‹ Grammaire nationaleChapitre 561 sur 643 · C0«>E1LLE.J · texte numérisé non relu

C0«>E1LLE.J

Je ne saurais faire un pas seulement, que je ne l'aie aussitôt a mes trousses. (Moi.iftnE.)

Je ne saurais voir d'honnêtes pères chagriné» par leurs enfants, que cela ne m'émeuve.

(MOLIËRE.)

Sans que.

Vous conviendrez que je ne pouvais obtenir l'aveu du conseil, sans que mon ouvPHjre fût examiné. (J.-J Rousseau.)

Hélas! nous ne pouvons un moment arrêter les yeux sur la gloire de la iirincesse, sans que la mort j'y 7nêle aussitôt pour tout oflusquer de son ombre.

(BOSSUET

EXERCICE PURASEOLOGIQUE.

Avant qu'il vienne.

Sans qu'il paris.

Avant qu'il sorte.

Sans qu'il MU'uie.

Avant qu'il meure.

Sans qu'il se iache.

Avant qu'il soït né.

Sans qu'il J mette obstacle.

-^^ F DCXCIII. o^^

A moins que, de peur que, de crainte que.

A moins que.

Il sera difficile désormais qu'il s'élève des génies 1 Un amant toujours rebuté par sa maîtresse l'est

nouveaux, à moins que d'autres mœurs, une autre toujours aussi par le S|teclateur, à moins qu\\ ne

sorte de gouvernement, tie donnent un tour nouveau respire la fureur de la vengeance. (VoLXAkHit.) aux esprits. Voltaire.) I

Quel indigne plaisir peut avoir l'avarice 7

Kl aiie sert d'amasser, à moins qu'on ne jouisse

(BOUUSAITLT.)

Un homme en vaut un autre, à moins nue, par mal-

[hcur.

L'un d'eux n'ait corrompu son esprit et son cœur.

(Destoucues.)

De peur que.

Combien de fois a-t-on vu des hommes publics faire dchoucr des entreprises f^lori-euses à l'Etat, de peur que la gloire Ji'en rejaillît sur leurs rivaux.

(Massillon.)

Laisse en paix ton cheval vieillissant, Depeurque, tout d'un coup, efllaïuiuo, sans haleine, Il ne laisse en tombant son maître sur l'arène.

(BoILEAU.)

Ne jetez pas, dit Jésus, les perles devant les pourceaux, de peur qu'ils ne les foulent aux pieds, et que se tournant contre vous, ils ?ie vous déchirent. (Bekn.dk Saimt-I'ieure.) J'c'vitc sa prt'sence.

De peur qu'eu le voyant, (luchiue trouhle indiscret Ne fasse avec mes [deurs échapper mon secret.

(Raci>e.)

De crainte que.

Le seul avantage de la noblesse, c'est de ne pas manquer d'exemples dans sa maison, et d'i'tre dans la nécessite de les imiter, dans hi crainte de ne pas être reconnu pour léj;ilirae héritier.

(^Pensée de l'ÉtnARQUE.)

Clarice le prie de parler plus bas, de crainte que son père ne l'entende. (Voi.taiue.)

Plul.uque dit que les Grecs, ce peuple si sensible, fiémissaient (/e crainte que le vieillard qui devait arrêter le bras de IMcropc Ji'arrivat pas assez tôt.

(Vof.TAIRE.)

Les locutions conjonclivcs à moins que, dcpciir que, de crainte que, disent iMM. ISoël et Chap-al, veulent toujours après elles la négation ne: A moins qvevous nk lui pai-licz, de PKi'R Qi'on NE vous trompe, etc. Cotte règle est trop absolue ; et si MM . Noèl et Chapsal l'ignorent, nous leur dirons qu'en poésie, les écrivains sont en possession de supprimer la négative quand elle gène la mesure. «Autrement, s'écrie Voltaiie , il n'y aurait pa's de poésie possible; il faudiait renoncer à faire des vers!» Voici quelques passages où les poètes n'ont pas exprime la particule ne:

A moins qui nos projets un plein effet réponde.

(COUMÎILLE.)

De peur que ma présence encor soit criminelle, Je te laisse. (Moliëke.)

Sois donc prêt à frapper, de peur qu'on nous prd-

(Voi-TAiRE.) [tienne.

Si j'ai besoin de vous, de peur qu'oi\ mccontraiqne, J'ai besoin que le roi, qu'elle-même me craigne. '

(CORNEILLK.)

Nous défions MM. Noël et Chapsal de condamner cette phrase de ^'oltaire : C'est une règle assez générale qu'un vers héroïque ne doit guère finir par un adverbe, a moins que cet adverbe se fasse ù peine remarquer comme adverbe. Bien que cet exemple soit en prose, bien que la négative soit supprimée, la phrase est pourtant correcte ; il y a plus : ce serait une véritable faute d'exprimer la négation, et la raison en est que l'expression adverbiale à peine modifiant le verbe fasse, s'oppose à l'introduction de la particule n« dans la phrase ; c'est ce qui aurait également lieu s'il y avait peu ou tout autre terme équivalent. Avant donc de poser des règles, il faut étudier les faits.

EXERCICE PHRÀSÉOLOGIQUE.

A moins <j"'^

Do pciir f[iic.

De Cl aime ^110

Dans l.n ci.iinU' que

Autre, tout autre, tout autrement que, plutôt que, plus tôt que.

Tout autre que, etc.

On se yoit d'un autre œil gu'on7ic voit son prochain. (La Fontaine.)

Plutôt que.

Nous avons en France des tragédies estimées qui 8ont ;;/i<M< des conversations r/u'ellcs ne sont la re- I viréseuiailon d'un événement. (Voltaiub.)

Il Sfimb'.c qu'il y ait en nous plusieurs hommes, [iiiisquc souvent chacun de nous prnse et agit aujourd'hui tout autrement qn'û ne le faisait hier. (Cité par Noël.)

La joie de faire du bien est tout autrement douce que ne l'est celle de le recevoir. (/ci.)

On dompte la panthère />/a(^( ^u'on ne l'apprivoise. (BUFFON.)'

Chacun s'égare, et le moins imprudent

Est celui-là quip/us tôt se repent. (Voltaire.)

Apres les expressions autre, autrement, tout autre, tout autrement, plutôt que, plus tôt que, on exprime la négation ne dans la proposition subordonnée (1), à moins que la première proposition ne soit négative : N'agissez pas autrement que vous parlez; nous n'avons vas plus tôt fait une chose que nous en faisons une autre, etc.

EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE

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Tout autrement.

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Plu.i tût que.

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