NOMBRE DU VERBE APRÈS DEUX INFINITIFS
VivuE OU MOURIR n'eût été rien pour elles, si elles avaient pu rester ou partir ensemble.
(J.-J. Rousseau.) Se TAIRE el SOUFFRIR CD silencc Est souvent le parti que dicte la prudence.
l^llAUMONT.)
Bien écouxeii etbian képondue est une des plus grandes perfectious que l'on puisse avoir dans la conversation. (LaRocuefoucauld.)
pluriel.
Être juste ou être vertueux, ne sont qu nna même chose. [Da Jaucodrt.)
Voir les choses comme elles sont, et les estimer ce quelles valent, donnent, sinon le bonheur, au moins le repos. (M""= Cécile Fék.)
Vivre et jouir seront pour lui la même chose. (J.-J. Rousseau.)
ruouuiRE et conserver sont l'acte perpétuel do la puissance. C*^)
(575 ) Le vviu et le danmr e<< tout ce que je puis, Bien dire et bieu penser ne 5on( rien sans bien faire
(Campistrok.) Vitre libre et peu tenir aux choses humaines est le meilleur moyen d'apprendre à mourir.
(J.-J. RODSSBAU.)
(La CuACSsfcK.) Vivre chez soi; ne régler que soi et sa famille; être simple, juste et modeste, sont des vertus pénibles parce qu'elles sont obscures. (Fontenelle.)
« II y a peu d'exemples, dit Lomare, où l'infinitif soit ainsi le sujet du verbe; car presque toujours après l'infinitif on ajoute le substantif ce devant le verbe personnel.»
11 ne s'agit pas de savoir s'il y a peu ou beaucoup d'exemples où l'infinitif soit le sujet du verbe; ce qu'il importe de savoir, c'est le nombre auquel on doit mettre le verbe, lorsqu'il est précédé de plusieurs infinitifs , et c'est justement ce que Lemare ne dit pas.
Les autres grammairiens, Domergue en tête, pensent que les infinitifs, n'ayant pas par eux-mêmes la propriété du nombre, ne sauraient, lorsqu'ils sont employés comme sujets, communiquer au verbe la forme plurielle. Le verbe, dans ce cas, reste au singulier (1).
Encore une règle plutôt imaginée que déduite des faits.
Car nos citations prouvent qu'on peut mettre le verbe au singulier ou au pluriel, lorsqu'il est précédé de plusieurs infinitifs liés par et ou par ou. Tout cela dépend des vues de l'esprit. Envisage-t-on chaque acte séparément, on emploie le singulier. Si, au contraire, on les considère simultanément, on se sert du pluriel.
Barthélémy a eu tort de dire: Cracher ou se moucher dans les temples ou aux théâtres, avrait passé pour DES actes d'incivilité ou d'irrévérence.
11 aurait dû dire : Cracher ou se moucher dans le9 temples ou aux théâtres auraient passé pour des actes d'incivilité ou d'irrévérence, ou bien cracher ou se moucher dans les temples ou aux théâtres aurait passé pour un acte d'incivilité ou d'irrévérence.
Dans le premier cas, l'auteur fait rapporter le verbe aux deux sujets, et dit cracher ou se moucher, ces deux actes auraient passé pour des actes d'incivilité ou d'irrévérence.
Dans le second cas, il y a alternative, c'est-à-dire il y a incivilité d'une part, irrévérence de l'autre. L'une est attribuée au premier infinitif, l'autre au second Le singulier est nécessaire.
EXERCICE PHASÉOLOGIQUE.
jMangfr, boire et dormir est leur unique occupation. traclier ou se moucber dans l'église sont des acte» d'irréréreuca.
Venir, voir et Tf.lncre fut la mime chose pour lui. L'aimer ou le baïr sont la même chose pour lai.
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NOMBRE DU VERBE APRÈS plus d'uu.
Plus d'un Achille sentirait, à la vue d'une épée, son sang s'enflammer; plus d'un Vaucanson, à l'aspect d'une machine, m^dtterat'r d'organiser le bronze ou le bois. (Bern. de Saint-Pierre.)
Aux temps les plus féconds en Phrynés, en Laïs, Plut d'une Pénélope Vtonora son pays.
(Boileau.)
Plus d'un pays serait peut-être devenu une soii. tude, si des vertus souvent ignorées ne combattaisnl sans cesse les crimes et les erreurs de la politique.
(La Harps.)
Plus d'une Hélène au beau plumage Fut le prix du vainqueur.
( La Fontaine.)
(1) Cette opinion erronée a été tout récemment encore renouvelée par la Société grammaticale, qui a eu à s'occuper de celte question. « Il est de principe, a-t-cUe dit, que plusieurs infinitifs placés pour sujelé ne sont jamais suivis du verbe au pluriel. » (Y. Journal yrain., 7S, lom. I, 1834.)
On volt par là que les Sociétés savantes, tout couiuie les grammairiens , peuvent aisément se tromper en ne prenant pas les faits pour guides.
A vouloir trop voler de victoire en victoire , Plus dun aiiibitioux diminua sa gloire.
(PinoN.) Plus d'un Hlalthieu Garo s'érige en novateur, Lucas est usurier, Colas agioteur.
(Deullb.)
. . Plus d'un charmant ouvrage
Etait perdu pour moi. (Delillb,)
Plus d'un hdros dpris des fruits de mon ^tude Vient quelquefois chez moi goûter la solitude.
vBoiLEAU.)
Bien que l'expression plus d'un réveille une idée de pluralité, elle exige le verbe au singulier. Cependant Marmontel a dit avec le pluriel : A Paris on voit plus d'un fripon qui se dupent l'un l'autre, parce que l'idée de réciprocité appelle nécessairement le pluriel.
Voltaire a également dit, en employant le pluriel : Nous avons plus d'une ancienne pièce qui étant corrigées pourraient aller à la postérité [Épît. dédie de Sophonishe) , et dans son Dict. philos., au mot Alcoran : C'est ainsi que parmi nous on a reproché à plus d'un prélat d'avoir fait composer leurs sermons et leurs oraisons funèbres par des moines.
Lorsque plus d'un est répété , le verbe peut admettre le pluriel •
Plus d'un brave guerrier, plus d'un vieux sénateur,
Rappelaient vos beaux jours. (Dkstouchbs.)
J'ai connu plus d'un Anglais et plus d'un Allemand qui ne trouvaient A'haiTmonie que dans leur langue.
(Voltaire.)
Si, au lieu de plus d'un, il y avait plus de trois, plus de cinquante, plus de cent, etc., on mettrait alors le verbe au pluriel :
J'en connais plus de vingt qui font figure en France,
Qui doivent, comme moi, ce titre à la finance. (Dbstoccues.)
EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE
Plus d'une rose. ..
Plus d'uQ savant...
Plus d'an écolier. ..
Plus d'un ami. . .
Plus d'une femme. .
Pins d'une bergère.