‹ Grammaire nationaleChapitre 479 sur 643 · AVEC LE PRÉSENT · texte numérisé non relu

AVEC LE PRÉSENT

Cbe farai tu, se ella il dice a' fratelli?

Traduction : Que feras-tu si elle le dit à ses frères?

Se io infra olto giorni non vi guarisco , fatemi bruciare.

Traduction : Si dans huit jours jene vous guéris pas. faites-moi brûler.

AVEC LE FITUR.

Noi glielo farem fare, o voglia ella, o no, se tu vorrai.

Traduriion : Nous le lui ferons faire, qu'elle le veuille ou non. si tu voudras.

Se lu lu torcherai con questa scritta, ella ti verra inconlaneme dietro.

Traduction : Si tti la toucheras avec cet écrit, elle te suivra aussitôt.

( 620 ) LE présent pour le passé.

PASSÉ

Le roi arrn-a jptidi au soir; la collnlion dans un lieu Ififiissc' de jnn(]uilles, tout cela fui a souhait. Ou sonpa. Il y eut quehiues tables où le rôti manqua. Cela saisit Vatcl... Jlinuil vient ; le feu d artiliee ne réussit point; il fut couvert d'un nuage. A quatre heures du matin, Vatel s'en va ])arlout; ii trouve tout endormi. (M""-" dk Sévigné.)

PRÉSENT

Turenne meurt, tout se confond, la fortune chancelle, la victoire se /«sse, la p.iix i'iiloiijne, les bonn"s intentions des ailiers se ralentissent, le couraj^'e des troupes est abattu par la douleur. Tout le camp demeure immobile; les blessds pensent à la perte qu'ils ont faite, et non aux blessures qu'ils ont reçues. (Flécuier.)

Beaucoup d'écrivains, dit Boiste, voulant donner à leur style plus de rapidité, peindre pins vivement les faits en les mettant sous les yeux du lecteur au présent, emploient ce temps, au lieu du passé, dans leurs narrations. On ne peut que leur applaudir, lorsqu'ils n'abusent pas de ce moyen ; mais ce présent, trop répété, mis avec l'on, fait courir l'esprit à perte d'haleine, et si vite, qu'il arrive à la fin d un alinéa sans savoir ce qu'il a vu. Les fiiiseurs d'analyses sont très-sujets à ce vice de style; et l'imagination, quelque vive qu'elle soit, s'étonne de voir toute u.ne famille, toute une nation vollij^er ainsi devant ses yeux, sur des on : On s'habille, on se hâte, on s'avance, on se précipite, on se heurte, ON se perd, etc., employés du commencement à la fin d'une histoire des temps passés. Cet effort de l'imagination la fatigue, et la lecture des livres devient insupportable par sa ressemblance avec une lanterne magique dont les figures fuiraient sans laisser aux yeux le temps de les reconnaître. Lorsque l'auteur, lassé lui-même de cette tension de l'esprit, revient par mégarde au passé, ce mélange de présent et de passé jette inévitablement du désordre dans la génération des idées : le lecteur ne sait plus oii il en est; et si les personnages l'intéressent vivement, il lui déplaît de les voir apparaître un moment sous ses yeux, pour s'enfoncer dans les ténèbres du temps qui n'est plus.

Il faut donc user sobrement de celte figure de style, en imitant les peintres, qui ne mettent pas tous les personnages, toutes les scènes sur le premier plan du tableau, mais rejettent les moins importants dans le lointain ; ce lointain, dans le style, est le passé; le premier plan est le présent.

La plupart des grammairiens disent que lorsqu'on emploie ainsi le présent pour le passé, il faut que les verbes qui sont en rapport dans la même phrase soient aussi au présent; dès lors les phrases suivantes ne sont pas correctes : Le centurion envoyé par Mucien entre dans le port de Carlhage; et dès qu'il fut débarqué il élève la voix. II fallait et dès qu'il est débarqué il élève la voix. — Tandis que le cardinal Mazarin gagnait des batailles contre les ennemis de l'Etat, les siens combattent contre lui. l>ites gaijne, combattent , ou gagnait, combattaient.

