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NOMBRE DU VERBE APRÈS PLUSIEURS SUBSTANTIFS RÉCAPITULÉS PAR LES MOTS

toîit, rien, personne, nul, chacun, aucun, etc.

AVEC LE SINOCLIEB.

Biens, fortune, intérêt, gloire, sceptre, grandeur, Rien ne saurait bannir Clarice de mon cœur.

(Regnard.) La grandeur, les richesses, les victoires et tout ce qui excite les plus violents désirs, i\'est pas capable, après quelque temps, de surmonter les moindres chagrins. (Essais de morale.) Femmes, filles, valets, gros messieurs, tout enfin Allait, comme autrefois, demander son destin.

(La Fontaine.) Remords, crainte, périls, rien ne m'a retenue.

(Racine.) Femmes, moines, vieillards, tout était descendu. (La Fontaine.) . . . (XErope.nippodamie, Ma cour... la terre entière est donc mon ennemie?

(Voltaiue.)

La racine, le lois, la tige. Us festons. Tout sert à distinguer leurs nombreux rejetons.

(Delille.) Le tombeau du martyr, le rocher, la retraite Où dans un long exil vieillit l'anachorète.

Tout parle à notre cœur. (Soumet.)

Facteurs, associés, chacun lui fut fidèle : Il vendit son tabac, son sucre, sa cannelle.

(La Fontaine.) Avant tout, compte sur toi. Voisins, amis, parents , CHACUN préfère son intérêt à celui de tout autre. (Voltaire.)

On ne suit pas toujours ses aïeux ni son père : Le peu de soin, le temps, tout fait qu'on dégénère.

(La Fontaine.) Un souffle, une ombre, un rien, tout lui donnait

{M.) [la fièvre.

Hommes, dieux, animaux, tout y fait quelque

(/d.) [rôle.

A ccusateurs et faiseurs d'écriture , Juges, témoins, ennemis, protecteurs.

Aucun de vous n'est sorcier, je vous jure.

(Cité par Lemare.) Sa tendresse pour moi, Yintérêt de sa gloire, Sa vertu, tout enfin me défend de le croire.

(Corneille.) Grands, riches, petits et pauvres, personne ou NUL ne peut se soustraire à la mort.

(Waillt.)

Lorsque après plusieurs substantifs il y en a un qui totalise ou récapitule , l'accord du verbe se fait avec celui-là seul.

Telle est la règle que donnent tous les grammairiens, et qu'ils croient sans exception t^ependant on trouve :

avec le pluriel.

Ces conditions sont que leurs plaisirs et leurs peines, leurs accidents et leurs avantages, en un mot leur destinée, deviennent communs.

(Mirabeau.)

Nous convenons que l'Essai sur l'homme, de l'illustre Pope, est un très-bon ouvrage, et que ni (lorace, ni Boileau, ni aucun poète, n'ont rien fait dans ce genre. (Voltaire.)

Que le crible, le van. . .

La herse, les traîneaux, tout I'attirail champê- Sans crainte à mes regards osent ici paraître, [trb,

(Delille.) Que la mort, l'exil, enfin tout ce qui effraie le plus les hommes , soient devant tes yeux. Par ce moyen, tu n'auras aucune pensée basse et lâche. (Pensées d'ÉpiCTËTK.)

C'est une syllcpso très-naturelle. C'est comme si les mots en italique étaient renfermés

( 5«7 ) dans une pareniftèse. Ces exemples prouvent donc le danger des règles absolues. Néanmoins nous conviendrons, avec M. Dessiaux, à qui nous devons ces précieuses citations, que le plus souvent il est mieux de s'en tenir au principe des grammairiens.

Ce principe doit s'appliquer au verbe, lorsqu'au lieu d'être précédé des substantifs, il en est suivi. Ainsi on dirait également : Tout y fait quelque rôle, hommes, dieux, animaux; RIEN ne m'A retenue , remords, crainte ni périls. Racine n'a-t-il pas dit :

Tout parlera pour vous; le dépit, la vengeance. L'absence de Titus, le temps, votre présence. Trois sceptres que son bras ne peut seul soutenir, Vos deux états voisins qui cherchent à s'unir.

EXERCICE PHRÀSÉOLOGIQUE.

Homcies , femmes , enfants , tout fut tiic. Tout fut tué , bomniei , femmes et enfants.

Hommes, femmes , enfants , rien ne fut épargna. Rien ne fut épargné , ni hommes , ni femme?, ni enfants.

