NOBL
2°" SERIE. — FEMIMIf».
L'homme veut du plaisir ; mais leurs pures délices Ont besoin de santé ; la santé, d'exercices.
(Drlille.)
Je voudrais , dans le senlce de ma table , dans la parure de mon logement , imiter par des orncmenls très simples la variété des saisons, et tirer de chacune toutes ses DF.UCKS. (J.-J. Rousseau.)
Hélas ! dans leurs travaux
Lc5 vils humains , moins hommes qu'animaux , Goûtent des biens dont toujours mes caprices M'avalent privé dans mes fausses oklices.
(>'0LTAIRE.)
La contemplation est le délice d'un esprit (^Icvc et extraordioaire. (Lévizac.)
C'est un DÉLicK q»ie de contribuer au bonheur dos outres. (Trévoux.)
Quel DÉLICE de faire du bien 1 (Boistk.)
Quel DÉLICE de contempler les heureux que l'on
fait. (BONIFACE.)
C'est un DÉLICE pour certaines personnes de boire à la glare, mèuie en Iiiver, et cela est indiirércnl pour d'autres, même en etc. (Guizot.)
C'est un DÉLICE de faire des heureux,
(LÉVIZAC.)
C'est pour un bon cœur un grand délice, que do pouvoir faire toujours le bien. (AjiOMYME.)
La lecture des divines Écritures faisait autrefois les plus chères délicus des premiers fidèles.
(Massillo?..)
i.cs délices du cœur sont plus tnucluinfes que celles de l'esprit. (St-Evrkmont.)
0 véritable religion! que tes délices sont puissances sur les cœurs! (Chateaubeiand.)
La cruauté cherche chaque jour de nouvellei bblices parmi les larniea dos malheureux. -
(FÉNiLOS.)
Si l'âme la plus pure ne suITlt pas seule à son propre bonheur, il est plus sur encore que toutes les délices de la terre ne sauraient faire celui d'un cœur déprave. (J.-J. Roussiîau.)
Dans les champs Élysées, les rois foulent à leurs pieds les molles délices et les vaines grandeurs de leur coudition mortelle. (Féselox.)
Nos grammairiens se sont demandé sérieusemenl pourquoi délice esl masculin au singulier et féminin au pluriel. Celte question a conduit les uns à décider qu'il ne fallait plus employer délice au singulier. C'eût été une exception de moins, il est vrai; mais la langue eût perdu une expression très riche. L'Acadeiuie conserva l'expression. Mais on conclut que l'emploi des deux genres est une bizarrerie due à la langue latine. Toutefois la question n'est pas de savoir si tel mot français a pour origine tel mol latin; mais de savoir pourquoi tel mol français a conservé les deux genres dont l'emploi esl bien loin d'être arbitraire.
Délice, au singulier, n'exprime qu'une émotion, mais une émotion forte; qu'une joie, mais une joie grande el souvent muclie; qu'un bonheur, mais un bonheur qui semble ne pouvoir durer à cause de sa force : dans toutes ces affections uniques, l'âme esl envahie :
« Quel délice iie faire du bien ! » ( Boisie).
« C'est un délice que de contribuer au bonheur des autres. » (Trévoux )
t I^a contemplation esl le délice d'un esprit élevé cl extraordinaire. » (Lévizac).
Ici la masculinité augmente en quelque sorte l'énergie de la pensée et supplée au manque d'expression. 11 est des cas où les langues humaines sont impuissantes à rendre ce qui se passe dans notre âme.
Délices, au pluriel, offre l'idée de sensations douces, heureuses, consianles, qui se succèdent avec calme, bercent l'âme et ne l'envahissent point; qui laissent l'homme paisiblement heureux, se possédant au milieu de ses jouissances continues, goûtant une félicité qui se prolonge, sans craindre une privation prochaine; sans craindre surtout ce vide affreux où l'âme effrayée se retrouve seule après une violente commotion :
« Dans les champs Élysées, dans cet heureux séjour de paix et de bonheur, les rois « foulent à leurs pieds les molles délices et les vaines grandeurs de leur condition mor- « telle. » Fénelon.
rn )
Comme ici il ne s'agit plus de développement d'une grande force, le nom pluriel délices rentre dans l'ordre naturel , et devient régulièrement féminin (1).
L'emploi de ce mot n'offre de difficulté que lorsqu'il est précédé de l'expression un de : 3.-3. Rousseau l'a fait des deux genres dans ce dernier cas, comme on peut le voii par les deux exemples qui suivent :
Un de mes plus yrands délices était surtout de laisser toujours mes li\TCS Lien encaissés, et de n'avoir point d'écritoire.
Ce n'est pas pour moi une chose indifférente que de bonne eau , et je nie sentirai long-temps du mal que m'a fait celle de Montmorenci : j'ai sous ma fenêtre une très belle fontaine dont le bruit fait une de mes DÉLICES.
Nous croyons que le masculin est préférable, et qu'il vaut mieux dire : Un ds mes plus grands délices, un de 7nes délices. Voyez le mol orgue.
Cest tm délîce.
C'eit no graiid diiîce.
Qu?! deTicc I Qu«l f rand délice 1
EXERCICE PnBASÉOLOGIQlE.
C'est un ra»i<isanl délice.
C'est un pur di^lice. C'est U[i vrai délice.
C'esf Ln Lien gruiid délice.
Les délices du paradis.
Lis d. lices de l'espril.
Les deiicis de la campaj Les dk-lices de h vie
Mettre toutes ms délices ài.
Faire toutes ses délices de . .
En f.iire ses plus ibères dtUf ,D« porcs délices.
'^ N° XXXI V. fô^*-^