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NOMS COMPOSÉS DONT L'UN , PRIS ADJECTIVEMENT, NE S'EMPLOIE PLUS SBCTC

On est toujours étonné de voir l'inlrépidité avec laluelle une petite pie-grièche combat contre les pies , les corneilles, les crécerelles, tous oiseaux beaucoup plus grands et plus forts qu'elle. (Boffon.)

Sous la plus sale porte-cocAère, sous la plus misérable allée, nous voyons écrit en gros caractères : Parlez au concierge... ah! rions, mes amis , rions de la vanité humaine. (AiNonyme.)

Les plus belles peaux de lynx viennent de Sibérie , sous le nom de loup-cerui'er; et de Canada, sous celui de chat-cerof'er. (Buffon.)

Un pied de forme ronde , et qui qui fait que l'on marche avec peine, est un pied-i)0^

(Académie.)

Le velours de la tète du calybé e?t d'un beau bleu changeant en vert, dont les reflets imitent ceux de l'aif/ue-marine. (Buffox.)

Un hAnc-alleu était un bien patrimonial héréditaire.

(BoiSTE.)

ijn franc-alleu était un fonds de terre , soit noble , soit roturier, exempt de tous droits seigneuriaux.

(Académie.)

La chasse du petit-gris est si générale parmi les Lapons , que cette peau est de toutes les fourures la plus commune et la moins chère. Un paquet de cinquante écureuils ne coûte guère plus de trois Uvres. (L'abbé de la Porte.)

2* SKRIK. — PLURIEL.

Les femmes sont des oiseaux qui changent de plumage plusieurs fois par jour : ce sont des jïteegr lèches dans le domestique , des paons dans les promenades , et des colombes dans le tcte-à-tête.

(Dufrksny.^

A l'heure des spectacles , toutes les portcs-cocAère5 s'ouvrent , les voitures s'élancent, les théâtres et les cafés se remplissent. (de Jour.)

Les loups - ceruj'ers de Canada sont seulement, comme je l'ai déjà dit , plus petits et plus blancs que ceux d'Europe ; et c'est cette diflerence qui les a fait appeler chats-ceri'î'ers. (B'jffo.n.)

Les gens de mauvaise foi sont des pieds-^o^s en affaires; ils marchent difficilement.

(Anonyme.)

Les pierres précieuses , les éineraudes bleues , raèîées de doux reflets verts , semblables à de l'eau de mer, sont des aigucs-marines. (Anonyme.)

Comme le gouvernement féodal , établi sous cette deuxième race, n'oblige-'it pas moins les seigneurs à défendre les vassaux , que les vassaux à combattre pour les seigneurs, on avait échangé en fiefs la plupart des terres libres ou des francs-ai/eua", afin de se ménager une protection nécessaire.

(L'abbé Millot.)

Il n'y a point de marchandises où l'on soit plus trompé qu'à ces petits-gris et aux hermines, parce que vous achetez la marchandise sans la voir, et que I2 peau est retournée , en sorte que la fourrure est endedans. (Hec.nard.)

On rencontre quelquefois des noms composes dans lesquels il entre un mot qui ne s'emploie plus seul, parce qu'il a vieilli et qu'il n'a de sens et de force que joint au nom qui le précède. Ce mot, jouant le rôle d'adjectif, doit nécessairement en subir les accidents grammaticaux. C'est pourquoi l'on écrit : des loups-garous , des portescocfières, des pies-grièckes. Le dernier des exemples cités, nous présente deux adjectifs dont l'ensemble forme un nom composé : pciu-çjris. Quelque rares que soient ces noms, il est bon de les connaître et de rechercher, surtout, par l'analyse, la raison de leur orthographe. Quant à leur étymologie, nous n'avons que des données ine.xactes ; néanmoins nous allons dire, à cet égard, ce qui nous paraîtra le plus juste et le plus raisonnable.

Loup-garou (1). Ce mot, au propre, signifie un loup qui mange les cadavres el ai-

(1) Quelques personnes pensent que le mot garou est une altération du verbe garer, et qu'im loujj-gnron est un loup dont il faut se garer. D'autres , tout en conservant au mot garou la même origine , l'analysent dJllcremment , et prétendent que l'Oi/à un Io«p-r/aroit est pour voilà un LOI P , G.\RE à tous, OU le péril vous menace. Suivant Dorel , garou viendrait du vicu.x mot français garo ou garau , qui signifie rapide. Nou/

C 117 ) taque les hommes. C'est aussi, suivant la croyance populaire, un sorcier qui a le don de pouvoir se changer en loup. Au figuré, on dit en parlant d'un homme bourru, farouche, insociable, que c'est un loup-garou.

