CHOSE
Ces actions qui comLlèrcnt Pompée de gloire firent que dans la suite , quelque chose qu'il eilt faite au préjudice des lois , le sénat se déclara toujours
pour lui. (JIONTBSQUHU.)
Quelque chose qu'il eût faite, il ne la niait jamais. (Lemabe.)
Quelque chose que vous ayezpromise, donnez-ia.
QuKLQCK CHOSE qu'il m'ait dite. Je n'ai pu le croire. (MAaMo:(TXL.)
l" SÉRIE. — MASCULIN.
Je prenais souvent plaisir à blâmer publiquement QUELQUE CHOSE qu'il avait fait.
(FÉNELON
N'entreprenez rien témérairement; mais quand vous avez résolu quelque chose, ex.éculez-ie avec vigueur.
De sa patte droite l'ours saisit dans l'eau le poisson qu'il voit passer. Si , après avoir assouvi sa faim , il lui reste quelque chose de son repas , il le cache. (Chateaubriand.)
Je vous constitue pendant le souper au gouvernement des bouteilles ; et s'il se casse quelque chose, je ie rabattrai sur vos gages. (Molière.)
S'il y a QUELQUE chose de nouveau , je vous demande en grâce de me le dire.
(\'0LTA1RB.)
Si l'on perd quelque chose à ne pas prendre toujours les plus robustes ouvriers, on le regagne bien par l'affection que cette préférence inspire à ceux qu'on choisit. (J.-J. Uousseau.)
Ce quelque chose, qu'on dirait l'âme de la création , s'entretenait avec son âme. (Ballanche.)
Quelque chose n'est féminin que lorsqu'il est suivi d'un verbe au subjonctif. Dans tous les autres cas il est masculin.
Autre chose , employé dans un sens indéterminé, doit être aussi du masculin; c'esi autre chose qu'il a dit; quelque chose est promis, autre chose est accordé; donnez-moi autre chose do bon.
EXERCICE PURASÉOLOGIQUE.
Quelque chose (lliumain.
Autre chose de boa.
Quelque chose qui n'est pas moins
beau.
Quelque cbu.ie de fâcheux.
Quelque shose de uierreiUeui.
Quelque chose de grand. Qui-lque chose que j'aie faite. Quelque chose qu'il ait refusée. Quelque chose de Lien ijIus grand. Quelque chose qu'on ait donnée. Quelque chose que tu airs mtngée. Quelque chose de »il , de bas. Quelque chose que vous aje» pro. Quelque chose qu IL' a'.eni en- Quelque chose de reei. mise. tendue.
Quelque chose de Auteur. Q»el<{ue choK que DOna a)'Ous Quelque chose que tous ajri eus.
Quelque chose que j'aie dito. (ccor lee Quelque chose que j'aie (ccile.
coiJrLE.
î" SBRIK. — MASCULIN.
liC roseau que les rotiJoiiUs tirunent chacun par un bout est pciut de tlinV-rcnls hiéroglyphes qui uiarquf ut l'âge du coopiK uni et la lune oil se fait le ma-
liaije. (ClIAÏKAUBRlA.\D.)
i'n oocPLR de pigeons est sudlsanl pour peupler une volière, (Guizot.)
C'en était fait , mais Jupiter un jour, Pour adoucir notre horrible misère.
Nous envoya re?[K'r;iMco cl l'amour :
Couri.F. divin, dont la présence aimable r.liarmc l'ennui, dissipe les douleurs.
(Uoïou.)
Ce soir un couple heureux d'une voix solennelle, Parlait tout bas d'auiour et de llamme éternelle.
(V. Hugo.)
Certain couple d'amis, en un bourg établi. Possédait quelque bien. (La Fo.ntaike.)
2aie SERIE. ^•ÉMl^tlN.
Un sauvage pouvait considérer séparément sa Jambe droite et sa jambe gauche, ou les regarder cQsemblc sous l'idée invisible d'M»ie couple, sans jamais penser qu'il en avait deux. (J.-J. Housskau.)
lue COUPLE de pigeons ne sont pas sumsauls pour le diner de six personnes. (Guizor.)
Je suis bien aise que vous ayez cet automne une COUPLE de beaux-frères. (.M"" de Sévig.>é.)
Il faut à peu près vingt livres de Mé par an pour nourrir une couple de moineaux. (Ùuffo.N.)
