‹ Grammaire nationaleChapitre 615 sur 643 · SI · texte numérisé non relu

SI

Nul empire n'est sûr, »'il n'a l'amour pour base

(VlLLEFRÉ.)

Si la vie et la mort de Socrate sont d'un sage, la vie et la mort de Jésus sont d'un Dieu.

(J.-J. ROCSSBAD.)

La conjonction si peut, comme on le voit, se placer au premier ou au second membre d'une période.

Et n'étais que je vois que c'est à bonne fin, Que tout cela ne tend qu'au maiiage enfin. Vous me verriez toujours résolu de me taire.

(Regnaud.)

Et n'eût été Léonce en la dernière guerre, Ce dessein avec lui serait tombé parterre.

(Corneille./

Il n'est plus permis, observe Voltaire, de dire : n'eût été, n'était , au lieu de : Si ce neûîété, sice n'était; ces expressions sont bannies aujourd'hui, même du style familier.

EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE.

Si j« Tavaii m^ je Tauraii

Je TaurâtA. . . it je Taraîa th.

( SiO ]

QUE

EMPLOI DE que APRÈS UNE CONJONCTION PRÉCÉDEMMENT ÉNONCÉE.

CONJO^CTIONS RÉPÉTÉES.

St les hommes étaient sages, et s'ils suivaient les lumières de la raison, ils sYpargneraient bien des chagrins. (Cité par Uonifack.)

Comme leurs pertes sont irréparables, leur tristesse est sans borne, et comme ils n'ont point d'espérance, ils n'ont pas aussi de consolation.

(Flécuiek.)

Qu'il meure, puisque enfin il a dû le prévoir, Et puisqu'il m'a forcée enfin à le vouloir.

(Uaciise.)

Quel progrès ne fait-on pas dans l'étude, quand on soutient de longues veilles par la sanlé et par la constanee, quand, outre ses propres lumières, on a le conseil et la conunanicalion des grands hommes, et quand on joint à l'assiduité du travail la facilité du génie! (Fléchier.)

On est presque également difficile à contenter quand on a beaucoup d'amour et quand on n'en a guère. iVauvenargues.)

L'àmc se dépouille de ce qu'il y a en elle de terrestre : telles sont les grâces qu'on trouve à la mort; mais c'est quandon l'a méditée, et quand on s'y est longtemps préparé par de bonnes œuvres.

(UOSSUET.)

REMPLACEES PAR que.

Si Voltaire eût égnloment soigné toutes le» par ties de son style, et qu"\\ eût plus tendu a bi perfection qu'il la fécondité, il serait incontestablement le premier de nos poètes.

(Palissot.) Comme l'ambition n'a pas de frein, et que la soif des richesses nous consume tous, il en résulte que le bonheur fuit à mesure que nous le cherchons. (Tu, Corneille.) Puisqu'on plaide, et r/u'on meurt, et qu'on devient 11 faut des médecins, il faut des avociits. [malade, (La l''o.>rAi.NE.) A quoi vous servira d'avoir de l'esprit, si vous ne l'employez pas,et(/ue vous ne vous appliquiez pas?

(BoSsLET.)

Neptune, quand il élève son trident, et 7u'il menace les Ilots soulevés, n'apaise [joint plus soudainement les Ilots. iFÉNELON.)

Ainsi de ces héros que nos histoires louent Vous descendez en vain, /ors7«'iis vous désavouent, Et que ce qu'ils ont fait et d'illustre ei de grand N'a pu de voire cœur leur être un sûr garant. (Tu. Corbeille.) Quand on ne cherche qu'à faire du bien aux hommes, et qu'on n'offense point le ciel, on ne redoute rien, ni peL\dant la yie, ni à la mort.

(Voltaire.)

Lorsqu'il y a dans une phrase deux verbes régis par les conjonctions quand, comme, si, j)uisque, quoique, lorsque, etc., on met que devant le second, ou bien l'on répète ces conjonctions. Nos citations le prouvent.

Si vous parlez, et que vous vouliez me jprendre avec vaus. Ce tour, disent les grammairiens, vaut mieux que si vous partiez, et si vous vouliez me prendre avec vous.

Cette règle n'est pas tout-à-fait exacte : on répète le si, ou on met le que, suivant les cas. Lorsqu'il n'y a pas de liaison entre les deux propositions, il faut répéter si; lorsqu'il y en a, il faut mettre la conjonction que, qui alors marque cette liaison. On dira donc fort bien : Si voits gagnez votre procès, ET si vous allez dans votre paySf si Ton ne veut pas marquer une liaison de conséquence entre ces deux propositions. Mais on dira: SI VOUS gagnez votre procès, et que vous vous trouviez dans une situation avantageuse ; 1 arec que l'on marque par là la liaison qu'il y a entre les deux propositions, et que l'on (1( it considérer l'une comme une suite de l'autre.

Les giammairiens, qui ne se sont jamais donné la peine de rien analyser, ont avance que, dans les phrases de la seconde colonne et autres semblables, la conjonction que est enq)loyée pour si, quand, lorsque. Cette opinion est tout-à-fail erronée; et il n'y a fiucune espèce d'analogie, ni pourl'ortliographe, ni pour le sens, entre sf, quand, comme ouque. Les phrases de la seconde colonne sont elliptiques. Si vous plaidez vous-même ET ui^''"- vous alliez le lendemain.. . Quand on a souffert ou Qu'on craint de soujj'rir... sont

des abrégés de : Si vous plaidez vous-inê me, et (s'il arrive) OCE vous alliez le le?} demain... Qt'AND on a souffert, ou (qi;and il arrive] Qu'on craint de souffrir...

Cctic analyse nous dôniontre jusqu'à l'évidence, non pas que le mot que remplace ici îes conjonctions si et quand, comme le disent à tort les grammairiens, mais que ces deux dernières conjonctions sont sous-entendues devant que.

Lemare, en analysant si vous plaidez vous-même et que vous alliez h lendemain... quand on a souffert ou Qu'on craint de souffrir, par si vous plaidez, et supposé que vous alliez le lendemain.. . Quand on a souffert ou dans le temps dans lequel on craint de souffrir, au lieu de réfuter les grammairiens, comme il le prétend, leur a donné gain de cause; cslv supposé que équivaut sans nul doute à si; et dans le temps dans lequel a tout-à-fait le sens de quand.

Si Lemare avait vu l'ellipse du second si ou du second quand, il n'aurait pas cherché à donner à que la valeur de ces deux conjonctions.

Ceci suffit pour faire comprendre que l'analyse est un instrument qui, entre des mains habiles, aplanit tous les obstacles que l'on rencontre sur son passage, mais qui, entre des mains inexpérimentées, peut creuser des précipices incommensurables.

EXERCICE PriRASÉOLOGIQUE.

Si vous le voyez, et que. . . Si vous le voyez, et si. . .

Quanil vous sciez heureux, et (jue... Quand vous screi licunui, et quand...

Lorsqu'il sera ^rand, ei que. . . Lorsqu'il sera gri.nj, cl lorsqu'il...

-^^^^^ K° DCCCXII. o^—

Que, EMPLOYÉ, DiT-o.v, POUR avaut que, après que, m place de, puisque, afin que, depuis que, et cependant, pourquoi, à quoi, si ce n'est, etc., etc.

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