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DU NO»IVRE DANS LES NOMS COMPOSES

DEUX NOMS RÉUNIS PAR UN TIRET , COMME chef-lieu.

1" SÉRIB. — SINGULIER.

Tous deux , pour électeurs , furent choisis d'emblée ; Et satisfaits d'eux-mêmes , ainsi que du scrutin , Pour se rendre au chef-lieu se mirent en chemin.

(Andrieux.)

La fleur de la reine-marguerite est très belle , et fait , en automne , le principal ornement des jardins.

(Académie.)

Le martinr-pêcheur , qui vole le long des rivières , est à la fois couleur de musc et glace d azur.

(Bernardin de St-Pierrb.)

Dans le temps que le pigeon-paon étale sa queue , il agite fièrement et. «îonstamment sa tête et son cou.

(Buffon.)

Une feuille suffit au nid de V oiseau-mouche.

Buffon avait un singe , un grave orang-outang ,

Qui de valet faisait l'office , Et quij sur ses deux pieds sans peine se tenant , Vvait la taille et le flegme d'un Suisse.

(Lemontky.)

11 faut encore savoir gré à la convention , à demi régénérée par la journée de thermidor, d'avoir organisé des écoles centrales dans tous les chefs-lieux de la république. ' (Millot.)

Les, reines-marguerites , et les asters, le 'souci, les soleils et les poires de terre portent tous des fleurs radiées. (J.-J. Rousseau.)

Les martins-pêcheurs et une foule d'oiseaux riverains embellissent, par l'émail de leurs couleurs ^ les boids des fleuves de l'Asie et de l'Afrique.

(Bernardin de St-Pierre.)

Les pigeons polonais sont plus gros que les pigeonspaons. (Buffon.)

C'est dans les contrées les plus chaudes du Nouveau-Monde que se trouvent toutes les espèces d'oiseaux-mouches. [Id.)

Les orangs-outangs sont extrêmement sauvages ; mais il paraît qu'ils sont peu méchants , et qu'Us parviennent assez promptement à entendre ce qu'on leur commande. iBuiTon.)

(1) Dans sa traduction du Voyage bibliographique en France, de Dibdin, M. Crapelet a donc eu tort d'écrire

* jur un C07ïnnisseur , le premier aspect de la seconde pièce de la Jiibliothèqiie du Uoi, oii se trouvent lei

éditions princeps, est véritablement magique Voilà le premier Homère .'... que le couteau du relieur n'A

jamais toxiché... Un peu au-dessus des Virgile, des Ovide, des Vlise et . par-dessus tout , des Bibles.'

II fallait (les Virgiles , des Oi-ides, des Plines. En laissant ces noms au sini^ulier, M. Crapelet est tombé en contradiction avec lui-même , puisque , quelques lignes auparavant , il avait écrit : des Lahires, des Jouvenets.

Un jeune coq-faisan a été renfermé avec de jeunes poules dont le plumage approchait de celui de la faisane. J'i-)

Le mariw-pêcheur agite rapidement ses ailes d'azur pour fasciner sa proie. (Chateaubria:<d.)

Le faucon-pèlerin ne mue qu'au mois d'août.

[Id.)

Les coqs-faisans sont moins ardents que les co?3

ordinaires. [Id.)

La pintade au plumage maillé , les paons , les canards, les marlins-pêcheurs , et une foule d'autres oiseaux riverains , cnihellissent , par l'émail de leurs couleurs, les bords des fleuves de l'Asie et de l'Afrique. (Bermardi.n de St-Pierrk.)

Les lieux où l'on prend le plus de faucons-péleriri^ sont non seulement les côtes de Barbarie , mais toutes les îles de la Méditerranée. {Id.)

Deux siibslaïuifs formant un nom composé, sont variables tous deux, comme on peut s'en convaincre par les exemples que nous venons de rapporter. Un chef-lieu, des chefs-lieux; une reine-marguerite , des reines-marguerites, etc.

EXERCICE PHRASÉOLOGIQIE.

On aigle-pécheur.

Dn cfaîen-Ioup Un cLien lion.

?Jn crittal-lopaie.

Une danie-jeanne Une fourmi-lion.

Un garde-bcis i).

Un laurier-rose.

Cn jardin-pépinière.

Va lieutenaiil.foloneL Un maltre-autel.

Un messire-jean. Poir».

Des Des Des Des Des Des Des Tes Des Des Des Des

PLUBIEL.

aigles-pSrheurs chiens-loups, chiens lions, cristaux topnz^s.

dames. j eatmes fourmis-lions, gardes- bois, laupers-r ses jardin- pépinières.

lieutenanU-colonels. maîtres-autels, messires-jeani.

SINGUMEE.

Une borne-fontaine.

Un chou D ïet.

Un ballon-navire.

Un garde-magasin.

Une gomme-r' sine.

Une gouUecrampe.

Une gomme-laque.

