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MOTS QUE LA CONJONCTION OU SERT A LIER

Ou ENTRE DES SUBSTANTIFS.

Souvent la isécligence ou l'infâme AVAniCE, Firent de tous les maux l'épouvantable hospice.

(Deluxe.) Sera-t-il Dieu, tadle ou cuvette ?

Il sera Dieu. (La Fontaine.)

Que m'importe, en effet, leur vie ou leur trépas !

(VOLTAIUE.)

Ou ENTRE DES ADJECTIFS ET DES PROPOSITIONS.

On peut être quelquefois plus fort ou plusnEC- HEUX que ses ennemis. (Massii.lon.)

Le cerf est d'un naturel assez simple; et cependant il est curieux et rusé : lorscpiON le siffle ou qu'oN l'appelle de loin, il s'arrête tout court el regarde Hèrement. (Buffon.)

Ou sert à lier des noms, des adjectifs ou des propositions.

11 faut éviter avec soin de joindre par la conjonction ou deux membres de phrase dont l'un exige la négative et l'autre ne l'exige pas. C'est donc à tort que Barthélémy a (lit : Des pays qui ont été ou point ou mal décrits , il devait dire : des pays qui n'ont point été décrits, ou qui l'ont été fort mal. La phrase suivante : Onxj trouve peu ou point d'eau douce est également fautive; il faut dire : on n'y trouve point d'eau douce ou dumoins on y en trouve fort peu.

Ne dites pas non plus : Je pardonne les taches qui proviennent ou de négligence, ou échappent à notre faible nature. Pour être exact et correct, vous devez choisir une des tn^'s phrases suivantes : Je pardonne les taches qui proviennent ou de négligence ou de la faiblesse de notre nature. — Je pardonne les taches qui ou proviennent de négligence, ou

( 829 ) échappent à noire faible nature. — Je pardonne les taches ov qui proviennent de négligence, ou que laisse échapper notre faible nature.

EXERCICE PnnASEOLOGIQUE.

Le lionlieur ou la vertu.

La peur ou le besoin.

Heureux ou maltieurcux.

Ln liomino que Ton liait ou que l'oD craint.

.^^^^ ]X° DCCXCVII. ^s)^N^^

Ow RÉPÉTÉ OU NON RÉPÉTÉ.

Ou NON RÉPÉTÉ.

Le roi, l'âne ou moi, nous mourrons.

(La Fontaine.) Ayez moins de frayeur ou moins de modestie.

(Racine.) Pour être protégé des grands, il faut flatter leur Biiibitioii ou leurs plaisirs.

(Bern. de Saint-Pierue.) Avec moi, de ce pas, venez vaincre ou mourir.

Scion que vous serez puissant ou misérable. Les jugements de cour voas feront blanc ounoir. (La Fontaine.)

Dans ces tristes jours

La retraite ou le trône était mon seul recours.*

(Voltaire.) L'instinct ou l'esprit des animaux varie; mais le sentiment est pareil dans toutes les races ; sous la peau de Tours, vous retrouvez le cœur de la colombe. (Chateaubriand.)

Ou RÉPÉTÉ.

Que l'amour soit ou non ou penchant ou vengeacce, La faiblesse des cœurs fait toute sa puissance.

(Ckébillon.)

Plui

de raison : il faut ou le perdre ou mourir.

(Racine.)

Ou mon amour se trompe, ou Zaïre aujourd'hui, Pour l'élever à soi. descendrait jusqu'à lui.

^Voltaire.)

Selon qu'il vous menace ou bien qu'il vous caresse, La cour autour de vous ou s'éloigne ou s'empresse.

■Racine.)

Messieurs, ou la maladie vous tuera, ou le médecin, ou bien ce sera la médecine. (JIolièiie.)

Ou n'écrivez rien de bon, ou les sots s'élèveront contre vous, ou bien contre vous les sots s'élèveront, ou les méchants vous dénigreront. (/rf.)