Pauvre> , riches , savants , ignorants, personne n'est exempt (Je la Personne n'est «xcmp: de la mort, pauvres, riches, «avrinti om

mort. ignorants.

— ?^ N° CCCCLXXXIY. e^^—

NOMBRE DU VERBE APRÈS tout, chaque ET quelque répétés.

Tout plaisir, todt repos par là m'est arraché. i Tout rang, tout sexe, tout âge ,

(Molière.) | Doit aspirer au bonheur. (Voltaire.)

CHAQUE

Chaque mot, chaque regard est un trait plein de (MoLiËRE.) [Qamme.

Chaque jour, chaque instant, pour rehausser ma

[gloire, Met laurier sur laurier, victoir-e sur victoire.

(Corneille.)

Je sais que chaque science et chaque art a ses termes propres. (Flecry.)

Chaque âge et chaque nation a vu des esprits vains et superbes. (Massillon.)

Chaque vers, chaque mot court à l'événement.

quelque.

QcELQUEbrûlantdésir, QUELQUE ardeurquile presse. Madame, j'en réponds, il tiendra sa promesse.

(Campistron.)

Mais QUELQUE ambition, quelque amour qai me

[brt'tle.

Je ne puis plus tromper une amante crédule.

(Racixe.)

On voit qu'après tout, chaque et quelque répétés, le verbe se met toujours au singulier. Nous en avons donné la raison plus haut. Cependant rien n'empêche de le mettre au pluriel :

Chaque nuit et chaque aurore nous apportent de nouveaux journaux de la sagesse et de la bonté de ia Providence divine. (Pern. de Saint-Pierre.)

Aucun corps, aucune attaque n'avaient pu entamer la. colonne, parce que rien ne s'était fait de concert et à la fois. (Voltaire.)

Quant à l'accord du verbe après quel et quel... que, cet accord étant le même qu'avec les adjectifs, nous prions le lecteur de recourir au chapitre des pronoms indéfinis ; car nous ne pourrions guère que nous répéter.

EXERCICE PHRÀSÉOLOGIQUE.

Tout objet, tool fire Tonte ambition , toute passion

Chaque jour, chaqne instant T.li.iqne art et chaque science

Qnel(]ne envie, quel.jue dé-ir ani. , . Quelque mérite, quelque talent qvi

NOMBRE PU VERBE APRÈS PLUSIEURS SUBSTANTIFS LIÉS PAR m RÉPÉTB.

POETES

AVEC LE SINGCLIER.

Allons du moins chercher quelque antre ou quelque

[roche D'où jamais ni I'huissier ni le sergent n'approche.

(BOILEAU

Sans que ni la raison, ni le temps qui s'envole, Puisse faire larir ses pleurs. (Maluerbe.) Je reçus et je vois le jour que je respire, Sans que pëhe ni hëke ail daigné nie sourire.

(Racine.) Sainte ni saint i\ était en Paradis, Qui de ses vœui n'eût la tête étourdie.

(La Fontaine.) Ni crainte ni respect ne m'en peut détacher; De mes bras tout sanglants il faudra l'arracher.

(Racine.) Ni le SEXE ni I'age Ne peut fléchir les dieui que l'inPidèle outrage.

(Voltaire.) Ni son coBUR ni le mien ne peut ôtre perfide.

(Id.) Ni l'noiHMB ni aucun animal n'a pu se faire soimême. (Id.)

ATBC LE PLURIEL.

Ultssb ni Calcbas n'ont point encor parlé.

Quoi ! le ciel ni I'enfer n'ont rien qui l'épouvante!

(Tu. Corneille.) Ni l'oR ni la grandeur ne nous rendent heureux,

(La Fontaine.) L'absence ni le temps n'e^aceronf jamais De son cœur affligié le prix de vos bienfaits.

(Longepierre.)

Dans son cœur malheureux son image est tracée. La VERTU ni le temps ne l'ont point effacée.

(Voltaire.) Sinon, ton corps ni ton amb ^'appartiendront plus à ta dame.

(La Fontaine.)

. . . Quand le mal est certain, La plainte ni la peur ne changent le destin.

(7(1) ... En vain l'âge s'avance :

Ni I'age ni I'expérience, Ne peuvent corriger nos mœurs.

(Le Baillt.)

PROSATEURS

avec le singulier.

Il n'est ni rang, ni naissance, ni fortune , qui ne disparaisse devant une anie comme la tienne,

(Marivaux.)

