‹ Grammaire raisonnée de la langue française. Avec préf. de Gaston ParisChapitre 98 sur 141 · ACCORD DU VERBE AVEC LE SUJET 1G · texte numérisé non relu

ACCORD DU VERBE AVEC LE SUJET 1G

dehors de toute détermination, Jes deux façons de dire ont Ja môme valeur.

320. Il n'y a pas de raison non plus pour exiger le singulier avec le peu au sens de « le trop peu », car « le peu » nesaurait signifier le manque absolu; suivi d'un nom au pluriel il imjtlique toujours une idée de pluralité, si restreinte soit-elie. On peut donc dire ; «Le peu de services qu'il a su rendre (les services trop peu nombreux,..) ne permettent pas de lui donner de l'avancement. »

321. Plus de est au nombre des locutions collectives avec lesquelles le pluriel a prévalu. Cependant, on met le singulier après plus d'un : « plus d'un s'est égaré », mais ce n'est pas qu'on fasse rapporter le verbe à plus considéré comme un singulier. 11 est étrauge assurément de dire « plus d'un jour s'est écoulé » et « moins de deux jours se sont écoulés. » On ne peut expliquer celte bizarrerie que par une sorte d'accord instinctif avec un.

322. Lorsque le sujet et l'attribut sont de nombres différents, on comprend qu'on puisse à la rigueur, par une sorte d'attraction, faire accorder le verbe avec l'attribut. C'est ce qui explique la locution « ce sont eux » au lieu de « c'est eux » qui se disait anciennement et qui était semblable à « c'est moi, c'est toi, c'est nous, etc. » M""*^ de Sévigné écrit encore : « c'est eux qui en demeurent d'accord. » Avec les formes verbales qui se prononcent de même au singulier et au pluriel, nous ne voyons pas pourquoi on n'autoriserait pas aujourd'hui après ce le singulier, qui est conforme à la logique et à l'histoire de la langue: a. c'était des oiseaux de passage, il faut que ce soit eux, ce serait de bons soldats. » S'il n'était pas trop tard pour revenir à « c'est eux », on supprimerait une exception qui n'offre aucun intérêt.

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