Croy =1 Croi + yjd
3. A l'imparfait de bruire, on substitue aujourd'hui à bruy le radical inchoatif bruiss.
351. Ce sont les seuls verbes en re qui aient un radical tonique difTérent du radical ordinaire. En dehors de l'infinitif, on ne trouve le radical tonique qu'au singulier des présents de l'indicatif, du subjonctif et de l'impératif, et à la troisième personne du pluriel des deux premiers temps. Au singulier de l'indicalif présent et de l'impératif, ce radical tonique subit certaines modilîcations que nous signalerons en leur lieu.
Verbes en oir et en ir.
352. Pour les verbes en oir et en ir, comme l'accent tonique porte sur la désinence oir ou ir, c'est le radical non tonique, le radical ordinaire, que l'on obtient en supprimant la désinence.
353. Le radical tonique, quand il n'est pas identique à l'autre, diffère du radical ordinaire par la substitution de ai ou ié à e ou e, et de eu à ou. Ainsi :
Au radical ordinaire correspond le radical Ionique :
— ten' (tenir), — tien' (écrit ticnn) {').
— ven (venir), — vièn\
— [relquér (requérir), — \re]quièr.
— mour (mourir), — meur.
— dev (devoir), — duiv.
— — cev (recevoir), — çoiv.
— wîOMO (mouvoir), — meuv.
— pouv (pouvoir), — peuv.
— voul (vouloir), — veul.
354. Les différences entre radicaux ordinaires et radicaux toniques sont tout à fait analogues à celles qui peuvent exister, dans les substantifs ou adjectifs, entre simples et dérivés : goulu à côté de gueule, nouveau près
■!. A rindicatif présent el à l'impéralif, devant les désinences du singulier, la syllabe ièn' aboutit au son i-in (il tient).
de neuf, ouvrage et œuvre (alternance de ou et eu), pelu à côté de poil (alternance de e et oi), chenet à côté de chien (alternance de e et ie, comme dans tenir, tient), etc. Nous avons donné la raison générale de ces différences à propos des deux radicaux de boire (§347).
Mais toutes les voyelles latines ne se j>rélent pas à une double transformalion suivant qu'elles sont toniques ou non, et d'autre part un certain nombre de verbes qui avaient, dans l'ancienne langue, deux radicaux, ont vu l'un des deux l'emporter sur l'autre : ainsi dans cueillir l'ancien radical tonique est devenu radical unique ; dans couvrir, c'est au contraire le radical ordinaire qui a chassé le radical tonique cœuvr.
355. Dans le verbe seoir, jadis prononcé en deux syllabes, le radical se est devenu sey par euphonie (sauf à l'infinitif où Ve s'est élidé) : de là le participe présent seyant. Le radical tonique est sié (*) (il sied, ces vêtements lui siéent).
Le composé asseoir se conjugue comme seoir, sauf pour ils asseyent (au lieu d'assiéent) qui a subi l'influence de « nous asseyons, vous asseyez. » Au subjonctif présent, le radical ordinaire assey s'est aussi propagé à toutes les personnes. Mais ce verbe a encore une autre conjugaison, refaite sur l'infinitif, où la diphtongue oi a été considérée comme faisant partie du radical, de là assoi radical tonique et assoy radical ordinaire (comparez croire, § 349J, C'est ainsi que se conjugue l'autre composé surseoir.
Il va sans dire que l'e non prononcé de seoir, asseoir
1. Ici l'é de ié est fermé parce qu'il n'est pas suivi d'une consunne prononcéc comiue dans le radical acquièr.
CONJUGAISON MORTK. — INDICATIF PRÉSKNT 183
et surseoù' devrait être supprimé (*) comme il l'a été dans veoii' et cheoir, aujourd'hui voir et choir.
356. Voir et les composés du déîcciU choir , — échoir, déchoir, — ont un double radical (voi, échoi, toniques, et voy, échoy), qui s'explique comme celui de croire (^ 349). A l'infinitif, le radical de ces verbes, qui était jadis ve, che, est réduit à la consonne initiale v, ch, par suite de l'élision de Ye.
357. Pour des raisons phonétiques, ouïr a comme radical ordinaire oy, en dehors de l'infinitif, et comme radical tonique oi; les deux sont peu usités. De même, le radical ordinaire de fuiî' est fuy et le radical tonique fui.
358. On remarquera que pour les verbes ouir, fuir, bruire, traire, voir, échoir {et asseoir quand on conjugue î'assois, etc.), qui ont tous un radical en oy, uy, ay, le radical tonique ne diffère de l'autre que par la substitution de i à y.
359. Les verbes qui possèdent un radical tonique étant très peu nombreux, et ce radical ne s'appliquant qu'à un petit nombre de formes de la conjugaison, quand nous parlerons du radical d'un verbe sans épithète, nous entendrons par là le radical unique ou le radical non tonique.
Rappelons qu'on a le radical tonique au singulier et à la troisième personne du pluriel des trois temps suivants; présent de l'indicatif, présent du subjonctif, impératif.