GUINGUENÉ
Ce pédant ridicule, connu par sa fatuité et son ou- Ire-cuidance, était convaincu que son image cn tailledouce ferait un merveilleux effet au frontispisce des Hommes Illustres. (de Jouv.)
On peut dire qu'il n'y a rien de plus ridicule et d<> plus plat, que ces plains-chants accommodés à la moderne. (J.-J. Rousseau.)
Voltaire eut l'art funeste chez un peuple capricieux et aimable, de rendre l'incrédulité à la mode ; il enrôla tous les amours-propres dans cette ligue insensée. (Chateaubriand.)
On ne peut permettre que les secrétaires-généraux soient en même temps députés.
(Napoléon.)
Enfants, liâtez-vous de rassembler vos ballons, yo; volants et vos cerfs-volants.
(Bernardin de St-Pibrre.)
Les dames et les petit f -maîtres ont toujours révéré la mode et même enchéri sur elle.
(Voltair».)
Nous vîmes des poissons-volants.
(Bernardin de St-Pibrbk.)
Les loriots mangent la chair des cerises, et les grosbecs cassent les noyaux cl en mangent l'amande.
(BUFFON
Il est au Louvre un galetas , Où, dans un calme solitaire.
Les chauves-souris et les rats Viennent tenir leur cour plénière.
(Le marquis de Villetti.)
Autrefois on ne faisait étudier les gentils-hommes que pour être d'église , encore se contentfiient-ils le plus souvent du latin de leur bréviaire.
(Saint-Evrbmont.)
On dit que plusieurs sages-femmes, en pétrissant la tête des nouveaux-nés , hn donnent une forme plus convenable; et on le souffre!
(J.-J. Roussïap.)
Les civettes cherchent, comme les renards, à entrer dans les basses-cours pour emporter les volailles
(BurroN.J
Cliaiivcau , Nanleuil , Mculan , Audran , etc ., onl réussi dans les tailles-douces , et leurs estampes ornent, dans l'Europe, les cabinets de ceux qui ne peuvent avoir des gravures. (Voltaibc.)
'•' Ao)oiit4 bu; on ècril chitrifiuiU* eu un stui mol ; Vu tUitrt{'.u\Ut dti clttrifti
On reconnaîtra le chat-kuant d'abord à ses yeux bleuâtres , et ensuite à la beauté et à la variole distincte de son plumage, et enfin à son cri : hôholiôhô, par lequel il semble huer. (Buffon.)
Une femme bel-esprit (1) est le fléau de ses enfants, de son mari, de ses valets et de tout le monde. (J.-j. Rousseau.)
On ne trouve guère les chais-huanis allleors que dans les bois , en Bourgogne, ils sont bien plus communs que les hulottes ; ils se tiennent dans les aibres creux. (BcFïow.j
Point de ces gens, que Dieu confonde ,
De ces sots dont Paris abonde ,
Et qu'on y nomme beaux-esprits,
Vendeurs de fumée à tout prix.
(J.-J. ROUSSBAC.)
Le substantif et l'adjectif qui concourent ensemble à former un nom composé, sont susceptibles de prendre, l'un et l'autre, la marque du pluriel, comme nous venons de le voir : un plaln-chant, des plains-chants, etc.
EXERCICE PHRASÉOLOGJQVE.
BINGULIESL On ve-boutant.
Un arc-doubl<ia. Un b««-relief.
Une berie-fom Une baêie-lisse.
Un« baxe taille.
Coe batse-Toile.
Uu beau Gla.
tlo beau-frère.
Un bon Henri.
On bon-rbrétien.
Un bout-rimé.
Une courte-boUe.
Ud court-bouiUoD Jo cordon-bleu.
Un coiffe-jaune.
Un cbiche face.
Une courte paille.
Une courte-pointe Un cerf-f olaiit Ua» <*ouhlf-feui!!o Oo .^u-forte.
Vne fau68«-braie Un fr.«nc-8alé.
Une [olleencbèi e Un taus-fovant.
Un garde-cliampétre Un {>a--double.
Un f nrde-forestier.
Un giaiid maître.
Un garde-nationaL Un garde impérial.