Ni le REPROCHE, ni la crainte, ni I'ambition ne trouble les instants d'un honnête liomme en place. (Marmontel.) Nulle courbe , ni nulle droite réelle, ne peut passer entre deux lignes réelles qui se touchent.

(Voltaire.) Comme il n'avait ni titre militaire ni magistrature qui Vautorisât à commander une armée, surtout contre un consul, il tâcha de mettre le sénat dans ses intérêts. (Id.)

Il n'y a ni plaisir ni volupté mondaine qui, à a longue, ne nous vienne à dédain et contre-cœur. (Pensée de Plutarquk.)

AVEC LE PLURIEL

Le tigre est peut-être le seul de tous les animaux dont on ne puisse fléchir le naturel; ni la force, ni la CONTRAINTE, ni la violence ne peuvent le dompter. ^Buffon."

Le maître ni I'esclave n'ont plus de famille, chacun des deux ne voit que son état.

(J.-J. Rousseau.)

Le SOLEIL ni la mort ne se peuvent regarder fixement. (La Rochefoucauld.)

Je demanderai si vous voudriez que ni votre débiteur, ni votre procureur , ni votre notaire ni votre juge, ne crussent en Dieu.

(Voltaire.)

Ni lui ni son conseil n'y peuvent rien comprendre. [Id.)

Ni le bonheur, ni le mérite seul, ne font l'élévation des hommes. (Vauvbn argues.)

Quand les substantifs sont liés par m répété, le verbe, suivant les grammairiens, se mei toujours au pluriel.

Encore une règle qui a été prise nous ne savons où; mais bien sûrement ce n'est ni dans los écrits de nos poètes ni dans ceux de nos prosateurs , ca*' les citations qui précèdent prouvent qu'on peut aussi mettre le verbe au singulier

Nous le répéterons donc, si les parties constitutives du sujet sont considérées séparément, on emploie le singulier; et si elles sont considérées dans leur ensemble et sous io même point de vue, on fait usage du pluriel.

Avec ce principe-là, on peut se passer de toutes les recettes grammaticales.

Faisons-en l'application.

En disant : Il n'est ni rang, m naissance, ni fortune, qui ne disparaisse devant une âme comme la tienne, Marivaux veut faire entendre, non pas que le rang, la naissance et la fortune disparaissent devant l'âme dont il parle, mais bien qu il n'est aucune de ces choses qu'il vient de nommer, qui ne disparaisse devant elle. C'est comme s'il disait :

Il n'est pas de rang, quelque élevé qu'il soit, qui ne disparaisse devant une âme comme la tienne ; il n'est pas non plus de naissance, quelque illustre qu'elle soit, etc. , il n'est pas enfin de fortune, quelque brillante qu'elle soit, qui ne disparaisse également.

L'auteur considère donc ici chaque chose isolément.

Il n'en est pas de même dans cette phrase : le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement. Ici La Rochefoucauld n'envisage pas à part le soleil et la mort; il les embrasse, et dit : le soleil ni la mort (ces deux choses) ne se peuvent regarder fixement. C'est par ce motit qu'il a mis le verbe au pluriel

ir

Ni ma santé , ni mon goût, ni mes travaux ne me permettent de quiUer ma douce retraite.

( Voltaire. )

Supposons-y ce que ne peut rendre ni la pein- TDRE , ni la POÉSIE, l'odeur des herbes et même celle de la marine, le frémissement des feuilles, etc. (Bern. db Saint-Pierre.)

Le temps ou peu d'eau nettoie les taches du corps, le temps ni les eacx d'aucun fleuve ne peuvent enlever les taches de l'âme. (Dict. de maximes.)

Ils se trouvaient plus horribles et plus monstrueux que n'est la chimère, vaincue par Bellérophon, ni l'HYDRE deLerne, abattue par Hercule, ni Cerbère même. (Fknelon.)

Ces exemples sont destinés à nous apprendre :

1° Qu'on met le verbe au pluriel, lorsque le substantif qui le précède immédiatement est au pluriel ;

2° Que quand il y aànversion, le verbe prend le singulier ou le pluriel, selon que le nom qui le suit est de l'un ou de l'autre nombre

EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE

Mi lUi n. son frère = sens Bomoïc t^epute.

Kl la ooe^ie ni la pcintare n'a ae c'tiarmes pour lu

Ki lui ni son frère ne seront nommes députés,

Tii U poé.sie ni la peinture n^oot de charmes pour lui.