Nous pensons cependant que rien n'empêche d'employer différents temps dans le même tableau, selon le rapport qu'on veut exprimer. Les écrivains nous en présentent de fréquents exemples. Nous ne citerons que les suivants :

A quatre heures du mati'i, Valel s'en va partout; il trouve tout endormi. Urencontre un petit pourvoyeur qui lui apportait seulement deux chari;;es de marée. Il lui demande : « ILst-ce là tout? — Oui. monsieur. » Il ne savait pas que Vatel avait envoyé a tous les [xirts de mer. Vatel attend (juclque temps; les autres pourvoyeurs ne A'inricm point. Sa tète s'échauffait ; il crut qu'il n'y aurait point d'autre marée. Il trouva Gourville; il lui dit:

Cependant ces chaleurs excessives élevèrent de l'Océan des vapeurs qui couvrirent l'île comme un vaste piirasol. Les sommets des montagnes les rassemblaient autour d'eux, et de longs sillons de feu sorlaietit de temps en temps de leurs pitons embrumés. IJientôt des tonnerres affreux firum retentir de leurs celais les bois, les jibiines et les vallons; des pluies épouvantables, semldables à des cataractes, tombèrent du ciel. Des torrents écu-

meux se précipitaient le long des flar-cs de celle inonlagiîc; le fond de ce liassiii était devenu une mer, le })laledu où sont assises les cabanes une petite tie, et l'ciitrée de ce vallon une écluse, [lar où sor~ tuient pcle-inéle , avec les eaux mugissantes, les terres, les arbres et les rocliers. Sur le soir la pluie CKSfiA , le vent alise du sud-est uei'Rit son cours ordinaire; les nuages orageux flkent jetés vers le nord -ouest, et le soleil couchant parut a l'horizon. (|{ek>. ke Saint-Pieuhe.) Les Romains, malgré l'inégalité du lieu où ils COMBATTAIENT, repousscTit dc toîis côiés les Gaulois, lirenniis les rallie, lève le siège, et campe à quebjues milles de Uoine. Camille le suit avec lî même anleur, l'attaque de nouveau et le défait, ht plupart des Gaulois fuhe.m tués sur la place.

(Veutot.)

Transposez ces formes variées, ou peignez tout des mêmes couleurs, et le charme est détruit. Ce mélange des formes du présent et du passé produit dans ces tableaux une pittoresque diversité.

EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE

« Monsieur, je ne scrvivrai point à cet affront-ci. » Gourville se moqca de lui. Valel monte à sa chambre, met son épée contre la porte, cl se la passe au travers du cœur; mais ce ne fl't (ju'au troisième coup (car il s'en donna deux qui n'étaient pas mortels) qu'il tomba mort. La murée cependant arrive dc tous cotés; on cherche Vatel pour la distribuer; on va à sa chambre, on heurte, on enfonce la porte, on le trouve noyé dans son sang. On court à M. le prince, qui fut au désespoir. M. le duc pleuiia; c'était sur Vatel que tournait tout son voyage de Bourgogne. M. le [)rince le dit au roi fort tristement. On DIT que c'était à force d'avoir de l'honneur à sa manière. On le loua fort, on i.oua et BLAMA son courage. (il""^ de Sévigné.)

Aiissilûl je cours, je vole, je traverse la foule, j'ar je? je vois uue femme assassinée.

ve... Que vois-

Aussilôt je cours, je vqie, je lr«vcr5c la foule, j'arrive... Que vis-Je. je vis une femme assassinée

C'est moi qui parlerai ou ce sera moi qui parlerai , etc. ,

C'est.

C'est précisément ce qui arriva à la première représentation de VOIùiipe de Voltaire.

(La Harpe.)

C'est là que s'allu.mera le premier flambeau du génie européen. (Villemain.)

Est-ce par l'amour du bon goût (jue Despréaux se croyait forcé à louer Segrais? (Voltaire.)

C'est Boileau qui, le premier, enseigna l'art de parler toujours convenablement. {Ici.)

Ah ! c'est ici seulement qu'il fallait faire retentir la parole sainte dans toute la force de son tonnerre, et placer avec moi, dans cette chaire, d'un coté la mort qui nous menace , et de l'autre, mon grand Dieu qui vient vous juger.

(Bridaine.)

C'est alors que Fénelon fit voir que les cœurs sensibles, à qui l'on reproche d'étendre leurs alfeclions sur le genre humain, n'en aiment pas moins leur patrie. (La Harpe.)

On voit qu'on peut très-bien dire c'est lui qui le fera, ou ce sera lui qui le fera, c'est lui qui le fit, ou ce fut lui qui le fit. Ces deux manières sont ègalcincnt en usage. Néanmoins c'est moi qui parlerai, c'est moi qui parliii, présentent des expressions plus précises que ce sera moi qui parlerai, ce fut moi qui parlai.

EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE

Ce fut, ce sera, etc.

Ce ne fut qu'à l'âge de trente ans que Crébillon C03IP0SA sa première tragédie. (Voltairb.)

