‹ Grammaire raisonnée de la langue françaiseChapitre 13 sur 139 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

graphe nationale, elle devrait être confiée à une comnïission peu nombreuse, composée de philologues et de gens pratiques, et qui en très peu de temps pourrait doter le pays d'un instrument commode, simple et bien approprié à cette besogne, si importante et aujourd'hui si inutilement compliquée, de la représentation des mois de la langue par l'écriture. Mais peut-être pour faire comprendre à tous l'utilité et la possibilité d'une telle mesure faudrait-il une révolution aussi profonde que celle qui a permis, il y a un siècle, de substituer le système métrique aux mille variétés de poids et de mesures usitées dans la vieille France. Car il ne faut pas se dissimuler qu'une réforme de l'orthographe n'est pas une petite affaire, ni une simple question d'école. Qu'on songe seulement à ces trois conséquences, qu'elle amènerait d'autant plus complètement qu'elle serait plus radicale et plus brusquement imposée: tous les livres antérieurs seraient condamnés ; au bout de vingt ans, ces livres seraient pour nos enfants aussi difficiles à lire que les livres du XVI® siècle le sont pour nous ; — tous les dictionnaires seraient à refaire, et avec eux tous les classements par ordre alphabétique qui, établis souvent après de longs travaux, servent de base aux recherches les plus diverses; — les noms propres, étant de par la loi immuables dans leur forme.

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