement parler, des modes du verbe , bien que presque tous les grammairiens anciens et modernes aient rangé ces deux formes verbales parmi les modes. Us ne sont réellement que des noms et des adjectifs, qu'on peut appeler verbaux, pour les distinguer des noms et des adjectifs proprement dits, dont ils diffèrent, en effet , sous plusieurs rapports essenliels; à moins que, considérant ce qu'ils ont de commun avec le verbe dans leur manière de signifier, et, pour ainsi dire dans leur essence , et prenant la dénomination de mode dans un sens plus étendu que celui que nous lui avons donné , on ne préfère appeler l'infinitif mode substantif, et le participe mode adjectif des verbes.

Mais , quelque dénomination que l'on croie devoir adopter, ce qui est surtout important dans la considération de ces sortes de mots, c'est de déterminer avec précision leur nature , c'est-à-dire leur manière de signifier. Or les formes de la première espèce , telles nue courir t croire, aimer, louer, dormir, etc. , diffèrent des noms qui expriment tes mêmes idées , comme course, croyance, amour, louange, sommeil , etc., en ce que d'abord ils conservent virtuellement, s'il le faut ainsi dire, le principe de vie, d'action, et, en quelque manière, d'existence , qui appartient, en général , aux autres modes; ils conservent déplus, comme les modes essentiels et proprement dits, dans les verbes qui

expriment une action , l'indication d'une tendance à transmettre ou à éprouver cette action. Enfin , comme les modes dont nous avons parlé , ils sont susceptibles de prendre, par la conjugaison , dos formes applicables ou relatives aux diverses périodes de la durée.

11 en faut dire autant des participes, soit celui qu'on appelle actif, comme couranl, croyant, louant , etc., soit celui que l'on nomme passif, comme couru, cru, loué, etc Non seulement le premier présente l'idée d'état , de situation , môme d'action , comme transmissible à un sujet, ou, suivant l'expression des grammairiens, à un régime, ce qui caractérise essentiellement le verbe ; mais il présente celte action comme se continuant pendant une portion de la période à laquelle on la rapporte et n'étant pas terminée dans celte période-là Quant un participe passé, il présente, au contraire, l'action comme terminée et accomplie dans la période à laquelle elle se rapporte.

On voit, par ce que nous venons de dire de la nature et de la manière de signifier des verbes , comment cette espèce de mots entre toujours dans une proposition , puisque , à l'exception de l'infinitif et du participe, qui sont même plutôt des formes d'expression que d'énonciation , toutes les autres formes constituent presque seules de vraies propositions : les unes directes ou principales (mode indicatif); les autres diversement subordonnées (modes subjonctif, conditionnel , etc. ).

Sur quoi nous remarquerons qu'à proprement parler, l'indicatif seul a des temps , ou formes temporelles, dont la signification soit expresse et rigoureusement déterramée, et que les autres modes n'en ont que par imitation de ce mode essentiel et principal. Aussi leur signification, par rapport au temps, est-elle toujours indéterminée en elle-mômo et entièrement dépendante des autres accessoires du discours

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