Louv-cervier. Animal qui n'a que le hurlement du loup, et dont la peau est tachetée comme celle des jeunes cerfs. C'est ce qui lui a fait donner l'épilhcle de cervier.

Pie-grîèche signifie pie-grisâtre , nous disent quelques grammairiens; mais comment se fait-il que Buffon et les naturalistes aient ajouté au substantif pie-grièche l'épithète inutile de grise, ce qui fait pie-grièche grise (1). Ce serait évidemment un pléonasme; nous croyons donc que la pie-grièche, ayant quelque chose de la pie et de la grive, on a formé son nom de celui de ces oiseaux.

Les dictionnaires étymologiques pensent toutefois que grièche ou griesche est un adjectif altéré qui signifie venant de la Grèce, originaire de la Grèce.

Pied-bot. L'adjectif bot vient sans doute de cô que le pied qui a celle infirmité est ordinairement chaussé d'une espèce de botte ou brodequin; ainsi bot est une abréviation de botté.

Aigue-marine vient de deux mots latins aqua marina, eau de mer.

Franc-alleu. Alleu est un vieux mot qui signifie à peu près un bien, une terre. IJu franc-alleu est donc un bien ( noble ou roturier ) qui est franc ou exenipi de tous droits seigneuriaux.

EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE

Une atgue-mariiic.

Unt braocLe ursine.

Due ipiae-vineUe, 0D franc-alleu.

Oa fraocréaL Uoe goaime-gutte Cdc gommv-Uque.

PLUniEL.

Des aigues-inarÎDes.

Bes braiiches-ursines.

Pes épincs-ïineltc».

Des fraiirs-alleux.

Iles frant:s-réals.

Des gommrs-guUei.

Des gomnies-Uquei.

Une goitiiiie-résine.

Vi\ gutrt-apens.

Ud loup-cerfier.

Cil loup-garou.

Due orlie-grièche Une pie-grièche.

Une pof te-cocbcre.

l'LDBiKO Des poinmes-résiDeP.

Des guct5-apeBS Des loups-cirritT».

Des loupS'garous.

Des orlies-grièflies.

Des pics-giièclies.

Des portta-cochèrss.

DEUX iNOMS UNIS PAR UNE mÉPOSiTiON , COMME chef-d'œuvre.

Une femme charmante et sage , Voilà d'un Dieu puissant le chef-d'œuvre enchanteur; Et dans sa plus parfaite image , J'adore son divin auteur. (De Ségur.)

Nous n'attiiljuons aucun des chefs-d'œuvre de l'homme au hasard; pourrions-nous croire que luimême en serait l'enfant;' (Chateaubriasu.)

croyons , nous , qu'il est infiniment plus raisonnable de faire dériver ce mot du celtique garo ; et ce qui nous porte à croire que c'est là sa véritable étymologie , c'est que le mot garo , en celtique , veut dire âpre, rude, aigre d'humeur et de paroles^ sauvage, cruel.

(1) On en trouve d'absolument blanches dans les Alpes , et ces pies-grièches blanches, aussi bien que celles qui ont une teinte de roux sur le ventre , sont de la même grandeur que la pie-grièche grise , qui n'est ellemême pas plus grosse que le mauvis , autrement \n grive-mauvielle. (Uuft'on). Au figuré, pie-grièche n'c?t point une pelite-maitresse , comme bien des personnes se l'imaginent ; mais une femme méciiante , acariâtre, qui pince, mord et égratigne ; enfin une femme du naturel de l'oiseau, et telle que l'igaut-Lcbrun l'a fort bien dépeinte dans un des e.vemples rapportés ci-dessus.

Depuis le déluge , i'mc-en-ciela clé un signe de la lémencc de Dieu. (Bossuet.)

Peut-être ne voit-on paî très clairement du premier coup d'œil , le rapport qu'il y a entre une lc((rede-cliange et un feuilleton. C'est une énigme que 'abandonne à la sagacité de mes lecteurs.

(de Jour.)

Outre que la femme-dc-chambre , une fois dépositaire du secret de sa maîtresse , lui fait paver rlior sa discrétion , elle agit comme l'autre pense , cl décèle toutes ses maximes en les pratiquant maladroitement. (J.-J. Rousseau.)

