II. PASSê DÉFINI
On emploie le passé dé^ni dans les cas où l'on emploie le parfaft historique en latin et M aoriste en grec, c'est-à-dire :
I ° Quand on parle ûT un fait, ûT un événement historique: Christophe Colomb découvrit l'Amérique en 1492. Brennus s^ empara de Rome.
DE l'emploi des TEMPS, 65
Richéiien fonda T Académie française. La Suède /«/toujours libre jusqu'au milieu du 14*^ siècle. Napoléon !"/«/ vaincu à Waterloo en 18 15.
2° Quand on fait une narration défaits qui se sont passés dans un temps entièrement écoulé: ** L'année dernière nous fîmes un voyage en Europe : nous nous embarqvÂmes à New York, mais mon frère et son ami préfér'èrent s'embarquer à Boston. Notre traversée/^/ excellente et nous arrivâmes en bonne santé à Liverpool. En débarquant nous reçûmes une lettre de notre cousin par laquelle il nous annonçait son arrivée : le soir même il nous rejoignit et ne nous quitta plus. De Liverpool nous allâmes à Londres et nous y restâmes un mois. Y écrivis jour par jour ce que nous fîmes^ de sorte qu'aujourd'hui je relis avec plaisir les divers épisodes de notre voyage. ' '
Comparaison entre le passé défini et l'imparfait.
C'est surtout dans la narration suivie que la dififérence qui existe entre l'imparfait et le passé défini se manifeste de la façon la plus frappante.
Toutes les parties essentielles de la narration (le canevas) sont marquées par le passé défini, tandis que tout ce qui n'est qu'accessoire (la description d'un état déjà existant, la description de la localité, — des explications intercalées etc.) ne saurait être exprimé que par l'imparfait.
DE l'emploi des temps.
C'est pourquoi les anecdotes ou les contes commencent généralement par l'imparfait. — Exemples :
L'empereur Napoléon i*** aimait à ^ parcourir Paris incognito^ Dans ses excursions à travers la ville, il était toujours vêtu d'une redingote grise.
Quelquefois il sortait seul, souvent aussi il se faisait accompagner par le maréchal Duroc.
Désireux de visiter certains travaux, il sortit un matin du palais et se fit accompagner par Duroc. Ils traversèrent le jardin des Tuileries et arrivèrent sur la place Vendôme.
L'empereur et le maréchal ne furent pas reconnus.
Ils remontèrent ensuite le boulevard et arrivèrent devant les Bains Chinois.
Cet établissement avait un aspect bizarre. L'entrée était large ; l'ensemble de l'édifice rappelait une pagode.
Napoléon et Duroc entrèrent dans le café et s'assirent à une table. Ils déjeunèrent de bon appétit. Quand le repas fut fini, Duroc s'aperçut
Imparfait
marquant
thabitude
{un état
déjà existant.)
Passédéfini
marquant
le canevas
de l^anec-
dote.
Imparfait
dans une
description
intercalée.
Passé défini
marquant
la suite de
la narra'
tion.
DE l'emploi des TEMPS.
qu'il n'avait pas d'argent.
Il devint un peu pâle en constatant ce fait et alla l'expliquer à la maîtresse du café
qui se tenait au comptoir.
Mais elle ne voulut rien entendre et exigea le payement immédiat.
Un garçon entendit la conversation et l'interrompit en offrant d'avancer l'argent. Duroc accepta et alla ensuite raconter son aventure à Napoléon qui en rit de bon cœur.
Le lendemain un aide de camp se rendit au café et, s' adressant au garçon, lui remit un rouleau de cinquante napoléons, comme gratification de l'empereur.
lye garçon s'appelait Durgens.
Quelques jours après, il fut placé dans la maison de l'empereur.
Imparfait dofHt^nt une ex)4i' cation subordonnée,
Passédéfini
marquant
la suite de la
narration.
Etat dont on rCindique ni le commencement^ ni la fin, cToii Vimparfait,
Passé défini, suite de la narration.
Explication suboT" donnée; d'oiSi Vimparfait.
Le passé défini, fin
de la narration.
68 PE l'emploi des temps.