MAIS
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Mais RÉPÈTE ou NON repété.
Mais encore, mais enfin, que dites-vous de cela?
JWâis qu'avez-vous fait, qu'avez-voiis dit?
(La Même.)
Du marbre, de l'airain, qu'un vain luxe prodigue, Des ornements de l'art, î'œil bientôt se fatif;ue; 3Iuis les bois, mais les eaux, jnais les ombrages Tout ce luxe innocent ne fatigue jamais. [Irais,
(Delille.)
Mais peut ou non se répéter, ia répétition ajoute beaucoup d'énergie à la phrase. EXERCICE PHRÂSÉOLOGIQUE.
ftlnis sou pcic, sa m'M-e, sa sieur, il u'y ^(cnse donc |)Iu»? Mrtis qu'a-l-il dit, qu'a-t-il fail?
M.iis son jicre, niais sa uicrc, mais sa sœur, il n'y pcose donc jji,/ lVlaisi|u'a-t-il dit, mais qu'a-t-il fait?
RÉPÉTITION ou SUPPRESSION DU VERBE APRÈS matS.
RÉPÉTITION DU VEUBK.
Les convenances de la nature ne sont pas celles d'un Sybarite ; mais elles sont celles du genre bumain et d» tous les êtres.
^LeuA DE SAliM-PlERUE.)
SUPPRESSION DU VERBB.
Les richesses engendrent le faste et la mollesse (jui >E sonl point des enfants bâtards, niais leur vraies cl légitimes productions. (Uoileau.)
On Iroiivc des moyens pour fiuérir de la folie; .MAIS 011 n'en trouve ^)as pour ledresser un es|Hil de travers. c Vauvknauguks.)
On aime à deviner les autres, mais on n'aime pas il être deviné. [Id.)
Le.s faraudes passions sont aussi rares que les farauds liomines. On est occupé, intéressé; mais on n'est pas amoureux. (Meii.uan.)
Il manque bien des choses à l'indigence; mais tout manque à l'avarice. (Trad. de 1'. Svuus.)
11 faut regarder son bien comme son esclave ; mais i! ru faut pas perdre son esclave. (.MoiNïEsguiEU.)
Le ccL'ur suffit pour savoir; mais il ne suffit pas pour Siivoir choisir. (Dict. de Maximes.)
Ou donne des conseils: mais on ne donne pas la s.i[^'c.>sc d'en proliler. (La RocuEroLCAULD.)
l\ est aisé de critiquer un auteur; mais il est dif- (Icile de l'apprécier. ^Vauvenargl'es.)
Il est bon de se lier aux hommes; mais il est encore meilleur de s'en délier.
(Dict. de Maximes.)
Le premier de nos devoirs est d'être homme; mais !e second est d'être citoyen. (Labouisse.)
On excuse souvent ceux qui sont avares de leur esprit; mais on n'excuse jamais ceux qui en sont prodigues. (Dict. de Maximes.)
Il faut, en quelque sorte, respecter les fautes des grands hommes; mais il ne faut jias les imiter.
(La Roche.)
La nature a dit à la femme : Sois belle si tu peux, sage si tu veux; mais sois considérée, il le faut. (Reaumarcuais.)
C'est un parti sage à la guerre de se tenir sur la défensive; mais ce n'est pas le plus brillant.
(La Uocue.)
Le flanibeau de la critiijue nr doit pas brûler, mais éclairer. (Favaiît.)
Curius, a qui les Samnitcs offraient de l'or, répimdit (]ue son plaisir ^'l■;rA^r jias d'en avoir, mais (le commander a ceux (jui en avaient.
(Bossukt.)
Quand on a besoin des hommes, il faut bien s'ajuster à eux; et puisqu'on ne saurait les gagner que par les louanges, ce n'est pas la faute de ceux qui flattent, mais de ceux ([ui veulent être flattés.
(Molièhe.)
Ce n'est pas le mot d'inquisition qui nous fait peur, mais la cho.>-e môme. (Pascal.)
Cliaiielain , ("otin, l'radon, Coron, ne sont pas des noms de femmes, mais de poètes.
(ÂKNAUn.)
Les ministres ne devaient pas agir pour eux-inc mes, mais pour le prince qui était leur chef, et pour tout le corps de l'Etat. (Id.)
Les satires de Rousseau (J.-R.) n'étaient pas, comme celles de Roileau , de mauvais ouvrages, mais des injures personnelles et atroces.
(Voi.TAinE.)