PLITBIEL.
Del arcs-bflutanli.
Det arca-doubleaux.
Cea baireliefa.
l)es ba^ses-foaaes.
Beà basseâ-liaaes.
Dee basses taillev Des basaea-Toilea.
Cet beaus ûls.
Des beaui frères.
Des bonS'Henris Del bons-clirétieii3 Des bouls-rlmés. De ecurtes-bottea.
De courts-bouillons Des cordons bleus.
Des coiffes jaunes Des cliiilies faces.
Des courles-paîllca.
Des courtei-pointea Des cerfs volants.
Des doubles feuilles Des eaus fortes.
Des fausses-braies.
Des iVancs-salès.
Des follcs-euchèrea.
Dca faui-fuyants.
Dca çardea cbampêtrei Des gras doubles.
Des ghrdei forestiers.
Des fr.nds-mailrea.
Dca garies-nationauï.
Dea gardca impériaai.
Une < «ne-6Ue
Une belle mère.
Un beau-père.
Une belle-sdur.
Un blanc-bec.
Un parde-royal.
Une garde-nationale.
Une garde-impériale
Une garde-royale.
Un grand-oncle
Un gros texte.
Un baut bord.
Une haute-futaie.
Dne L,iute-paye
Une haute lice
Un loup-marin
Un pUl bord.
Une plate-bande.
Une plate-forme
Un petil-lait.
Une petite-maîtresse.
Un pont-neuf.
Un pied-poudreux.
Un pied-plat ou un plat-pieo.
Un pot-pourri.
Un rouge-gorge.
Un saifit-augustio.
Une aainle-barbe.
Un aauf-conduil.
Une aage-femme.
Un aènatus-coniclte.
Un ver-luisant.
PLURIEL
Dea belles-61les. Dea bellea-mèria.
Dea beaux-pèrei.
Dea bellea-sœura.
Des blancs-beca.
Des gardes royaui.
Dea gardes nationalec Dex gar<ie--impèriaUc Des g,irdes-royal('S Dea grands- oncles Des gros textes.
Des hauts bord?.
Dea baules-futaiei Dea bautea-payea.
Dea hautes lices.
Des loupa-marina.
Dea plala-bords Des plates-baodea.
Dca plates-fc-mef.
Des petits-laits.
Des petites-matlreuc*.
Des ponts- neufs.
Dea pieds-poudreux.
Dea pieds-plats.
Des pots-pourria.
Des rouges-gorge».
Dea Saints aupiatioa, Des- sai utes -barbea.
Des Sdufft-couduita.
Des sages-fenimes.
Dea senalus cousullet Des ters-luisanls.
EXCEPTIONS
1" SÉBIK. — SINGULIER.
f/elui qui a eu la facilité de livrer un blanc-seing, ne doit a'cn prendre qu'à lul-mèrae, si l'on en abuse.
(Mkrlin.)
Oq appelle bure , la partie supérieure du fourneau qui s'élève au-dessus du terre-plein.
Quand j'étais chevaux-légers de la reine , j'avais unt- tante chanoinesse , et efie voulait, parbleu ! nous lalrj beaucoup de bien. (Revue de Paris.)
. . .Vous êtes un sot, en trois lettres, mon fils. C'est mol qui tous le dis , qui suis votre grand'mère.
(iioLlÈRK.)
Des blanc-seings sont des armes perfides dans les mains d'un fripon. (A.noxyme.)
Les terre-pleins sont des terres rapportées entre deux murs; ils sont employés pour fortifier les villes de guerre. (Id.)
Le pape , ou plutôt Avignon , entretenait pour la garde du vice-consul et de la ville 60 chevaux-le'gcrs vêtus de rouge, et lOO hommes d'infanterie vêtus de bleu. (L'abbé de la Porte.)
Louis XII revendiquait le duché de Milan , parce qu'il comptait parmi ses grandruères une sœur d'uu Visconli; lequel avait eu cette principauté.
(>'0LTAIR8.)
