‹ Grammaire nationaleChapitre 532 sur 643 · IMPRATICABLES. (FÉNELON · texte numérisé non relu

IMPRATICABLES. (FÉNELON

Les Perses, leurs ennemis, adorateurs du soleil , ne souflraienl point les idoles ni les rois qu'on avait faits dieux. (Bossuet.)

Le salut de lYtat nous a rendus parents.

(Voltaire.) Ft le sortZ'cût-il faite encor plus inhumaine, Une larme d'un lils peut amollir sa haine.

(Corneille;.)

Suivis d'tm autre participe.

Ses regards, il est vrai, n'étaient point endanimés Du courroux dont souvent je les ai vus armés.

(Voltaire.)

Dieu, en créant les individus de chaque espèce d'animal et de végétal, a non seulementdonné la forme à la poussière de la tene, mais il t'a rendue

VlVA>rE et ANIMÉE. (lÎLEl-ON.)

Si de quelques mortels on m'a vue adorée, Est-ce un crime pour moi? (Corneille.)

Ces bras que dans le sang vous avez vus baignés.

(Racine.)

Vous m'avez crue attachée à vous nuire:

Dans le fond de mon cœur vous no pouviez uns lire,

{Id.) Celle armée, se défendant avec courage, ne put cmpêclicr les Impériaux de pénétrer dans lAlsacc, dont Turenne les avait tenus écartés.

(Voltaire.)

Ou'avcz-vous fait? — Hélas! je ine suis rric ai.méb

(Uacimc.)

La Crècc en ma faveur est trop inquiétée . De soins plus importauts je l'ai crue aouée.

Le participe passé, suivi (l'un adjectif ou d'un autre participe, doit touj.'urs être conforme en {Tcnre et en nombre au nom qu'il modifie, toutes les fois que le régime direct précède. L'usage à cet égard n'est plus partagé.

La médecine Z'a échappé belle.

(Molière.)

Ma Toi, mon ami, je /'ai échappé belle depuis que je ne l'ai vu. (Le Sage.)

« Ce participe échappé, dit Bescher, dérive d'un verbe peu propre à transniellre une action directe, et l'on ne sait ce que représente le pronom. 11 faut regarder celle locution comme un gallicisme qui échappe à tout examen grammatical. «

D'abord, il n'est point exact de dire que cette locution est un gallicisme, car elle existe dans d'autres langues. Les Italiens disent : L'ha avuta n bnon mercato (il /'a eue à bon marché) ;, ce l'avetc vatta hella (vous nous Tavez faite belle.)

Ensuite, nous ne croyons pas que le pronom le soit là un mot insignifiant, par cela seul qu'il ne se rapporte à rien de ce qui a été précédemment exprimé.

Celte locution, suivant nous, est tout simplement une expression elliptique, et ce n'esi qu'en la ramenant à son intégrité qu'on en peut bien saisir la valeur. Je l'ai échappé belle doil être un abrégé de /e l'ai échappé d'une belle manière, ou bien par une bellepeur, et le proiom le se rapporte au fait, à l'événement, au malheur en question ; je l'ai échappé, c'est-à-dire j'at échappé le malheur, l'accident qui me menaçait. Ces mots malheur, accident, etc., bien qu'ils ne soient pas formellement exprimés, n'en existent j' as moins dans l'esprit et peuvent très-aisément se suppléer.

Celle question a déjà été traitée au chapitre des Adjectifs.

EXERCICE PHRÂSÉOLOGIQUE.

Tu m*as faile la complice.

Je l'ai lotijonrs trouvée telle.

Il l'a trouver fort urancle et fort jolie.

Vous m'avez crue ;:uéi-ie.

Mes aflaires, quand je les ai eues terminées

Des hommes que j'ai faits mes égaux.

Les cruautcs que nous ;:ron» vues exercées par les ( m émis.

Cela est fondé sur des observations que je n'ai jaii ..m vues déme

lies.

Ma lettre, dés que je Pai eue finie.

Votre lettre, quand on l'a eue lue

>^^ciN° DCXXII.^^i^

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