Ce sera vous qui de nos villes Ferez la beauté refleurir. (Malherbe.) Ouais! serait-ce bien moi qui me tromperais , et serais-je devenu médecin sans m'en être aperçu?

(Molière.) La scène et le dialogue ne furent inventés que dans la suite, et ce fut a Eschyle qu'on en eut l'obligation. ' (La Harpe.)

C'était pourtant la seule manière de critiquer dont Corneille s'était servi contre ses rivaux, et ce fut la seule que Racine employa conlre Corneille même. (Voltaire.)

Ce fut alors qu'Annibal reconnut que dans les affaires de la guerre, il y a des moments favorables et décisifs qui ne reviennent jamais. (Vertot.)

(Test alors que j'appri«.-.

C'est à celte époque qu'il revint.

C'est à l'âge de trente ans que je me mariiî.

£«t-<e U le son qai m'attendait?

Ce fut alor.s que j'.njipris. . .

Ce fut à cette époque qu'il revînt.

Ce fut à Vn-^e de trente uns que je rce miriak.

£uit-ce la le sort qui m'Mtendait 7

-^^mmQ- W DXLYJJ. o^^^^

On m'a dit que c'est, on m'a dit que c'était.

AVBC LE PRÉSENT.

Jo le PRIAI de me dire ce que c'est que le pouvoir prochain. (Pascal.)

D argent, point de caché. Mais le père fut sage De leur montrer, avant sa mort, Que le travail est un trésor. (La Foktaiise.)

J'ut toujours REMARQUÉ quc !es gens faux sont sobres, et que la grande réserve de la table annonce assez souvent des mœurs ftinles et des ànies doubles, (.l.-j. Rousseau.)

Tous ceux qui ont niédité sur l'art de gouverner les honmies ONT reconnu que c'esf de l'instruction de la jeunesse que dépend le sort des empires.

(L'AiiBÉ Barthélémy.) Il concluait que sagesse vaut mieui qu'éloquence.

(Voltaire.)

11 reconnaissait que la véritable grandeur n'est que la modération, la justice, la modestie et l'humanité. (Fknelon.J

M"'» du Gué A MANDÉ à M. de Coulanges que vous êtes belle comme un ange.

(M"'= DE Sévigné.) Ceux qu'on voit s'étonner de ce nouvel amour N'ont jamais bien conçu ce que c'est que la cour.

(Voltaire.)

Qu'est-ce que vous me voulez, mon papa? Ma belle-maman m'A dit que vous me demandez.

(MoLIkUK.)

On A dit depuis long temps que les cxtri^mcs se touchent; c'est la vérité de celle pensée (jui l'a rendue triviale. (De Ségur aîné )

Ce fut alors qu'Annibal reconnut que dans les aflaires de la guerre il ij a des moments favorables et décisifs qui ne reviennent jamais. (Vertot.)

II TENAIT pour maxime qu'un habile capitaine peut bien être vaincu, mais qu'il ne lui est pas permis d'être surpris. (Bossuet.) C'est alors qu'on ArrniT qu'avec un peu d'adresse, Sans crime un prêtre peut vendre trois fois la messe, Pourvu que, laissant là son salut à l'écart, Lui-mèriie en la disant n'y prenne aucune part. C'est alors que l'on sut qu'on peut pour une pomme Sans blesser la justice assassiner un lioinme.

(Boileau.)

ATKC L IMPARFAIT.

Je le suppliai de me dire ee que c'était que le pouvoir prochain de faire quelque chose.

(Pascal.)

J'ai oui dire à plusieurs de nos chasseurs, que rien n'etail pius propre a désaltérer, que les feuilles du gui (jui croît dans nos arbres.

(BeUN. DE SAlNT-PlESr.K.)

J'ai toujours vu que les jeunes gens corrompus de bonne heure, et livrés aux femmes et a la débauche, étaient inhumains et cruels.

(J.-J. Rousseau.) Assez et trop longtemps l'arrogance de Rome A CRU qu'être Romain c'était èlrc plus qu'homme.

Il faut un corps d'Hercule pour vivre ici; mais j'y suis libre, et j'ai trouvé que la liberté valait encore mieux que la santé. (Voltaire.)

J'ai connu qu'il n'y avait de bon pour la vieillesse qu'une occupation dont on fût toujours sûr.

[Ici.)

M'"^ de Coulanges m'A mandé que vous m'aimiez, et que vous pariiez de moi. (M""-' de Sévigné.)

Tout le monde criait pour la liberté et la justice, mais on ne savait point ce que c'était que d'être libre et juste. (Voltaire.)

