‹ Grammaire raisonnée de la langue française. Avec préf. de Gaston ParisChapitre 110 sur 141 · CONJUGAISON MORTE. — INDICATIF PRÉSENT · texte numérisé non relu

CONJUGAISON MORTE. — INDICATIF PRÉSENT

07idre, ordre, erdre, 2° moudre et coudre, S** seoir et asseoir. Il est étrange d'écrire il moud et il coud avec un d qui n'existait même pas dans le radical des verbes latins molere et consuere, alors qu'on écrit raisonnablement il absout, il résout. Dans « il sied, il s'assied », on fait réapparaître le d du radical latin sedere, mais ce d cède raisonnablement sa place au t de désinence (latin sedej) dans la forme il s'assoit, comme dans il croit (crédit), il voit (videt), il dot (claudit), il conclut, il exclut (concludit, excludit), il rit (ridet), et non pas il void, il clod, il conclud, il exclud, il rid.

Le d n'est pas mieux justifié dans a il répond, il défend, etc. » Sans doute on a voulu maintenir le radical tel qu'on le trouve dans « nous répond -ons, vous répond-ez, ils répondent » ; mais alors, pourquoi ne pas écrire il doiv à cause de ils doiv-ent, il écriv à cause de nous écriv-ons, il peing à cause de nous peignons et du latin « pingit »?Cequi doit terminer toutes ces formes verbales, ce n'est pas la consonne finale du radical, c'est la désinence régulière t, que nous avons empruntée aux Latins pour caractériser la troisième personne.

362. — La règle devrait êlre celle-ci ; dans la conjugaison morte, la troisième personne de l'indicatif présent se termine toujours (comme en latin) par un t, avant lequel on supprime la consonne finale du radical quand elle ne se prononce pas.

Il ne serait pas plus difficile de conjuguer « il rent, nous rentrons » que de conjuguer « il craint, nous craignons ; il doit, nous devons, etc. d (*).

1. On écrirait, comme Rossuet, i7 ront, el il serait encore temps, grâce à l'orthographe correcte il vairit, de triompher du barbarisme qui consista à {prononcer il vainc.

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363. — Par une conséquence toute naturelle, il faudrait supprimer aussi les consonnes non prononcées devant la désinence 5 des deux premières personnes, et écrire je prens, comme faisaient Racine et M™* de Sévigné, et comme nous écrivons nous mômes je peins et non Je peings ni je peinds, je pars et non je paris, je sens et non je sents, etc. Actuellement on rétablit à tort devant Y s le d des verbes en andre, endre, ondre, rdre, le t de vêtir, mettre, battre, le c de vaincre. Il y a une contradiction choquante entre tu sors sans t et tu vaincs avec un c.

364. — Quand un élève de l'école primaire sait l'orthographe de l'infinitif et qu'on lui a appris que le présent de l'indicatif se termine par s, s, t au singulier, ons, ez, ent au pluriel, il est en état d'écrire correctement l'indicatif présent de n'importe quel verbe usuel de la conjugaison morte. Si on ne lui avait pas inculqué les faux principes de l'orthographe actuelle, en lui apprenant péniblement à intercaler dans certains verbes, et pas dans d'autres tout semblables, des lettres qu'on ne pnmonce pas, il écrirait sans hésiter Je défens, tu défens, il défent comme Je do?'s, tu dors, il dort, et la graphie il défent ne l'induirait pas à écrire nous déf entons, pas plus qu'il n'écrit nous dorions à cause de il dort{^).

Les verbes à double radical n'offrent pas plus do difficultés ; l'élève dont le français est la langue maternelle ne sera pas tenté de confondre un radical avec l'autre et d'écrire il pout au lieu de il peut^ ni nous doivons au lieu de nous devons.

1. Je réponds ici à une objection qui m'a 6i6 faite par un inspecteur l'enseignement secondaire.

de

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Los remarques que nous avons faites sur la détermination du radical, et celles qui suivent sur les diverses modifications de ce radical, n'ont donc qu'une importance théorique, et n'offrent pas d'utilité pratique, afi moins pour les Français.

Modifications du radical devant les désinences du singulier.

365- — Quand le radical se termine par une voyelle ou par une r, il no subit aucune modification devant les désinences du singulier de l'indicatif présent.

Nous avons vu que les radicaux de rire, exclure, courir, sont ri, exclu, cour. On conjuguera :

je ri-s exclu-s cour-s

tu ri-s exclu-s cour-s

il ri-t exclu-t cour-t

nous ri-ons exclu-ons cour-ons

vous ri-ez exclu-ez cour-ez

ils ri-ent exclu-ent cour-ent

Toutefois, si Vr finale du radical est précédée d'une autre consonne, elle ne peut se prononcer qu'avec l'appui d'un e dit muet. Si on appliquait les désinences s, s, t au radical ouvr de « nous ouvr-ons », on aurait des formes impossibles à prononcer. C'est pourquoi ce verbe et les semblables (couvrir, offrir, souffrir) prennent au singulier de l'indicatif présent les terminaisons par e muet de la première conjugaison : j'ouvre, tu ouvres, il ouvre.

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