La conjonction ou peut, comme on voit, se répéter ou non se répéter. Cette répétition dépend uniquement du goût ou de l'énergie que l'on veut donner à la phrase.

EXERCICE PHRASEOLOGIQUE.

Le clieval ou Vâne.

Je veux vaincre ou mourir

Ou le cheval ou Tône Je veux ou vraincre ou i

-^3^.^ ]\- DCCXCVllL s?^— -

Ou AVEC 00 SANS de, lorsqu'il est précédé de qui, quel, lequel.

avec de.

Où vas-tu nous réduire, ;:mitié fialernclie? Amour, qui doit ici vaincre, de vous ou d'elle i'

(Corneille.) Nous t'avons élu pour nous dire qui a raison de moi ou de ma fille. (Molière.)

Nous verrons qui des deux emporte la balance, Ou de son artifice, ou de ma vigilance?

(Voltaire.) Elle doit épouser, non pas vous, non pas moi; Mais de vous ou de moi ([uiconque sera roi.

(CoilIMilLLE.)

SANS de.

Quel chemin le plus droit à la gloire nous guide, Ou la vaste science, ou la vertu solide?

(BOILEAU

Lequel vaut mieux, ou une ville superbe en or et en argent, avec une campagne négligée ou inculte, ou une campagne cultivée et fertile, avec une ville médiocre et modeste dans ses mœurs?

(FÉNELON

("ommençons à être amis, et voyons Iciiucl de nous deux sera de meilleure foi avec l'antre? Ou moi qui te laisse la vie, ou toi qui me la doras?

(La Harpe.)

Et nous vciroiisaussi qui faitiiiieux uu bia\ehomrne, Dii!: leçons d'Annibal ou de celles de Rome.

(C0K.>E1LLK.)

Lequel est le plus heureux dès ce monde, du sage avec sa raison, ou du dévot avec son délire?

(J.-J. UOL'SSEAU.)

Ils coinliattaient pour savoir de qui ils seraient esclaves, ou d'Octave, ou d'Antoine.

(Voltaire.)

Qui de toi ou de moi a le ])lus gagné ou le plus perdu à ce chanjemenl de position?

(La BiiuYÈRE.)

Qui des fidr )S ou des chevaliers méritent la préférence ? (CUATEAUBRIAND.)

Qui étaient les plus fous et les plus anciennement ibus de nous ov des Egyptiens ? (Voltaire.)

Dans les champs phrygiens les effeis feront foi Qui la chérit le plus ou d'Ulysse ov de moi.

(Racine.)

Dites-moi, de grâce, lequel /eus aimez le mieux, ou de ta loi Roscia, ov de cetl i chansonnette?

(BlNET.)

On ne savait, dans l'Kurope, qui on devait plaindre davanlage, ou mm jeune prince accuse par son père et condamné à la mort par ceux qui devaient être un jour ses sujets, ou un père qui se croyait ohligé de sacrilier son propre fils au salut de son em|iire. (Voltaiise.)

Allez. On apprendra qui doit donr)er la loi ; Qui de nous est César, ou le pontife ou moi.

(Voltaire.)

Je demande qui a le plus de religion, ou le calomniateur qui persécute, ou le calomnié qui pardonne? [Id.)

Qui est plus criminel, à votre avis, ou celui qui achète un argent dont il a besoin, ou bien celui qui vole un argent dont il n'a que faire? (Molière) Que loûrai-je le plus, ou la cadence juste. Ou de SCS vers aisés le .'our harmonieux?

(Chaulieu.)

Lequel dos deux a tort, ou celui qui cesse d'aimer, ou ce/(«' qui cesse de plaire? (Marmontel.)

On ne savait ce qu'il fallait le plus admirer dans l'auteur (Champfort), ou son génie, ou son âme.

(La Uarpe.) Qui des deux est plus fou, le prodigue ou l'avare f

(Regnard.)

Qui est le plus coupable, ou celui qui prêche toujours la vérité, ou celui qui résiste toujours a la vérité? (Racine.)