Ç^UQ. <le pauvres ne pourrait-on pas soida^'^r avec
■iS COUPLE d'CCUS! (ÀNO.NÏiSK.)
I Un fou peut jeter une couple de louis dans la iner et dire (ju'd en a joui. {Id.)
On connaît tous les en'uris de nos yranmiairiens i^our établir le genre du moi couple 1/CS uns ont mal résolu la question : les autres ne l'ont résolue ({u'à demi. On connaît entr'aulres l'opinion de Cli. Nodier, qui a dil : a Couple est léminin, quand il s'nj^it de « deux choses; masculin, quand il s'agit de deux personnes; ce que je rappelle seule- « ment pour observer que cette distinction est un petit raflinement peu ancien dans la « langue. » Nous citons celle seule opinion, pour monlrcr quelle fui toujours l'erreur de nos grammairiens sur le genre du mol couple.
D'abord couple est régulicremenl féminin, comme étant terminé par un e muet :
« N'avez-vous pas une couple de passereaux pour une obole? » ( Évangile).
« Je suis bien aise que vous ayez cet automne nue couple de beaux-frères. »
{Mme de SévUjné ).
On voit ici que couple désigne deux êtres [iris au hasard et que rien ne lie. Mais s'il s'ap;il de deux êtres soumis à des lois qui les unissent d'une manière en quehiue sorte mUi.ssolublo, comme les lois de l'hymen, de l'amitié, de la famille, du malheur, etc. il'jrs celte force est lidèlemeni traduite par la masculinité :
C);"! suis-]e.=* 0 ciel! où suis-je? où poité-jc mes va-ux.» Zaïre ! ISérestan : ... Couple imjral ! couple affreux!
I-c laboureur répond au laurcau qui l'appelle; l/anrure les ramène au sillon commencé.
Il conduit en chantant le couple qu'il attelle.
( Lamartine.)
î/llonneur, cher Yalincouit , cl l'Équité , sa sœur, Fié;:Maient chéris du cirl , dans une paix prtjfondc ; Tout vivait en commun sous ce couule adoré.
^P'^ileau.)
Jadis cette harmonie de ia masculinité n'était pas généralement admise, puisque Voilure a dit, en parlant de deux jeunes époux :
t La belle couple sans égale. »
Cil. Nodier cite môme un exemple où iî trouve la féminité très agréable :
Lys et sa jeune mère , aii?sl beaux que les dieux ,
De deux côtés divers ont perdu l'un des yeux.
Échange , aimable enfant , cet opil vif qui le reste ,
Contre l'œil de ta mère exclu des rais du jour;
Et tous deux resterez une couple céleste;
Elle sera Vénus , et toi , l'aimable Amour. ( Mlle de Goumay. )
Nous cirerons à noire tour un exemple où la féminité est non seulement très belle , niais presque indispensable :
Aucun brnit sous le ciel que la flûte des pâtres , Ou le vol cadencé des colombes bleuâtres , Dont les essaims, rasant le Ilot sans le touclier , Revenaient tapisser le? mousses du rocher, Et mêler aux accords des vairin^s sur les rives Le doux gémissement de leurs couples plaitithes!
Qu'elle est belle celle expression féminine! quelle gr;\cc! quelle fiaîclicur! La mas culinité, traduction de la force, serait ici dure ei matérielle; tandis que la féminité, traduction de la grâce, nous offre une peinture vague, délicieuse cl loucbanie.
Il ne faut pas reprocher aux savants d'avoir masculinisé couple, désignant un système de forces; car ici le masculin est une expression de leur pensée. En efiet , il ne s'agit pas de deux forces prises arbitrairement, mais de deux forces soumises à une loi rigoureuse. Une couple de forces peut servir à former un couple, pourvu que ces deux forces soient disposées d'après les conditions voulues par la science.
EXERCICE PURÀSÉOLOGIQUE.
Bf au couple
Vilain couple
Hfiireux couple.
Malheureux roupie
Un beau couple d'amanta»
Cr<aple charmant.
Un couple bien asaorti.
Un couple de pigeon»
Un couple de perdrii Une couple d'oufc.
Une couple de cbaponi Une couple de pouleti
Une couple d*écu«.
Une couple de boites de conftttirea.
Une couple d'heures.
Une coup'e de bœufs.
Une couple de pigeons
Une couple de perdrix.
>^^-o N" XXXIII. s>^<