Oh ! mon ami! ne m'AVKz-vous pas dit que vous n'aviez point de naissance?

(Bkun. de Saint-Pierre.)

Le lynx, dont les anciens ont dit que la vue était assez perçante pour [lénétrer les corps op.iques, est un animal fabuleux. (Bufkon.)

L'instinct ne montre à l'animal que ses besoins; mais l'hoinine seul, du sein d'une ignorance profonde, A CONNU qu'il y avait un Dieu.

(Bern. de Saint-Pierre.)

Jean-Jacques disait que rien ne rendait les mœurs plus aimables que l'élude de la botanique.

ild.) On entendit prêcher dans l'école chrélienne, Que sous le joug du vice un péciieur abattu Pouvait, sans aimer Dieu ni niêine la vertu, Par la seule frayeur au sacrement unie. Admis au ciel, jouir de la gloire inliiiie; El que, les clefs en main, sur ce seul passeport, Saint Pierre à tout venant devait ouvrir d'abord.

Il serait difficile, répélerons-nous avec Leniare, de dire de quel côté il y a le plus d'exemples.

CcpcndaiU les grammairiens sont divisés en deux partis, qu'on peut appeler les absolus et les relatifs.

Les premiers, à la tête desquels est Urbain Domergue , veulent que toutes les fois qu'on énonce une qualité habituelle ou essentielle, il faut toujours se servir du présent, même lorsque le verbe est employé complétivement après un passé. Pour eux, toutes les phrases de la seconde colonne où l'on fait usage du passé sont des violations de la raison éternelle, qui veut qu'on exprime comme présent ce qui est existant dans tous les temps.

Les relatifs disent :

« C'est une règle générale que lorsque dans une phrase il y a deux verbes correspondants, dont le premier est au passé, le second doit être à l'imparfait. »

Et pour eux tous les exemples de la première colonne sont des fautes.

L'une et l'autre de ces règles sont également contraires aux faits

La raison éternelle veut sans doute que lorsqu'on a l'intention d'exprimer une vérité habituelle ou essentielle comme telle, c'est-à-dire comme une maxime invariable, on emploie le présent; mais elle n'exige point que nous la considérions toujours comme maxime, elle n'empêche pas que nous ne la fassions correspondre à une époque passée, et que pour peindre cette idée nous ne nous servions de l'imparfait. Par exemple , de ce que Dieu est toujours essentiellement bon, s'ensuit-ii que je ne puisse pas dire qu'il était bon hier d'une manière particulière, à telle ou telle occasion?

Quant à la règle des relatifs, elle doit être classée parmi ces recettes dont leurs livres sont pleins, et dont le principal effet est de déformer l'intelligence et de convertir les hommes en automates.

Qu'importe, en effet, qvie le temps qui précède soit passé , si l'idée du second est une idée du présent? car c'est toujours ce qu'il faut savoir.

Nous ne pouvons ici que répéter ce que nous avons reproduit déjà sous tant de formes.

Re[)loyez-vous sur vous-même, cherchez ce qui se passe en vous, si c'est un sentiment plutôt qu'une maxime, un fait particulier plutôt qu'une vérité générale, que vous voulez exprimer. Dans ce cas, vous mettrez l'imparfait. Mais si c'est plutôt une maxime qu'un sentiment, qu'un fait, vous emploierez le présent.

Ainsi tantôt ce sera le présent, tantôt l'imparfait, qu'il conviendra de préférer. Rien ne peut apprendre à faire ce choix, il dépend uniquement de l'organisation de celui qui parle.

Quelquefois les écrivains ont employé les deux temps dans la même phrase. En voici quelques exemples :

Ayant fait réflexion , depuis quelques années, qu'on ue gagnait rien a êlie bon homme, je me suis mis à être un peu gai , parce qu'un m'a dit que cela est bon à la santé. {Voltaiiie.)

M""^ La Fayette m'a mandé qu'elle allait vous écrire, mais que la migraine l'en empêche.

(M™e DE SÉVIGNÉ.)

Si l'on eût prétendu qu'on savait que la terre

ne tournait pas, on n'eût point puni (îalilée pour Avoui nrr qu'elle Ioitr/(<i. (J.-J. Kousseau.)

Je t'Ai souvent oui dire que les hommes étaient nés pour être vertueux, et que la justice est une qualité qui leur est aussi prdpre que l'existetice Eiplique-moi ce que lu veux dire.

(MOKTBSQUIKC,

EXERCICE PHRÀSEOLOGIQUE,

U savait cjue vous L*ies mon anii.

