‹ Grammaire pratique de la langue françaiseChapitre 30 sur 33 · I.' ÉVASION · texte numérisé non relu

I.' ÉVASION

Les Kabyles pressent l'allure de leurs montures, comme s'ils craignaient d'être pour-

suivis ; ils font cent détours et ne — que des sentiers à peine tracés. Il n'est pas étonnant qu'ils — tant de précautions ; quoiqu'il ne soit guère probable que les prisonniers — à s'échapper, il est bon qu'ils ne — pas retrouver le chemin du campement Kabyle, en cas qu'ils — plus tard servir de guides à leurs compatriotes.

Pendant ce temps, les deux officiers — un moyen de sortir de leur périlleuse situation.

* * Est-il possible que des prisonniers avec

une pareille inhumanité," se dit Dubois, " il est évident que ces sauvages — bien peu de cas de nos personnes."

Il est difficile, en effet, que leur position — plus incommode : couchés en travers de la selle, ils sont secoués par le trot saccadé des chevaux ; il est surprenant qu'ils ne — pas encore tombés de cheval et qu'ils — ' — pas roulé dans les précipices qui bordent l'étroit sentier.

Cette circonstance fait naître dans l'esprit de Lambert l'idée qu'il cherche. " Dubois," ditil, ''il faut que nous nous — glisser sans bruit dans un des ravins que longe le sentier; la nuit — sombre, et il est probable que les Kabyles ne — ' — pas immédiatement de notre disparition. Il est possible que nous nous — un membre, mais il me semble qu'il — risquer quelque chose pour nous échapper au plus tôt ; il importe qu'à tout prix nous nous — de ce mauvais pas ; mourir pour mourir, il vaut

mieux que nous ne — pas nos têtes à ces affreux Kabyles. D'ailleurs, à moins que nous

une décision immédiate, il est certain que

demain nos têtes ne — plus sur nos épaules."

'* C'est bien,'* répond Dubois, "il ne semble pas que la réussite — impossible ; j'accepte donc, et maintenant à la grâce de Dieu."

On entend un bruit de branches cassées ; les cavaliers s'arrêtent, — des yeux leurs prisonniers et restent interdits de tant d'audace ; mais il est impossible qu'ils — le chemin suivi par les deux fugitifs, et bien qu'ils — furieux que ces derniers — ainsi échappé à leur surveillance, les Kabyles repartent au galop dans la direction de leur campement.

Quoiqu'ils se — tout meurtris, en se relevant au fond du ravin, Lambert et Dubois n'ont que des contusions sans gravité. ** Quelle culbute!" dit Dubois, au bout d'un instant, **il est regrettable que nous ne — pas voir la figure que font les moricauds.'* **Je suis très heureux,

ail contraire, qu'ils nous apercevoir," dit

Lambert ; " dépêchons-nous de partir, car il est certain qu'ils ne — pas à se mettre à notre poursuite.'*

Tout en parlant, il scie contre l'arête d'un rocher la corde qui lie ses mains, puis il détache celles de son ami, et, bien qu'ils — harassés de fatigue, tous deux s'éloignent rapidement.

Ils sont libres, mais ils ne s'ensuit pas qu'ils — échappé à tout danger, car ils ne — de quel côté se diriger. Après une heure de marche, lyambert s'arrête ; des aboiements se font entendre dans le lointoin. ** Cette fois," dit-il, ** je ne crois pas que nous — échapper à notre sort ; les Kabyles ont mis leurs chiens sur nos traces, et, s'il est difficile que nous — les premiers, il me semble qu'il — impossible que nous — aux seconds. ' '

Peu à peu les aboiements se rapprochent; des burnous blancs — à travers le feuillage, et une balle qui — une branche au-dessus de leurs têtes leur apprend qu'ils sont découverts. Malheureusement ils sont sans armes et il semble que leur situation — entièrement désespérée ; ils restent silencieux, souhaitant intérieurement qu'une balle ennemie — les délivrer du supplice qui les attend.

Tout à coup, les notes éclatantes de la trompette réveillent les échos, et des cavaliers au costume bleu et rouge, passent, le sabre fen main, devant nos héros, avec la rapidité du vent. Est-il une surprise qui — égaler la leur! Quoiqu'ils en — à peine leurs yeux, il est pourtant évident qu'aucun doute — ' — possible : ce sont des Français, il sont sauvés.

Ils eurent bientôt l'explication de leur délivrance : inquiet de ne pas les voir revenir, le commandant avait envoyé à leur recherche son peloton de chasseurs à cheval.

A leur retour, il ne leur fit aucun reproche et se contenta de leur demander ironiquement s'ils étaient contents de leur chasse. " Nous — enchantés du résultat, mon commandant, ' ' répondit Dubois, ''seulement, c'était nous qui étions le gibier, et nous T avons- échappé belle."

i^'hospitawtê arabe.

Voici un exemple des mœurs hospitalières des Arabes ; je ne pense pas qu'il — très connu, et pourtant, y a-t-il beaucoup de peuples qui

— se vanter de pratiquer l'hospitalité aussi scrupuleusement que les habitants du désert ?

