FOUDRE
C'est la mythologie des anciens qui , nous représentant toujours Jupiter armé du foudre , nous in?pire tant de frayeur de Dieu, de la divinité.
(IJERXARDIN DE St-PiERRE.)
Au.\ orages des mers joignant d'autres tcmpiHes , L'homme embarque avcclui mille Inorl^ toujours prêtes. Le feu, présent céleste, agent consen'ateur, Du FOUDRE dans ses mains surpasse la fuieur.
(Castkl.)
Avec plus d'art encore et plus de barbarie , Dans des antres profonds on a su renfermer [)e& foudres souterrains, tout prêts à s'allumer.
(Voltaire.)
Mais du jour importun les regards éblouis , Ne distinguèrent point, au fort de la tempête , Les foudres mea'acants qui grondaient sur sa tête.
(kl.)
Allez vaincre l'Espagne, et songez qu'un grand homme Ne doit point redouter les vains foudres de Rome.
(Id.)
Quand le sublime vient à éclater où il faut , il renverse tout comme un foudre. (Boileau.)
La valeur d'Alexandre , à peine était connue ; Ce foudre était encore enfermé dans la nue.
(Racine.)
(1) Virev dans son nistoire naturelle du genre humain, l'a cependant fait masculin au pluriel; il dit, en parlant des' mollusques : les bivalves les mullivalies, sont androgynes et se livrent seuls ^ avec sécurité et par la seule impulsion de la nature, à tous les delicus de Vnmour.
La FOUDRE, éclairant seule une nuit si -profonde, A sillons redoublés couvre le ciel et l'onde.
(Crébiu.o>.)
Vous qu'un peu trop bas
La fortune au hasard a placés sur la terre
Consolez-vous : dans sa colère
La FOUDRE au moins ne vous atteindra pas.
(Naudht.)
Que la foudre en éclats ne tombe que sur moi !
(Voltaire.)
C'est dans un morceau d'ambre que la propriété électrique fut aperçue pour la première fois; et l'homme est parti de ce point pour arracher la foudre du ciel. (Bernardin de St I'ierre.)
Les prières ferventes apaisent Dieu , et lui arruclicnl la FOUDRE des mains. (Académie.)
Songe que je te vois , que je te parle encore , Que ma foudre à la voix pourra se détourner.
(Voltairk.)
Vous seul , portez la foudre au fond de leurs déserts.
{Id.)
C'est un FouuBE que le pouvoir irrite.
(BOISTK.)
La FOUDRE est dans ses veux, la mort est dans ses mains.
{Ici.)
Aplanissez ces monts dont les rociicrs fumants Tremblaient sous nos foudres guerrières.
(Cas. Delavicmk.)
Comment ! des animaux qui tremblent devant mol 1 Je suis donc un foudre do guerre.
(La Fojttainh.)
A l'exemple do tous les classiques du siècle passe et du nôtre, on peut faire le mot foiulrc des deux genres, soit au propre, soit au figuré; mais il faudra nécessairement qu'il soit masculin, si Ton veut en faire le nom d'un orateur, ou d'un grand guerrier, parce qu'alors il va, outre la métaphore , une métonymie de rinstrianent pour la cause qtn le met enjeu, et qu'on nomme foudre celui qui lance comme des foudres , de la même manière qu'on appelle tromvette, enseigne, celui qui sonne de la lromi->eile, qui porte une enseigne.
EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE
Le foudre vengeur Ftr* frlppé Hu foudr Pe» foudres Tengeurs In foudre de guerre
tJu grand foudie do guerre Koudres de brnnze.
^"oudres d'nir.iin.
Un foudre d'éloquence.
Ftre froppé de la foudre.
ïouclié de la foudre LciDcer la foudre.
L'éclat de la fuudre
Arracher l.i foudre I.a foudre s'allume.
>.branlé par la foudre, la foudre tengeretK
.'^^^^o N" XXXV.
GEi\S
l" SERIL. — MASCILI.N.
Peu de CENS savent être vieux.
(Larociiefoucauld.)
Les CENS heureux ne se corrigent guère.
Tous ces GKNS-1;\ sont sottement inqdnioux.
(.I.-J. HOUS.SEAU.)
0 (\\\'hexireux sont les cens qui ne veulent pas souffrir les injures, d'être instruits en cette doctrine! (Pascal.)
