FLEXIONS ET SYNTAXE
Articles défini et indéfini.
177. Les arlicles n'existaient pas en latin : le nom lalin tout seul pouvait, d'après le contexte, avoir la valeur du nom français précédé soit de l'article défini, soit de l'artic'e indclini. Cependant nos articles viennent de mots latins : ils s'expliquent par l'afTaiblissement de sens: l^del'adjectif démonstratif, 2° de l'adjectif numéral un, qui conserve d'ailleurs en même temps sa valeur de nom de nombre.
178. Le démonstratif latin e7/c était à la fois adjectif et pronom: il équivalait aux mots actuels cet et celui-ci ou cehii. 11 a conservé cette double valeur dans l'ancienne langue quand il était précédé du préfixe ce (ce-lui, c-elle), dérivé du préfixe latin ecc/:'('). En outre
i. On disait aussi bien celui homme que celui qui. On dit encore à celle fin, qui, par fausse étymologie, se transforme en : à seule fin.
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il a produit : 1° l'article défini (adjectif démonstratif affaibli), 2" le pronom personnel de la troisième personne (pronom démonstratif affaibli). Comme adjectif démonstratif proprement dit, il a été remplacé par la forme cet dérivée d'un autre démonstratif latin. (Voyez § 266.)
179. On comprend qu'une expression latine qui signifiait cet homme ait pu, en s'affaiblissant, équivaloir au français Vhomme, et qu'un mot qui signifiait celuici ait pu, en s'atténuant, aboutir au sens de //.
Le même mot latin ayant produit l'article et le pronom personnel de la troisième personne, il n'est pas étonnant que le, la, les, soient à la fois des articles et des pronoms personnels. Quant aux formes du pronom de la troisième personne qui n'ont pas en même temps la valeur d'articles, elles seront expliquées plus loin.
Formes de l'article défini.
180. Devant les consonnes, de le s'est contracté en del, puis deu, du, et à le en al puis au. De les s'est contracté en dels puis des. Aux équivaut de même à à les, als. C'est donc ï's finale de les (et des formes latines illos, illas) que l'on retrouve dans des et qu'on devrait avoir aussi dans aus ; en écrivant aux avec un x, on obscurcit l'origine du mot.
181. En les s'est contracté aussi en els, puis es (on pourrait fort bien supprimer l'accent grave), qu'on trouve dans bachelier es lettres, etc., et qu'on remplace aujourd'hui par dans les ou par en sans article, sauf dans quelques expressions consacrées.
Il y avait aussi une forme contracte de en le, qui a disparu ; clic a été remplacée soit par dans le.
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soit par au dont le sons s'est étendu : au nom de signifie en le nom de, comme le prouvent les expressions telles que : « en son nom et au mien. » Dans beaucoup de locutions où au équivaut à en le, dans le {inetire au monde, au milieu, etc.), il tient la place de fancion article contracte qui était pour le singulier ce que es était pour le pluriel.
Valeur des articles défini et indéfini.
182. L'article défini serait plus exactement appelé dé/inissant ou article du dé/ini. Car il contribue à la définition, c'est-à-dire à la détermination précise de l'objet exprimé par le nom, ou du moins il en est l'indice.
La détermination précise de l'objet résulte principalement de ce qui précède ou de ce qui suit le nom, ou des circonstances dans lesquelles on parle, et cela sulfisait aux Latins. L'article défini est le signe de cette détermination. Quand on voit l'article défini devant un nom, on sait que l'objet désigné par le nom n'est pas un objet quelconque ou non précisé de cette espèce, mais un objet déterminé soit par ce qu'on vient de dire (Il avait un chien et un chat ; le chien..., le chat...), soit par ce qu'on va dire [Le chien que je i^ous ai donné...), soit par la situation (Quand on dit à quelqu'un « Le chien est dehors », les circonstances sont telles que la personne à qui on s'adresse sait de quel chien il s'agit. Quand on dit le soleil luit, on considère le soleil comme le seul objet de son espèce, et il est déterminé par cela même) (^).