Il prononça , en frémissant , ces mots terriiiles de commis et de rat-de-cavc. 11 me fil entendre (lu'il cachait son vin à cause des aides; qu'il caciiail son pain à cause de la taille, et qu'il serait un liomme perdu , si l'on pouvait se douter qu'il ne mourût pas de faim (/«.)

La belle-de-mn't n'ouvre ses fleurs les plus parfumées que dans l'oLscurilé.

(Bernardin de St-Pierre.)

Le pot-au-feu du peuple est la base des empires.

(>IlRAUEAU.)

On se ferait une fausse idée de la queue du coqd'Indc , si l'on s'imaginait que toutes les plumes dont elle est formée fussent susceptibles de se relever en éventail. iBuffon.)

Vous souvient-il , monsieur, quand ma maudite niulo Me jcla , par malice , en ce trou si profond ? Je fus près d'un quarl-d' heure à rouler jusqu'au fond.

(Uegnard.)

C'est avec de Veau-de-vie , de la poudre à canon , des fusils, des sabres, du fer , que nous commerçons principalement avec les Américains et les Africains. (Bernardin de St-Pierke.)

La matière fluide du ver-à-soie , de l'araignée et de plusieurs espèces de chenilles , acquiert tout ;\ coup de la solidité en sortant de leur corps, et se change en soie par le simple contact de l'air.

(Bernaud)n iiH St-Pikrre.)

Si l'on veut donner beaucoup d'intérêt à un paysage riant et agréable , il faut qu'on l'aperçoive au travers d'iin grand arc-de-lriomphe , ruiné par le temps. (Bernardin de St-Piekke.)

Le bec-d'argent est de t)us les tangaras celui qui est le plus répandu dans l'Ile de Caycniic cl i la Guyane. (l5urfo\.)

Comme un aide-de-canip je viens en diligence appeler du secours. (REGNAsa.)

Allez dans la prairie , et vous pourrez admirer à la fois mille arcs-en-ciel peints sur chaque goutte de rosée , et qui mêlent leurs riches couleurs à la parure des champs. (Aimé-Martin.)

j'ai toujours eu pour principe de ne jamais faire des letlres-de-chfingc , et je me suis toujours dit , avec nos meilleurs poètes comiques :

C'est jouer trop gros jeu que jouer le par -corps.

(de JoaY.\

A Paris, je jugeais des mœurs des femmes de mn. connaissance par l'air et le ton de leurs femmes-dechambre , et celte règle ne m'a jamais trompé.

(J.-J. Rousseau.)

Que sous le joug des libraires bn livre encor nos auteurs ; Aux censeurs , aux inspecteurs , Rats-de-cave littéraires ! (Rérange».)

Les belles-de-nitil du Pérou , l'arbre triste des Moluques , ne fleurissent que la nuit.

(Bekmardin de St-Pierre.)

Les paysannes mangent mcins de viande et plus de

légumes que les femmes de la ville ; ce régime végétal parait plu? favorable que contraire à elles et à leurs enfants. Quand elles ont des nourrissons bourgeois, on leur donne des ;;o/s-aw-/"'^it. (J.-J. Rousseau.)

Le son grave que font entendre les co(js-f/'/n"'eavanl leur cri , le roucoulement des pigeons qui s'exécute sans qu'ils ouvrent le bec , sont des sons de même nature. (Buffon)

Je vous assure , mesdames, qu'à moins de voler, ou ne peut pas faire plus de diligence ; il n'y a pas , en vérité , trois quart^-dlieure que je suis p?ivti de Versailles. (RE3NARD.)

Je ne puis douter que l'usage immodéré du café; du thé , du chocolat , des épiceries , n'aient chez les Européens une partie des efl'ets que nos eaux-de-vie ont chez les sauvages. (St-Lamuert.)

Les vers-à-soie sont si communs au Tonquin , que cette ctolFe n'y est pas plus chère que le coton, et les plus pauvres en sont vêtus.

(L'abdé de la Por'îk.)

Tout ce qui frappe nos regards dans les cités nous parle des hommes, de leur? injustices, de leurs crimes, de leurs misères; leur? palai? sont l'asile de la bassesse, et leurs arcs-dc-triumphe , des souvenirs glorieux de leurs forfaits. (Aimé-Martin.)

Les becs-d'argent ne vont pas en troupes, mais toujours par paires. (Buffon.)

J'ai passé ma journée avec des aide.f;-d(;-camp et de jeunes màUtcures. (Chateaubriand.)

Lorsque deux subsiaiuifs sont unis par une préposition, le premier seulement est susceptible do prendre la marque du pluriel : Un arc-en-cic! , île arcs-cn-drl.

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