Les faux honnêtes gens sont ceux qui déguisent leurs défauts aux autres et à eux-mêmes. Les vrais honnêtes cens sont ceux qui les connaissent parfaitement et les confessent. (Larociiefoucauld.)
C'étaient tous des cens mal assortis, rois, princes, ministres, pontifes; tous jaloux les uns des autres, tous CENS pesant leurs paroles. (Voltaire.)
Le sort avait raison. Tous gens sont ainsi faits : Notre condition jamais ne nous contente.
(La Fontaine.) Tous les GENS gais ont le don merveilleux De mettre en train tous les cens sérieux.
(Voltaire.) Tous ces CENS-Ià étaient-ils chrétiens ?
(Pascal.)
Quand du mépris d'un tel usage , Les GENS du monde sont imbus.
De le suivre ,',amis , faisons gloire.
(RÉllANGtfi.)
2' SÉRIE. — FEMIKJN.
L'homme sensible, en voyage, est tenté de s'arrêter chez les premières bonnes cens qu'il trouve.
(BOISTE
Quatre animaux divers, le chat grippe- fromage , Triste oiseau le hibou, ronge-maiiic le rat.
Dame belette au long corsage.
Toutes GENS d'esprit scélérat , Hantaient le tronc pourri d'un pin vieux et sauvage.
(La Fontaine.)
11 faut savoir s'accommoder de toutes gens,
fAcADÉMlE.)
Les passions de la jeunesse ne sont guère plus op posées au salut que la tiédeur des vieilles cens
(Larociiefoucauld.)
Quelles gens êtes-vous ? quelles sont vos affaires ?
(TîACINK.)
Parler et offenser pour de certaines cens est précisément la même chose. (La Bruyère.)
De telles gens il est beaucoup ,
Qui prendraient Vaugirard pour Rome.
(La Fontaine.)
Le verre en main , que chacun se confie
Au dieu des bonnes gens. (Béranger.)
Nous détestons les cens Tantôt rouges, tantôt blcmcs. (1!i':ka.\ger.)
Les questionneurs les plus impitoyables sont les CEns vains et désœuvrés. (Larociikfoucauld,)
Les vrais ghns de lettres et les vrais pliilosophes ont beaucoup plus mérite du genre humain que les Orphée , les Hercule et les Thésée. (Voltaire.)
Le sort avait raison. Tous cens sont ainsi /aj/s ; Notre condition jamais ne nous contente ;
La pire est toujours la présente. (La Fontaine.)
Chieus, chevaux et valets, tous gens Lien endentés.
Les grands administrateurs sont, pour la plupart, désoles CENS. (St-Evremont.)
Plus fe??es CENS ''■oni pleins, moins îV.çsont irnoortuni,
(La Fontaine.; Malgré tout le succès de l'esprit des méchants. Je sens qu'on en revient toujours aux bmnes gens.
(Grssset.) Telles CENS, tels patrons.
(La BauYKRE.j
C'est pour les bonnes cens.
Que le ciel a créé les plaisirs innocents.
(Desmoustier.) Certaines gens, démocrates à la cour, redevieiincnt aristocrates à la ville. (Boistk.)
MASCULIN et FEMININ TOUT A LA FOIS.
Il y a à la ville, comme ailleurs, de fort soties GENS, des gens fades , oisifs, désoccupés.
(La Druyèrk.)
Que nous a valu ccla.^» de non? faire geôliers d'une prison , où ces vilaines gens-Iji tiennent une fille enfermée , pour la faire dévorer à je ne sais quel diable, qu'ils nomment Endiiaguc. (Piron.)
Certaines gens savent si bien observer les nuances, qu'î7s n'ont de probité que ce qu'il faut pour n'être pas traités de fripons. (Doiste.)
Nous avons à faire à force fripons qui ont réfléchi ; à une foule de petites ce.ns brutaux, ivrognes , voleurs. (Voltaire.)
TellestGs^iS n'ont pas fait la moitié de leur course , Qu'ils sont ab bout de leurs écus.
fLA Fontaine.)
MASCULIN et féminin TOUT A LA FOIS.
Parbleu , voilà encore de plaisantes gens ! je retourne leur dire que tout est à bauge : et les voilà tous endormis, qni ronflent ! (Pieo.n.)
Que pouvez-voiJs avoir à démêler avec de telles CENS ! Ils veulent nie faire défendre mes drogues.