Au milieu d'un combat, Atar ben Ali, un des serviteurs du caïd Omar, se trouve tout à coup séparé de son chef; bientôt il le perd de vue et s'empresse de chercher quelqu'un qui

— le renseigner sur la direction suivie par le caïd, car il n'y a personne pour qui Atar — autant de dévouement. Mais ses recherches — vaines, et le fidèle serviteur ne tarde pas à s'apercevoir qu'une prompte fuite est le seul espoir qui lui — d'échapper à l'ennemi. Il se décide enfin à prendre l'unique sentier qui — à sa tribu, non pas qu'il — uniquement se soustraire aux coups de l'ennemi, mais parce qu'il désire venger plus tard la mort de son maître, une des rares personnes qui se — jamais intéressées au malheureux Atar. Au moment

OÙ il — le champ de bataille, des cavaliers

ennemis l'aperçoivent et sur ses traces;

la poursuite — jusqu'au soir.

Enfin Atar arrive devant une caverne, à l'entrée de laquelle est assis un jeune berger. ** Jeune hotnme," lui dit Atar, "je doute que tu m' — jamais vu et que tu — savoir qui je suis ; mais tu es le seul être humain qui — me sauver, car l'ennemi est à ma poursuite. Je me mets sous ta sauvegarde. " * * Tu es mon hôte, " — le berger; *'qui que tu — , entre dans ma demeure."

A peine Atar est-il entré que les cavaliers ennemis — auprès du berger, et le — de livrer ^elui qui s'est confié à lui.

** Fais-le sortir," crient- ils, **afin que nous le — de nos lances. Nous ne voulons pas que le moindre mal te — fait, à cause de lui, mais il faut qu'il — puni, comme son maître."

Le berger résiste longtemps, puis voyant que les cavaliers s'impatientent : ** Eh bien ! " ditil, *' consentez à vous éloigner à quarante pas de l'entrée de la caverne, afin que je le — sortir des limites de ma demeure ; ne m' — pas à trahir mon hôte." **Soit ! " répondent-ils.

Le jeune berger — dans la grotte. '' Ami," dit-il à Atar, *'tu entends ces menaces; tes ennemis — trop nombreux et je ne — te défendre contre eux, les armes à la main. Mais enlève tes vêtements et revêts les miens, puis, va

trouver le chef des ennemis et dis-lui : '* L'étranger refuse de sortir de la grotte ; faites de lui ce que vous — ; pour moi je m'en vais."

Atar fait ce que le berger lui — , et — de la caverne. I^a ruse réussit, et, pendant qu' A-

tar dans le désert, les cavaliers se —

vers la grotte, où ils ne — plus que le berger revêtu des vêtements du fugitif ** Malheureux, " s'écrient-ils, '* qu'as- tu fait?" **Mon devoir," — le berger, **et maintenant faites de moi ce que vous — ."

Les cavaliers hésitent ; puis, après quelques instants de délibération, ils se — en selle et épargnent le jeune berger.

Remplacer les tirets par des mots.

La femme d'un banquier de New- York — un jour au commandant d'un paquebot transatlantique : *' Capitaine, je n'ai jamais connu de situation qui — plus enviable que la vôtre. Il semble que votre unique tâche se — à chercher des distractions, et que vos officiers — les seuls qui — marcher le navire. Vous — au milieu de la société la plus aimable et la plus distinguée que l'on — rencontrer ; tandis que si vous — un navire marchand, vous n'auriez pas de passagers et vous de vivre avec les matelots."

Le vieux marin — vainement de protester contre les prétendus avantages de la souve-

raineté temporaire dont cette dame ne - - que les côtés séduisants. Il lui — remarquer qu'elle ne se — guère de la lourde responsabilité qui — sur lui ; il — le seul dont — réellement la sécurité de tous. Et ce n' — pas seulement en pleine mer qu'il — accablé de travail. En supposant que son navire — partir du Havre pour New- York à quatre heures de l'après-midi, à quelle heure pense- t-on que le capitaine — — à son poste .^ Je vous — probablement si je vous disais qu'il est — d'être à bord à une heure, bien qu'il ne — partir avant que les commissaires de navigation lui -T- remis le permis de départ. Enfin quand il — quatre heures, le

navire en route, que tous les voyageurs —

arrivés ou non, car la marée n' — pas, et on — bientôt en pleine mer.

Je me rappelle une traversée que nous — , quelques amis et moi, en novembre 1889 : à peine étions-nous — de la Manche que nous — enveloppés d'un brouillard impénétrable ; les passagers ne — s'empêcher de dire que le brouillard — plus de désastres que la tempête, et l'un d'eux ajouta que si les sifflets à vapeur — le

voisinage des navires, ils ne pouvaient

leur direction. Il paraît même que si le brouillard était intense, un navire — passer assez près de vous pour que vous — entendre les voix des hommes de l'équipage sans qu'il vous — possible de voir le navire. C'est alors

que les abordages — à craindre, car il est certain que si une collision — les résultats en seraient épouvantables.

Aussi les capitaines toujours considéré

comme leur devoir de ne jamais • — le pont dans ces circonstances. Un vieux loup de mer, qui — un des plus beaux paquebots transatlantiques, — dernièrement que sur cent traversées il lui était rarement — d'avoir deux nuits de repos ; il ne — jamais s' — sur le sofa de sa cabine sans que son sommeil — interrompu.

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