DIX-HUITIÈME SIÈCLE
Nous AVONS adjntr(?e la vertu. (Svl\ian.) Elle avait faite sa journée.
(Roman de la Rose.) Proinclheus, qui inonlt savoit, De terre et d'eaue faite avoit Une imagelte à la semblance des dieux.
(xiu« siècle. Trad. des Métam. d'Ovide.) Nous avons franchis et franchissons les devant iits et leurs hoirs.
(I3'i4. Coutume de Beauvoisis.) Reçue avons l'humble supplication.
tOrdonn. de Ciiaulks VII.) Et Chrêmes qui m'avoit promise Sa fille, et puis s'en étoit dédit.
(loiO. Le grand Théue.nce en françois.) 0 misérable ([ue je suis D'avoiu cette paro/e ouïe / {Id.)
Je AI vues vos lettres. (Ville-Hardouin.) Comme elle eut mise sa main.
(Alain Chartier.) Il AVOiT, par commandement, presque enterré» toute vive la plus belle persanne du monde.
(Amyot.)
Ils ont tous occupés
Les lieux voisins. (1543. Salel.)
Les tables ont ôtées Sergents et écuyers.
(Roman de Guandor de Douât.)
Il est de tout son sang comptable ii sa pairie, Chaque goutte épargnée a sa gloire flétrie.
(Corneille.)
A son côté pendait la noble épée Qui d'IIolopherne a la tûte coupée.
(Voltaire.)
O'ie nos anciens écrivains fissent constamment varier le participe passé, quelle que fût
( (ÎHfi )
d'ailleurs la place qu'il occupât dans le discours; — que ce participe no soit autre chose qu'un adjectif; c'est ce que témoignent au plus haut deyré les citations qu'on vient de lire.
Mais, bien que le participe passé ne soit qu'un adjectif, et qu'en cette qualité il dût toujours revêtir le genre et le nombre du nom avec lecjuel il est en relation , il n'en est pas moins vrai que depuis le règne de Henri lll, et non pas depuis celui de François 1*% comme le prétend l'abbé d'Olivct, nos auteurs ont fait et font encore aujourd'hui varier ce participe dans certains cas, tandis qu'ils le laissent invariable dans d'autres.
Do là les (lifticultés assez grandes qu'offre la syntaxe de cette partie importante du discours. On a écrit sur ce sujet des traités spéciaux; on a rempli des volumes entiers dérègles, d'exceptions, d'exemples et d'applications, et, avec tout cet attirail de science, comme le dit V Encyclopédie moderne, on a embrouillé une matière fort simple; on en a fait la torture de l'enfance , l'épouvantail des jeunes personnes et le désespoir des étrangers.
Tout en passant en revue la plupart des distinctions établies par les grammairiens , nous tâcherons de réduire la difticulté à un petit nombre de cas, et de donner pour chacun d'eux des règles simples et claires.
D'abord, nous poserons en principe, qu'en tant qu'exprimant, comme l'adjectif, une qualité, le participe passé remplit toutes les fonctions que nous avons assignées à ce mot: il est susceptible de genres et de nombres; en un mot, on peut lui ap[)liqucr tout ce que nous avons dit de l'adjectif. On verra plus loin les exceptions qui lui sont particulières
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