C'est abréger avec certaines gens que de penser qu'tis sont incapables de parler juste.
(I.A Bruyère.)
Les bonnes gens sont tous bavards.
(Gresset.)
Ainsi certaines gens faisant les empresses. S'introduisent dans les afl'aires.
Aux yeux de telles cens qui ne sont pas bien fuis. Vous vous ferez passer pour deux vrais mannequins. (Fabre l'Églantixb.)
Les exemples qui précèdent nous font voir qu'avec le mol gens , mol qui, réveillant l'idée à' hommes, est esseniiellemenl masculin, les adjectifs se mettent tantôt au m.isculin, tantôt au féminin. Mais comme ce mol est d'une construction assez difficile, nous allons làclier, par quelques observations, d'en faciliter lejusie emploi.
1° Si l'adjectif suit le mot gens, cet adjectif se met toujours au masculin : Les cens eeUreux : les gens instruits. Il se met encore au masculin, lorsqu'il précède le mol geris, et qu'il a pour les deux genres la même terminaison : Tot:s les iiON.>ÊTES gens ne sont pas connus; les plus utiles gens ne sont pas toujours appréciés.
2° Les adjectifs qui ont deux terminaisons pour les doux genres se mcllonl au féminin, lorsqu'ils précèdent le mol gens : surtout si ces adjec/ifs réveillenl une idée d'ironie, de blâme, ou loule autre idée susceptible d'cire prise en mauvaise part • Vous êtes, ma foi, de bien heureuses gens; que de sottes gens il y a dans le inonde! /ci BONNES gens sont bavards; les vieii-ues gens sont sotipçonnetix; ce sont de vilaines, de singulières, de petites, de siéciiantes, de grandes, d'ExcEULUNTES gens. Mais si ces adjectifs étaient pris en bonne part, on dirait : Ce sont des gens très grands, très BONS, des gens excellents. Ttîlle est du moins l'opinion des grammairitMis.
3° Lorsque le mol gens csl immcdialement précédé des adjectifs tout, cerlain, quel, ici, ces adjeclifs doivent être mis au féminin : Toutes gens d'esprit scélérat; certaines CENS* QUELLES GENS êtes-YOus? TELLES GENS soul bientôt à bout. Mais si ces adjectifs ne précèdent pas immédiatement le mot gens, ils se mettent au masculin : Tous ces censlà sont sottement ingénieux ; certains honnêtes gens; quels sont les gens qui m'ont demandé? TELS sont les gens que vous fréquentez ; qvels braves gens.' tous les gens d'affaires vous blâmeront; à moins que le mot gens ne soit déjà précédé d'un adjectif qualilicalil pris en mauvaise part, quelles viles gens! toutes les sottes gens (1).
Le meilleur conseil que nous puissions donner aux élèves jaloux de ne pas se tromper dans l'emploi de ce mot, c'est de lire et de relire attentivement les exemples que nous avons donnés. Le sentiment de l'anologie est plus puissant que toutes les règles.
EXERCICE PHRASEOLOGIQUE.
MASCULIN
Des gens honteux.
Des gens bien (iiis.
Des gens fort daiipeicui.
Jeunes gi us iniprucUnls.
Tous Us gens de liiun.
Tous les honiièlcs pins.
Tous )cs habiles gins.
Des genj LreA résolus.
FEMININ
D'heureuses gens.
De Gnei gens.
De fort daiigi'rcuses gens.
De h(inn«s gins.
Te sottes gens.
De bellLS gens.
Taules les vieilles geni.
Toutes les petites gens
>^^ N' XXXVL
OKGE.
DES TECX GENEES.
Les vieilles gens soupçonneux.
Certaines pen« fdisant les empresse* Les nieilUurs gens que j'ai vu».
Dca gens oisifs, dé occupé-.
I>es gen> bavards.
Te telles gens il est beaucoup.
Ce sont de bien lieureuses ^us. Quelles gi us ilcs-vous }
I" SERIE. — MA.SCULIN.
La Frambroisiôre, médecin de Henri IV, vantait l'oRGE monde.
(Théâtre d'agriculture. — Essai historique.)
On appelle orge mondé des grains d'orge qu'on a bien neUoyés et bien préparcs ; et orgk perlé, de l'orge réduite en petits grains, dépouillés de leur son.
(ACAUlhlIK.)