-*^ N° CCCCLXXXYI. «^^

^fOMBRE DU VERBE APRES PLUSIEURS SUBSTANTIFS UNIS PAR OU.

Usez, n'abusez point, le sage ainsi l'ordonne. L'abstinence ou I'excës ne fit jamais d'heureux.

(Voltaire.) Nous sommes si peu faits pour être heureux icibas, qu'il faut nécessairement que l'A me ou le corps souffre, quand ils no souffrent pas tous deux.

(J.-J. Rousseau.) Une froideur ou une incivilité qui vient de ceux qui sont au-dessus de nous, nous les fait haïr, mais un salut ou un sourire nous les réconcilie.

(La Bbutèrb.)

avec le pluriel.

L'ignorance ou Terreur peuvent quelquefois servir d'excusC aux méchants.

(Bern. de Saint-Pierre.)

Les enfants n'auraient garde de respecter un maître que son mauvais équipage ou une vile sujétion rendraient méprisable.

(J.-J. RODSSBAD.)

Le bonheur ou la témérité ont pu faire des héros ; mais la vertu toute seule peut former de grands hommes. (Massilloh.)

Si I'amobr ou la philosophie vous porte dans cette solitude, vous y trouverez un asile plus doux à habiter que les palais des rois.

(Beun. de Saint-Pierrb.) Le BIEN ou le mal se moissonne , Selon qu'on sème ou le mal ou le bien.

(Lamotte.)

Tout le BIEN ou le mal qu'on dit d'un homme qu'on ne connaît pas, ne tignifie pas grand'chose (J.-J. Rousseau.)

Les jeux que les enfants aiment le mieux , sont ceux ou le corps est en mouvement; ils sont contents pourvu qu'ils changent souvent de place : un volant ou une bodlb suffit. (Fénelon.)

La LIBERTÉ de publier ses pensées, ou la liberté de la presse , doit ôtre réglée sur la liberté même d'agir. (Behn. de Saint-Pierrb.)

Le CALME ou I'agitation de notre humeur ne dépend pas tant de ce qui nous arrive de plus considérable dans la vie, que d'un arrangement commode ou désagréable de petites choses qui arrivent tous les jours. (La Rocuefoucauld.)

Innocents animaux, avez-vous oublié Et les pièges mortels, et l'homme sans pilié? Hélas! ruoMMEOu la faim vont leur ôter la v^e. (Saint-Lambert.)

La PEUR ou le besoin font tous les mouvement» de la souris (Buffon.)

Nos maux physiques se détruisent ou nous détruiront. Le temps ou la mort sont nos remèdes.

(J.-J. Rodssbax].) L'enthousiasme ou la hainb des sots Sont les deux malheurs du génie. (Dorât.)

Démétrius éprouva un sort bizarre, il fut souvenl relâché, et autant de fois retenu, que I'espéranch ou la crainte prévalaient dans l'esprit de son beaupère. (Bossuet.)

On instruit les enfants à craindre et à obéir : I'avaricb , ou l'oRGUBiL OU la timidité des pères leur enseignent l'économie ou la soumission.

(Vacvbnargues.)

Ici est en défaut la règle absolue des grammairiens , qui veulent que lorsque deux substantifs singuliers sont liés par ou, on mette le verbe au singulier. Car les citations de la seconde colonne nous démontrent qu'on peut aussi faire usage du pluriel.

Dans ces phrases, dit très-bien Lemare, on exprime sans doute une idée d'alternative , mais qui n'exclut point colle de pluralité. Les deux choses dont on par'.e agissent, il est vrai , successivement ; mais elles agissent en effet toutes deux , tantôt l'une, tantôt l'autre. Le pluriel peut donc être employé.

Rousseau , en disant que le temps ou la mort sont nos remèdes , veut dire que deux CHOSES sont nos remèdes, le temps ou la mort; c'est donc comme s'il y avait : le temps ou la mort (ces deux choses) sont nos remèdes. Une semblable ellipse explique le pluriel.

EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE

La vérité ou l'errr ur

La 5açe$5e on le vice ... .

Le chien on le chat

Le chagrin ou l'ennni. . .

L^homme ou la femme. , Le serin on le rossignol.

-— ^ K CCCCLXXXVII. c^^—

NOMBRE DU VERBE APRÈS Vun et V autre , Vun ni Vautre , ni Vun ni Vautre ,

Vun ou Vautre.

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