Il n'est pas dans l'esprit humain de se mettre à la place des gens qui sont (dus heureux, mais seulement de ceux qui sont plus à plaindre.
(J.-J. ROCSSEAU.)
Le caprice des enfants n'c.-t jamais l'ouvrage de la nature, mais d'une mauvaise discipline. (Id.)
Le premier de tous les biens n'est pas dans l'au lorHé, mais dans la liberté. (/ti.)
Nous ne sommes point les esclaves du prince, mais ses amis; ni les tyrans du peuple, «tais .-es (hefs. {Id.)
II ne doit jioint (le roi'i avoir plus de richesses et de plaisirs, mais plus de sage.-^se, de vertu et de gloire que le reste des hommes. (FÉi\'ei,on.)
L'harmonie ne frappe pas simidemeni l'oreille, mais l'esprit. (Rossuet.)
Ce ne sont pas les médecins qu'il joue, mais le ridicule de la médecine. • (Molière.)
Le gibier du lion ce ne sont pas moineaux, D/ais beaux et bons sangliers, daims et cerfs bons (La Fontaine.) [et beaux.
Rome n'était pas proprement une monaichie ou une républi(jue, mais la tête d'un corps formé de tous les peuples du monde. (Moistesql'ieu.)
Ces citations suffisent sans doute pour faire sentir le peu d'exactitude de la règle donnée par les grammairiens sur l'emploi de tnais, et par laquelle ils veulent que toutes les Ibis que le premier membre d'une phrase est affirmatif et le seond négatif, et réciproquement, le verbe se répète après 7nais.
Celte règle, qui néct ssilerait snnvent des répétitions fastidieuses et entraverait l;i marche du style, est contraire à l'usage de nos grands écrivains, qui ont répété, seU)ii leur goût, ou supprimé le verbe après mais.
Avec la règle des grammairiens, on aurait : IVtnis ne sommes foint les esclaves du prince, mais nous sommes ses »m/,s; ru' les tip-ans du peuple, mais nous soînmes ses chefs: et l'on réunirait les grftces du Rudiment aux charmes de la Syntaxe.
EXERCICE PBRASEOLOGIQVE.
Je ne tai ^a» vu ; mais je l'ai cntcnau.
Je ne \'it\ |ia!i ui, mais seulement cn«rn««
ou QUE.
Ne dis donc pas : Que m'importe où que tu sois? | Où que vous soyez, vous êtes mort pour moJ
(J.-J. ROUSSEAD.) I (J..J, ROUSSEAD.)
Jean-Jacques a enrichi la langue de cette expression concise, qui a le même sens qac sn quelque lieu que vous soyez. Plusieurs grammairiens l'ont attaquée, parce qu'ils ne l'ont pas comprise. Ils ont prétendu que, le mot où équivalant à en quel lieu, cette expression signifierait : en quel lieu que vous soyez, ce qui est contraire à l'usage. Mais où n'équivaut pas du tout à en quel lieu ; où est un mot qui suppose toujours un antécédent Cl qui, par conséquent, doit se traduire par dans lequel. En effet, le lieu où vous êtes • le siècle où nous vivons, c'est la môme chose que le lieu d.\ns lequel vous êtes, le siècle dans LEQUEL nous vivons. Quek[uefois l'usage permet de sous-entendre l'antécédent de où comme quand on dit: où ctes-^ous? où allez-vous? Mais il faut de toute nécessité rétablir cet antécédent pour l'intégrité logique de la phrase. Ces locutions sont donc des abrégés de: dites-moi le lieu où, dans lequel vous êtes; dites-moi l'endroit où DANS leqtel vous allcz.
Où que vous soyez, comme on le voit évidemment, est une expression elliptique, qui analysée, revient à celle-ci: (Dans tous les lieux) oii (le sort veut) que wws soyez.
La Société grammaticale a décidé que cette locution n'est plus usitée. Quant à nous nous ignorons si elle a jamais été employée par d'autres écrivains que Rousseau; mais ce que nous pouvons assiirer, c'est qu'elle est empruntée de la langue italienne, et qu'elle a pour elle le mérite de la clarté et de la concision. L'analyse, d'ailleurs, suffit pour la justifier.
Comme que, dans cette façon de parler empruntée encore de J.-J. Rousseau : comme QUE je fasse, ilm'em.poisonnera, signifie quelque chose que je fasse, et s'analyse par : (ainsi) comme (le sort voudra) que je fasse.
EXERCICE PHRÂSÉOLOGIQUE.
lue TOUS sovej.
Ou ija'il loit.