‹ Grammaire raisonnée de la langue française. Avec préf. de Gaston ParisChapitre 99 sur 141 · LES TEMPS DU FUTUR · texte numérisé non relu

LES TEMPS DU FUTUR

323. On ne compte ordinairement que deux temps du futur : le futur simple et le futur composé ou futur antérieur.

Le futur antérieur marque, dit-on, une action future mais qui doit en précéder une autre. Cette définition n'est pas exacte, car l'action peut être présente ou passée: f aurai mal entendu. — Corneille écrit :

Je verrai les lauriers d'un frère ou d'un mari Fumer encor du sang que y aurai tant chéri.

« J'aurai oublié mon sac dans la voiture. » L'action à' oublier est passée, mais elle est antérieure au moment futur où on se sera assuré de la chose. Le futur antérieur serait donc mieux nommé antérieur ou futur ; il indique simplement que l'action est antérieure à un moment futur, exprimé ou sous-entendu.

324. Notre langue possède encore un futur dans le passé. C'est ce temps qui a donné naissance au mode conditionnel ; mais lout en prenant une valeur modale il a conservé son ancienne signification purement temporelle quand il se trouve dans une proposition subordonnée après un verbe principal au passé : «je savais, on m'avait dit qu'il arriverait aujourd'hui. » Ailleurs, pour exprimer le même temps, on est obligé d'employer l'auxiliaire devoir à l'imparfait, suivi de l'infinitif. Il faut donc présenter ainsi ce temps à double forme :

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