Oo m'a dit qtip riiun aniilie vous incon Oa m'a dit que l'amour fait des liéros J'fti toujours cru ijue Uicu esl boa.

Il .s.M.'iil cpie vous étiez mon ami.

On m'a ilil que mon amitié vous iDrommMUit* On ii.'.t dit que rainour faisait de» hcro». y»ï toujours cru que Dieu était bon.

-^^^^mm ]M« DXLYIU. ^^

EMPLOI DE l'imparfait OU DU PRÉSENT APRÈS «.

AVEC l'imparfait.

M mon cœur était libre, il poi rkait être à vous.

(Regnard.)

Si l'art rt le travail n'aidaient pas la nature,

On verrait fort souvent les champs les plus Icconiis

Ne pousser, faute de culture,

Qiic des ronces et des chardons, (Lenoble.)

, . . Au barreau l'on serait maladroit Si l'on n'y savait pas, suivant qu'on se rencontre, Soutenir le pour et le contre. (/d.)

St je ne Vaimais plus, t'en parier Ais-je encore?

(Demolsxier.)

St je vous aimais moins, je serais plus tranquille.

JIeg>ard.)

Si nous voyions l'étendue des montagnes en profondeur, les cheveux nous en dresseuaiekt à la lête. (Berjv, de Saint-Pierre.)

AVEC LE PRÉSEXT,

■ . . Si Louis Vordotinu, Ces arbres parleront mieui que cetixde llodoip.

(Molière.)

. . . Klle PERDRA la vie Si son àmc n'obtient l'effet de son envie. {Id.'i S'il esi vrai qu'elle ait dit ce que je viens d'ent dre. J'avouerai que mes feux n'ont plus rien à prétendre.

\ld.) Si vous n'éclatez fort contre un trait si hardi, Ou ne trouvez bientôt moyen de me dc-faire Des persécutions d'un pareil téméraire, J'abanuonnerai tout. (/d.)

Si vous voulez satisfaire mes vœux.

Un saint nœud dès demain nous l.mua tous deux

[Id.)

Vous causerez de terribles éclats, Si vous ne mettez fin à tout cet embarras, (Id.) ... Si vous avez tant soit peu de cervelle. Vous prendrez d'autres soins, {td.)

Le Journal grammatical avait proposé cette question :

a Quelle règle peut-on poser pour enseigner que dans : si vous m'aimes, je vous aime- » rai, le premier verbe doit être au présent de l'indicatif, et que dans : si vous m'aimiez, » je vous aimerais, il doit être à l'imparfait? »

Voici la réponse qu'y fit M. Dessiaux, et que nous croyons devoir reproduire.

1° Lorsque après avoir reconnu la possibilité d'une action, on affirme simplement que, si cette action a lieu, elle produira, comme résultat certain et infaillil)le, une autre action qui en dépend, ainsi que l'effet dépend de la cause; alors il n'y a aucune incertitude dans la pensée, l'expression doit donc être positive, et dans ce cas, c'est du mode indicatif qu'il faut faire usage. Mais, puisque les deux actions ne peuvent avoir lieu que dans un temps futur, relativement au moment de la parole, les verbes doivent se mettre au futur, selon la construction idéologique. Cependant en français (1), par propriété de langage, le verbe de l'action principale se met au présent. Il faut chercher la cause de cette anomalie dans la vivacité de l'imagination, qui, franchissant l'espace, nous fait considérer comme présent l'objet de notre crainte ou de notre désir.

9° S'il y avait doute, crainte ou désir prononcé relativement à l'action primordiale, el qu'on voulût seulement affirmer qu'elle produiraitl'action secondaire conditionnelleuKMil, on mettrait à l'imparfait la proposition subordonnée, et au conditionnel la proposition principale; et alors, selon le point de vue de l'écrivain, cet imparfait désignerait ou un présent ou un futur; il a donc perdu sa signification propre. En effet, comme tout est vague dans la pensée, l'expression devrait porter le même caractère d'indécisicu ; l'idéo-

ogie réclame donc le mode subjonctif (l);mais ce ne sont pas des logiciens qui présidci-t à la formation des langues.

En général, après la conjonction si, nous mettons toujours l'indicatif (le présent ou l'iînparfnit, selon le cas) ; c'est un idiotisme (2).

Cette règle convient surtout aux étrangers et aux habitants de quelques f)rovinces de la France, qui, dans ce cas, se servent du conditionnel, et disent si j'aurais, au lieu de *•( j'avais, etc.

IMPARFAIT ET PI.US-QUE-PARFAIT DE l/lNDICATIF OU DU SUBJONCTIF APRÈS SÎ.

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