Quand les mots qui, quel, lequel, etc., accompagnent la conjonction ou, doit-on exprimer ou supprimer la préposition de devant les noms ou pronoms unis par cette conjonction? L'usage, comme on peut s'en convaincre par nos citations, est encore partagé, et permet de dire également : Lequel des deux fut le plus intrépide, de César ou d'Alexandi'e, on bien '. lequel des deux fut le plus intrépide. César ou Alkxandre?

Dans le premier cas, dit Lemare, lequel des deux fut le plus intrépide, de César ou d' Alexandre , peut facilement s'expliquer ; de est le complément de lequel, lequel de César, lequel d'Alexandre.

Lemare se trompe; de, dans la phrase qu'il cite, n'est pas le complément de lequel, puisque ce dernier a déjà pour complément des deux, mots dont Lemare ne parle pas dans son analyse, tant il est habitué à supprimer les mots qui pourraient l'embarrasser,

Domergue et Boinvilliers pensent que dans cette phrase il y a trois propositions :

i" Lrqiiel des deux fut le plus intrépide? 2" César fut-il plus intrépide qu'Alexandre? 3" Alexandre fut-il plus intrépide que César? et que par conséquent les mots César it Alexandre, remplissant chacun la l'onclion de sujets, ne sauraient être précédés d'une préposition.

Où ces messieurs ont-ils donc vu que des mots employés comme sujets ne pouvaionl pas être précédés d'une préposition ? Ne dit-on pas à chaque instant : Des hommes m'ont dit, des voyageurs m'ont raconté telle chose? Mais, objecteront-ils, dans ces expressions, des est employé d'une manière elliptique. Eh 1 qui leur dit qu'il n'en est \)i\s iemcme dans lequel des deux. .. de César ou -D'Alexandre? En elTet, si, au lieu de vouloir à toute force et contre toute raison transformer en sujets ces deux derniers mots, César et Alexandre, ils les eussent envisagés tels qu'ils sont, c'est-à-dire comme complément de la préposition de, ils auraient vu que cette phrase est un abrégé de la suivante: [Vous dormant à choisir entre la personne) de César ou [celle] d'Alexandre, [je vous demande) lequel des deux fui le plus intrépide; ou bien [je demande, en

( bol ) fartani) dk César ou d'Alexandre, leolel des deux eut le plus intrefidk. Parmi les nombreux exemples que nous avons cités , on a dû remarquer les doux suivants :

Diics-moi, de grâce, lequel vous aiiiiez-mieux, ou ] Lequel vaul mieux, ou une ville superbe, ou uur de la loi Roscia, ou de cette chansonnette ? 1 campaijne cultivée et ferlile? (1''é>elon )

(BlKET.; I ''

Observez qu'il s'agit de deux objets féminins, et que néanmoins lequel est au masculin.

Lorsqu'il y a comparaison entre des objets similaires, lequel, laquelle, lesquels, lesquelles prennent le fjenre et le nombre de l'un ou de plusieurs de ces objets qu'ils modilicnt. Laquelle aimez-vous des trois cousines? Laquelle voulez-vous de ces deux poires? De tous ces fruits, lesquels préférez-vous? mais si les objets sont dissemblables, ils se trouvent nécessairement séparés dans la pensée. L'adjectif déterminalif n'en modifie aucun, car ce ne sont plus les substantifs que l'on compare entre eux, mais la chose que l'on dit, et qui, n'ayant aucun genre déterminé, prend le neutre en latin, et en français le masculin qui en tient lieu. Ainsi on ne peut établir de terme decon.paraison entre une loi et une chansonnette, il n'y a point là d'analogie. Le traducteur a donc eu raison d'écrire : dites lequel vous aimez le mieux; lequel objet, do la loi ou d? la chansonnette, et non laquelle

EXERCICE PHRÂSÉOLOGIQUE.

Lequel des deux, de von» ou de volrc flr*:r Laquelle des deux, de vous ou du voue 6u

f>ei^iit'i des doux, vous ou votre frère? Lat^uelledes deux, vous, ou votre sorur?

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