(1) Dans un journal Intitulé la Mère de Famille, on trouve cette phrase singulière ; Molière, anatomiste et peintre moral, devait attaquer le pêdantisme des savants de son temps, et Jean-Jacques . philosopho sentimental, les prétentions des écriveusks BEL-ESPRIT du sien.
Nous gâtions les outils de mon bon vieux grandpère Bour faire des montres à son imitation.
(J.-J. HOUSSHAU.)
Les juments produisent des poulains qui ressemblent assez aux grancT-pèrcs. (BurFos.)
Pour rendre compte des motifs qui ont détermine l'orthographe des noms composés qu'on vient de lire, nous nous servirons du seul principe qui existe en grammaire, et par le moyen duquel on peut résoudre les plus grandes difficultés : c'est de r.unener les mots à leur état primitif; de les voir dans toute leur acception, dans toute leur valeur, soit en remontant à leur origine, soit en cherchant l'ellipse.
Un hlanc-scing : Un seing, ou signature sur papier blanc {i).
Un terre-plein : Un espace joJei'n de (erre.
Un chevaux-légers (2) .• Un cavalier du régiment des chevaux-légers.
Un cent-suisses : Un soldat du régiment des centsuisses.
Un courte-haleine : Un honijnc qui a Vhaleine courte.
Une douce-amère (plante) : En latin dulcair.a^a.
Une toute-bonne , une toute-saine : Une plante tout-à-fait bonne; une plante tout-à-fait saine.
Une toute-épice : Une plante qui a lout-à-fait le goût de Vépice.
Une grand^ante, une grand-mère : C'est par euphonie que raL)03trop!ie remplace Ve de grande dans grand'-tante , grand' -mère.
Des blanc-seings : J)q? seings , ou signatures sur papier bUinc.
Des terre-pleiris : Des espaces pleins de terre.
Des chevaux-légers : Des cavaliers du régiment des chevaux-légars.
Des cent-suisses : Des soldats du régiment des cent-suisses.
Des courte-haleine : Des hommes qui ont Vhaleine-courte.
Des douces-amèrcs : Le premier mot conseivc l'iavariabililé du latin dulc. Le second, venant d'«mara, varie.
Des toute-bonnes, des toute-saines : Des plantes tout-à-f;ut bonnes , des plantes tout-à-fait saines.
Des toute-épice : Des plantes qui ont tout-à-fait le goût de Vépice,
Des grand'-tantes , des grand'-mères : Sont des titres qui marquent les liens du sang.
EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE
On kUne-scing.
Go coarte-bileine.
On cheiam-lécer:.
Ou ceDt.«uis=ç9.
Uq« ilouce^mère.
Oa« graud l'hainbre.
One giand'-ii.cfss Cne graud'-iBère.
PLCRIKL.
Det bUno-aeingi.
D«c court<vlial«ine.
Des chetaui-légers.
Des cent-sabsM- Del dour9-am«r«s. Des era .d'cLaïubres.
Des grand'-messâs.
Des grdnd'-mcri:'!.
SIN'GDLIER.
Un grand-père.
Une grand'-rue.
One grand'-garde.
Une grjnd'-tadte.
Voa toute-boDiie.
Un Une-plein.
UDe toute-saine.
Une toute-éfic«.
PLCRlaL.
Des grand '-pères.
Des grand'-rues.
Des graud'.g.4rdr?.
Des grand'-tantes.
Des toute-bounei.
Del terre-pleins.
Des tout!S.saia£».
Des toiite-epicc.
(1) L'Académie écrit à tort des blancs-seings j l'analyse le prouve jusqu'à l'ôvidcnce.
(2) Cette ortiiographe est la seule que l'on doive adopter, parce qu'elle est en harmonie avec la pensée. Or. écrit bien des tête-à-tête, un essuie-mains , pourquoi n'écrirait-on pas un chevaux-légers , cela doit paraître aussi naturel à quiconque craint de clioquer la raison. Nous repoussons donc cette orthographe : un chevauléger, des chevaa-légers, à moins de supprimer le trait d'union. Autrement , il y a tout-à-la-fois barbarisme et solécisme. C'est donc à tort que l'Académie, dans son dictionnaire , édition de 1835 , écrit : Un chevau^uatr, des chevart-Ugérs.
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