EMPLOI DES TEMPS DU SUB.IONCTIF
qu'il viendrait (*) v>, et dès lors il était logique de dire « je voudrais qu'il vint ».
417. La langue française est en train de perdre l'imparfait du subjonctif, et, du même coup, le plusque-parfait, qui contient un auxiliaire à l'imparCait. Quand cette évolution sera accomplie, il n'y aura plus, au subjonctif, que deux temps pour correspondre aux dix temps de l'indicatif. Déjà, dans la langue courante, on remplace constamment l'imparfait du subjonctif par le présent, et le plus-que-parfait par le parfait.
417 bis. Ce n'est pas le défaut d'euphonie qui rend peu agréables les formes telles que « je menasse, nous aimassions, vous chantassiez », car un grand nombre de mots nous offrent, sans nous choquer, des consonnances semblables : embrasse, menace, compassion, cour de cassation, embrassiez, cuirassier, etc. « Je prisse », en soi, n'est pas moins euphonique qu'wn lis. Les formes de l'imparfait du subjonctif nous déplaisent, non comme sons, mais en tant que formes verbales très peu employées ; c'est ainsi que nous sommes également choqués par « des chevals » et « des régaux », bien qu'aucune de ces formes ne soit dure à l'oreille, comme le prouvent « des chevaux » et « des régals. »
A ceux qui seraient tentés de nier le discrédit de l'imparfait du subjonctif, la meilleure preuve à en fournir est de faire remarquer qu'il est devenu désagréable à entendra. S'il disparaît, c'est qu'en somme il n'est guère utile. Le présent du subjonctif équivaut déjà à un futur ; il peut équivaloir à un imparfait et à un futur dans le passé sans plus d'inconvénient. « Je voulais qu'il vienne le lendemain » est aussi clair que « je
i . Molière : a Je dirais hautement que tu en aurais menti », etc.
voulais qu'il vînt. » La langue française ne perdra aucune de ses qualités à cette réduction des temps du subjonctif, mais les grammairiens et les écrivains perdent leur peine à vouloir l'empêcher.