PREMIÈRE EXCEPTION A L.V RÈGLE PRECEDENTE
Les pyramides de l'Egypte s'en vont en poudre, et les graminées du temps des Pharaons subsistent encore. (Bernardln ue St-1'ierre.)
Dans le lîeuxième livre des Géorgiques , le poète salue l'Italie, mère des héros , l'Italie qui a porté dans son sein les Décius , les Camillcs , les Marius , les infatigables Scipions et César-Auguste , le plus grand des Romains. (Tissot.)
La Seine a ses Bourbons ^ le Tibre a ses Césars.
(BOILKAU.)
Enfin , pour sa clémence extrême , Buvons au plus grand des Ilcnris ; •A ce Roi qui sut , par lui-même , Conquérir son trône et Paris. (Bérangkr.)
Les deux Gracques, en flattant le peuple, commencèrent les divisions qui ne finirent qu'avec la république. (IJOSSUET.)
France , du milieu des alarmes ,
La noble fille des Stuarts ,
Comme en ce jour qui voit ses larmes
Vers loi tournera ses rcijards. (Béranger.)
Ma gloire a disparu comme une ombre légère ;
Autour de moi je vois épars Les antiques débris du trône des Césars ,
Ensevelis dans la poussière.
(Cas. Dklavig.ne.)
Tels étaient ces ù'A umonts^ ces grands Montmorencys, Ces Créquis si vantés renaissants dans leurs fils.
(Voltaire.)
Ces braves chevaliers, les Givris , les d'Aumonls , Les grands M(in(morencijs , les Sancis , les CrillonSj Lui jurent de le suivre aux deux bouts de la terre.
Des Guises cependant le rapide bonheur Sur son abaissement cleviiit leur crandcur.
(Id.)
Dis-lui que l'amitié , l'alliance et l'amour Ni' peuvent cmpccher que les trois Curiaccs Ne servent leur pays contre les trois Iloraces.
(Corneille.)
Quoique le substantif propie ne doive point varier, on écrit cependant, avec le signe de la pluralité, les Césars, les Gracqnes, les Iloraces, les Scipions, les Sluarts , les Guises, les Condcs, les Bourbons, et quelques autres, soit à l'imitation des Latins, qui, dans tous les cas, employaient le pluriel, soit parce que la plupart de ces mots sont plutôt des titres, des surnoms que des noms; plusieurs même ne sont plus des noms individuels, car ils désignent certaines classes d'individus, certaines familles.
DEUXIEME EXCEPIION.
M. Adry n'hésite pas à qualiflcr de faux Elzdvirs Us Mémoires de la Rochefoucauld, Amsterdam, 1CG5.
(BlOG. UNIVERSELLE.)
Les premiers Pline.s que possède la bibliolhèque du Roi , sont d'une conservation parfaite.
(Valéry.)
D'innombrables pieds carrés ( à la bibliothèque de Rouen ) sont tapisses de Lahires et de Jouvenets que l'on paraît estimer, plutôt parleur dimension que par leur mérite. (Crapelet.)
A la vente de M. B*'* il y avait deux Raphaëli d'une rare beauté. (Valérie.)
On écrit des Elzévirs, des Plines, des Lahires, des Jouvenets, etc., pour des éditions ù'Elzévir, de Pline, de Lahire, de Jouvenet, etc. On écrit de môme des Rnphaëls, des Poussins, des Petitots, des CalLots, etc. , pour des tableaux de Raphaël, de Poussin, des gravures de Callot, etc. Le fréquent usage que l'on fait de ces noms propres les a rendus communs; c'est ainsi qu'on dit des calepins, des barèmes, des spencers, des quinquets , descarcets, des charloHes , etc. Ces noms doivent donc prendre, en pareille circonstance, le signe du pluriel (1).
N" XLViï.