L'orge mondé ou perlé ne peut être employé utilement dans toutes les maladies cliioniqucs, accompagnées de consomption.
(l)icT. DES Sciences Médicales.)
L'orge mondé sert aux bouillies , que l'on apprête ;Î8 difl'érentes manières. (L'aebé Rozier.)
Les Hollandais sont la seule nation qui prépare l'oRGK pcrJc, qu'ils transportent ensuite chez tous les peuples. [Ici-)
2me SÉRIE. — rÉ.MlNIN.
L'orge, destinée aux lieux secs, a des feuilles larges et ouvertes à leur base , qui conduisent les eaux des pluies à sa racine.
(Bernardin de St-I'ierre.)
Les chevaux do Perse sont robustes et très aisés à nourrir; on ne leur donne que de Vqkge mêlée avec de la paille hachée mince. (Bltfon.I
Chez les anciens, I'orge d'Erèze était la plus estimée. On disait que Mercure en venait iirciuliv, afin d'c'a faire des gâteaux pour la table des l)icux.
(M"" DE Ge.nlis.)
Les remparts de J>iiequcs sont chargés d'arbres et de vignes; la phi-s belle or<je pousse dans les fossés; la plus belle herbe dans les rues. (J. Janin.)
Les ORGES nues sont des céréales précieuses pour les habitants des pays du nord ou des montagnes , où le froment ne peut réussir.
(DicT, DES Sciences médicales.)
Oh lit dans Lemare : « Les dictionnaires disent de l'orge mondé, de l'orge perlé; hors « de là, de la belle orge, etc., cette distinction est ridicule. Domergue, d'après l'éty- « mologie, fait toujours orge masculin. » Oui, sans doute, toutes ces distinctions sont
(l)On Irouvc dans Voltaire cet exemple fort curieux : Dieu aura-t-il pitié d'un seul de ces bonnes i;sris*
ridicules, ei l'ctymologic est plus ridicule encore. Orge devrait être féminin dans tous les cas; le génie de noire langue l'exige. Toutefois, l'Académie s'est prononcée :
« Dans ces deux phrases orge mondé, orge perlé, et dans ces deux phrases seules, « orge prend le genre masculin. »
Cependant on trouve le féminin employé même dans les deux phrases ci-dessus (i). On ignore si Bernardin de St. -Pierre a employé le masculin ou le féminin dans celle phrase :
« L'orge, destinée aux lieux secs, a des feuilles larges et ouvertes à leur base, qui « conduisent les eaux des pluies à sa racine. »
Quelques éditions indiquent l'emploi du masculin, d'autres l'emploi du féminin. Nous avons adopté le genre qui nous paraît le plus naturel. Les exemples suivants juslifienl notre choix :
« Les chevaux de Perse sont robustes et très aisés à nourrir; on ne leur donne que « dû l'orge mêlée avec de la paille hachée mince. » {Bufjon. )
« On doit couper l'orge, quand elle est bien mûre. » [L'abbé Rozier. )
On sait cependant que Roucher, dans son poème des Mois, a masculinisé ce mol:
Le prodigue semeur suit d'un pas mesuré;
Il verse le blé noir et le millet doré,
Et l'orge, ami d'un sol mêlé d'un peu d'arène.
Mais cette masculinité ne doit pas ôlre imitée.
EXERCICE PHRASÈOLOGIQVE.
De belles orges.
De l'orge bien levée.
Orge tiè> nutritive Orge germee.
Orge aranoée.
Orge commune.
Grosse orge.
Orge bien mûre.
Orges nues.
Orge hiteriiale.
Orge gruée.
Orge carrée.
Oige macérée
Orge torrclîèe
Orge réduite en farine
Orge réduite en petits grains.
Orge trop pressée par la cbaleur
Oi'ge seinte par uti temps sec.
L'orge mêlée aTec le froment
Oige dépouillée de sa peau.
Orge séchée dans une eluve.
Quand l'orge fut-elle oultiTée }
Orge employée pour le» potage».
l.'crge cnpraisse-t-elle les TolaiUes?
L'orge peut-elle être coupée plusieurs fu'lS lllivei?
L'orge est-elle d'usage en médecine î
L'orge sert-elle à préparer la bière î
Qu'est-ce que l'orge pe-lé ?
Qu'est-ce que l'orge mondé ?
Prendre sou orge perlé