Un prêtre-cardinal.

Un poisson femme.

Une reine-Claude. (Prune^ Un sabre-poignard.

Un taupe grillon. ^Insecte

PLUBIEL Des bornes-fontaines, les choui-naTets.

Des ballons-navires Des gardes niapasins.

Des gunimes résines Des gouttes-crantpeâ Tes gommes-laques.

Des pritres-cardiuaui.

Ces poissons femmes.

Des reines- CKudes.

Des sâbres-poignardj.

Des taupes grillons.

EXCEPTIONS

1" SÉRI2. — SI.NGULIER.

Le marquis de X... s'étant éveillé pendant la nuit , et entendant chanter le rossignol, ût venir son gardechasse, et lui ordonna d'aller tuer cette vilaine béte.

(de Jouy.)

Puis-je ouLlicr l'œillet de la vallée ,

Le bouton-d'or , la pale giroflée.

Le chèvre-feuille à l'odeur parfumée?

(Brugnot.)

Les jcax politiques sont l'inverse du colin-maillard. (BOISTK.)

Dans l'ile de Caycnne, on appelle bonjour-commandeur une espace de bruant qui a coutume de chanter au point du jour , et que les colons sont à portée d'entendre, parce qu'il vit autour des maisons.

(BUFFOS.)

Le bec-figues qui , comme l'ortolan , fait les délices de nos tables , n'est pas aussi beau qu'il est bon.

Le porc-e'pics , quoique originaire des climats les puis chauds de l'Afrique et des Indes , peut vi^TC et se multiplier dans les pays moins chauds.

(BOFFON,)

Les sables de l'Afriqu-î , où nous n'avons pas de gardes-chasse , nous envoient des nuées de cailles et d'oiseaux de passage , qui traversent la mer au printemps pour couvrir nos tables en automne.

(Bernardi-n de St-Pierre.)

La fameuse madone Chekka , dans l'ile de Chypre , e«t Mtuce dans un canton délicieux. Des chèvrefeuilles , des roses , et quantité d'arbrisseaux d'une odeur aromatique , parfument l'air des environs. [L'af.eé de la Porte.)

Nous courons, cn colin-maillard , après le plaisir, et , lorsqu'après l'avoir smsi , nous ôtons le bandeau , ce n'est plus ce que nous avons pensé.

(BOISTE

Les bonjour-commandeurs ont le cri aigu de nos moineaux de France ; ils sont le plus souvent à terre comme les bruants , et presque toujours deux à deux.

(BUFFOiN.)

Les bec-figues arrivent en Lorraine cn avril , et eo partent au mois d'août, même quelquefois plus lot.

Nous avons vu des porcs-epics vivants , et janiaia nous ne les avons vus , quoique violemment excites , darder leurs piquants. C^^-)

(1) Le mol gari.. signiGant gardien, est substantif et doit prendre ,a martjue du pluriel : de, e<"^';j>^i^^ ^^es garii.n.é.. toù ; mais T.! re-

présenteun être inonimé . un objet, on Is considère alors conime armoires où I'od gird* h :>ienger.

VkTZflr .Vusrqueu.: fldemeure' invariable . des j.ri^na-,^ . de.

L'usage (les bainx-marie date de la plus haute antiquité ; c'est , dit-on , la propliètesse Marie qui en fut l'invenlrice. (....)

On appelle distillation au baitumarie (1), celle qui SI fait en mettant dans un vaisseau plein d'eau chaude, qui est sur le feu, le vase où sont les matières que l'on veut distiller. (Académie.)

Ces exemples présentent quelques diffîcullés que nous ne pouvons résoudre par des règles générales; car l'accord des substantifs composés qui fixent noire allcnlion en (C moment, dépend des vues de l'esprit. Nous allons donc avoir recours à la décomposition de ces substantifs, et de quelques autres semblables, pour déterminer, d'une manière positive, sur lequel des deux mots repose l'idée du singulier ou du pluriel.

Un garde-chasse : Un garde (ou gardien } qui veille sur la chasse.

l'n garde-marine : C'est-à-dire un garde de la marine.

Un garde-vaisselle : Signifie un garde {ou gardien) de la vaisselle du roi.

Un appui-main : Un appui pour la main.

Un chèvre-feuille : Un arbrisseau dont la feuille grimpe comme la chèvre.

Un colin-maillard : Un jeîi ofi Colin, les yeux l)andés , cherche ;\ attraper Maillard.

Un bec-figues : Un oiseau dont le bec pique les figues.

Un chèvre-pieds : Un animal fauve ou satyre , qui a des pieds de chèvre.

Un brèche-dents : Une personne qui a une brèche dans les dents.

l'n garde-malades : Un garde (ou gardien) de malades.

Des gardes-chasse : Des gardes ( ou gardiens ) qui veillent sur la chasse.

Des gardes-marine : C'est pour des gardes de la marine.

