‹ Grammaire raisonnée de la langue françaiseChapitre 11 sur 139 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

vains de talent ou de génie qui composent rillustre compagnie employassent leur temps à réfléchir aux meilleurs moyens d'établir entre les phonèmes et les caractères qui les représentent un accord qui satisfasse à la clarté sans multiplier inutilement les signes et sans détruire l'aspect traditionnel du français écrit; ils ont vraiment autre chose à faire. S'ils l'essayaient, d'ailleurs, il est probable qu'ils s'y prendraient mal, n'étant pas préparés à cette tâche et n'ayant pas l'esprit tourné vers les difficiles problèmes qu'elle implique. Mais il n'est pas à craindre qu'ils l'entreprennent : la plupart ne s'en soucient aucunement, la question leur paraissant insignifiante, et leur pratique familière de l'orthographe actuelle leur en cachant les difficultés et les inconvénients ; parmi ceux que la chose intéresse, presque tous sont attachés avec passion à cette orthographe qu'ils savent, dans laquelle ils ont toujours lu et écrit, et ils la défendent par les raisonnements les plus variés et parfois les plus singuliers, qui se ramènent tous, quand on les analyse, à l'invincible force de l'habitude. La pétition pour la réforme de l'orthographe présentée à l'Académie par un nombre considérable d'hommes très autorisés n'a rencontré chez elle, à peu d'exceptions près, qu'indifférence et hostilité, et la tentative si modeste de M. Gréard est destinée, assure-t-on.

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