On dit aussi a offrir son bras
4. On peut ouvrir (au figuré surtout) les yeux d'un autre ; dans ce cas, on emploie encore l'article (voyez § 279 a).
5. Dans cette expression, le second nom ne prend pas l'adjectif possessii en vertu du principe du § 279 n.
142 GRAMMAIRE RAISOKNÉE
corps ou exécutés avec elles. Dans les locutions les plus employées, il serait choquant de remplacer l'article par l'adjectif possessif. Un médecin ou un gantier diront : donnez votre main ; on dira donner sa main au sens de (( se donner en mariage » ; mais c'est qu'on sort alors de l'idée exprimée par la locution « donner la main. »
280. On n'exprime pas l'idée possessive devant le nom d'une partie du corps, dans les cas indiqués § 279 a et b, même lorsque ce nom est accompagné d'un adjectif, pourvu que l'adjectif soit attribut (il a la tète lourde = il a lourde la tête), ou qu'il précise simplement (sans la qualifier) la partie du corps dont il s'agit : il a mal à la jambe droite, au petit doigt, etc.
Autrement, il faudrait exprimer l'adjectif possessif : on lui a coupé les cheveux, ou on lui a coupé les cheveux ras (attribut), mais : on lui a coupé ses beaux cheveux. Il Iraine la jambe ou la jambe droite, mais « il traîne sa jambe malade ». C'est que l'emploi de l'article, au lieu de l'adjectif possessif, forme de véritables locutions, et l'introduction d'un adjectif rompt la locution : traîner la jambe ou la jambe droite est une locution, mais traîner la jambe malade n'en est plus une, et on rentre alors dans les conditions générales, oii le nom de l'objet possédé doit être accompagné de l'adjectif possessif.
L'adjectif qui rompt la locution peut être seulement dans la pensée de celui qui parle : « Il traîner» jambe », c'est-à-dire « sa jambe malade, blessée ». La présence de l'adjectif possessif suflit à indiquer l'idée.
281. Lorsqu'on dit par exemple : « Il le vit arriver, le visage amaigri, les yeux éteints, etc. ». on est dans le. cas de l'adjectif attribut ; c'est comme si on disait : « il avait le visage amaigri, etc. » (§ 279 b.).
SUPPRESSION l)K i/aD.TIÎCTIF POSSESSIF I il]
Dans les locutions telles que « le cigare aux lèvres, les mains clans les poclies, le chapeau sur la tête, la serviette sous le bras, la fleur à la boutonnière, la plume au chapeau », les noms sont pris dans un sens général, ou subissent l'attraction ou l'analogie des noms de parties du corps (Cf. § 278),
282. Lorsque le nom de l'objet s'emploie sans adjectif possessif, on n'en change pas le nombre parce qu'il y a plusieurs possesseurs ayant chacun un objet semblable. On dira : « Ils tournèrent tous le visage de ce côté, ils se frappèrent le front, ils montèrent à cheval » et non pas « ils tournèrent les visages, ils se frappèrent les fronts, ils montèrent à chevaux ». Mais on dirait, avec l'adjectif possessif « ils montèrent sur leurs chevaux: ils tournèrent vers nous leurs visages brutaux; îVs reçurent tous la cendre sur leurs fronts égaux devant Dieu » ; et non pas « ils montèrent sur leur cheval (à moins qu'il ne s'agisse des fils Aimon, n'ayant qu'un cheval à plusieurs), ils tournèrent leur visage brutal, ils reçurent sur leur front égal. » Logi- ([uement, on devrait mettre le pluriel aussi bien dans les premières expressions que dans les dernières; mais nous avons déjà remarqué (§ 280) que le non-emploi de l'adjeclif possessif transforme ces façons de parler en locutions toutes faites, qui, en cette ([ualité, doivent rester invariables.
Sur l'emploi de ra(lj(M'tif possessif avec chacun, voyez § 306.
144 GKAMMAIRE RAISON NÉE