Des gardes-vaisselle : Pour des gardes (ou gardiens de la vaisselle du roi.

Des appuis-main : Des appuis pour la main.

Dei chèvre-feuilles ; Des arbrisseaux dont les feuilles grimpent comme la chèvre.

Des colm-maillard : Des jeux où Colin, les yeux bandes , cherche à attraper Maillard.

Des bec-figues ; Des oiseaux do4it le bec pique les figues.

Des chèvre-pieds : Des animaux fauves ou satyres, qui ont des pieds de chèvre.

Des brèche-dents : Des personnes qui ont chacune une brèche dans les dents.

Des gardes-malades : Des gardes (ou gardiens) de malades.

Un porc-épics : Un animal qui a le grognement Des porcs-épics : Des animaux qui ont le grognc-

du 2)orc et des épies ou piquants sur le corps. | ment des porcs et des épies ou piquants sur le corps.

D'après l'examen que nous venons de faire, on peut conclure : 1° Que, si l'idée du singulier repose sur l'un des deux substantifs, comme dans des G.vaDES-ciussE, des chèvre-feuilles, ou même sur les deux à la fois, comme dans colin-maillard, ces substantifs, quoique précédés de l'article pluriel, demeurent invariables.

2" Que, si l'idée de la pluralité se fixe sur le second substantif, ce substantif se met au pluriel, sans avoir égard ù l'article singulier qui le précède, et avec lequel il semble être en contradiction. — Exemple: un bec-figues, un chèvre-pieds, un brèclieients , etc.

(1) Quelques grammairiens pensent que Balncum Maris (bain de mer) est l'origine de bain-Marie; mais, comme il n'cxlEte aucune analogie entre ces deux expressions, il n'est pas prcsumable que l'usage se soit écarté à c« point de la vérité ; au surplus, quelle que soit l'étymologic de ce nom composé, le second suljstaiitlf se trouvant au singulier dans les deux versions qu'on hii attribue , on peut écrire avec certitude de? 6ai»if- Marie ; en effet l'idée du pluriel ne tombe que sur le mot bains.

SINGOMER. Ma tppui-iiiaiii.

Oa bee-n^uel Cn br*chc-deiiU.

Un bainmane.

Va colin-maillaril.

Vn cbèiie-rtinlia i Ub j»rde etass«

(H3) EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE

pLcniEu

Bel «ppuis-main.

Des b«c-figuf9 Dei brécbedentJ.

Del bainJ-ninrie.

Del colin-niaillard.

De« chèTre-feulllpJ.

Dei gardes-cbasse

8TNGCUFR, Un garde-marine.

Un garde maladev Une garde-mal.idti.

Un gards-faisMil»

Cn porc-épici.

Dn rfaifre-piedl.

Cn garde-scel.

PLURIEL Del (•rj«i-m(riDt.

Dei gardci-maladei.

Tel gardef-miladci.

Tel gtrdei f aiifeU*.

Tel porei-épict.

Tel chiire pi«4( Bel |irde->e«L

><»^^Q ]V° XLVIII. ^mm^^-^->^

UN ADJECTIF ET UN NOM RÉUNIS, COMME plaitl-ckant.

Ambroise , archevêque de Milan , fut, à ce que l'on dit, l'inventeur du plain-chant.

(J.-J. Rousseau.)

L'homme social vit plus pour l'avenir, que pour le présent ; pour l'amour-propre, que pour l'amour ; pour la puissance, que pour le bicn-etrc.

(Le comte de Ségur.)

Un secrétaire-général doit rester éternellement dans sa préfecture , comme un chef de division dans sou ministère , pour y conserver les traditions.

(Napoléon.)

Vous pouvez donner aux enfants le spectacle étonnant de l'électricité atmosphérique par un cerf-volant. (Bernardin de St-Pierre.)

En venté l'on prendrait ces lettres pour les sarcasmes d'un petil^maltre , plutôt que pour les relations d'un philosophe. (J.-J. Rousseau.)

Nous vîmes un poisson-volant.

(Bernardin de St-Pierre.)

Le yros-bec est un oiseau qui appartient à notre climat tempéré, depuis l'Espagne et l'Italie, jusqu'en Suède. i^BuffON.)

Une chauve-souris donna tête baissée Dans un nid de belette : et, sitôt qu'elle y fut, L'autre, envers les souris dès long-temps courroucée. Pour la dévorer accourut.

Du latin ! de mon temps du latin ! un gentilhomme en eût été déshonoré.

(Sai.nt-E V remont.)

Chacun , mêlant les souvenirs du passé aux joies présentes , croit rcconnaitre le vieillard dans le nouveau-né qui fait revivre sa mémoire.

(Le comte de Ségur.)

L'oiseau de basse-cour, comme l'oiseau du Pinde,

Doit, pour réussir ici- bas , Louer surtout les gens des vertus qu'ils n'ont pas.

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