Vint est dans Yaugelas
2. M. Louis Havet (La Simplification de V orthographe. Pans, Hachette 1800, p. 38 et suiv.) donne de nombreux exemples d'homonymes qui ne nous gênent en aucune façon :
c Nous écrivons la maaae d'armes comme la mane des adhérents, la manne (panier) comme la manne du ciel, la grève des forgerons comme la grève sablonneuse, la cassé (remède) comme la came (brisure), rorc/kèr du pont comme Varche de Noé, le port de mer comme le port d*armes, la batte à jouer comme la hcdle du blé, la meule de foin comme la meule du moulin, la mine d'or comme la mine fatiguée, la lampe du mineur comme la tutelle du mineur^ le 9ol de la France comme le sol dièze, la pêche à la ligne comme \dk pêche au vin, les court de justice comme les cour« da Facultés, le «on du blé comme le vm du clairon, la coupe de vin comme le <Mupe du bois, la fonte de la selle comme la fonte du fer, la pompe à incendie comme la pompe de la cérémonie, la bière à boire comme la bière des moris... la botle de paille comme la botte de postillon et la boUe qu'on pare. Nous écrivons voler dans les; poches comme vo^ dans les airs, coûter avec quelqu*un comme caiaer un malheur, déUuAer {tiQt une tache;, comme détacher (ôter un attache), délié (détaché) comme délié (fin), cru, (non cuit) comme cru (que l'on croit). »
arrfster à cause de Ys prononcée de rester. Les mots de même famille ne devraient jamais s'écrire de même quand ils se prononcent différemment.
21. a. L'orthographe nous fait tellement illusion qu'on s'imagine prononcer tout autrement qu'on ne le fait dans la réalité. Bien des gens sont convaincus qu'ils prononcent se de conscience autrement qu's de considérable^ ou qu'ils font entendre deux consonnes dans les mots où la consonne double est très sûrement simplifiée par tout le monde. M. Paul Passy rapporte à ce sujet une amusante anecdote : « Lorsque 0. Jespersen était en France, mon frère et moi lui citions des exemples d'abréviations employées en parlant français. Mon père, qui nous écoutait, protesta à plusieurs reprises : il ne voulait pas admettre notamment que t{ se prononce (familièrement) t devant les consonnes. Comme nous insistions, il s'écria: « Monsieur Jespersen, i ne savent pas ce qu'i disent » ; montrant ainsi, bien malgré lui, que nous avions raison.»
Nous prions le lecteur d'être persuadé que tontes les prononciations que nous indiquerons ont été rigoureusement constatées par les observateurs les plus sincères et les plus scrupuleux, et sont conformes à la façon de parler des gens les plus lettrés, quoi qu'ils en pensent eux-mêmes. Nous distinguerons, quand il y a lieu, la prononciation courante de la prononciation soutenue sur laquelle Torthographe a plus de prise, sans en avoir autant qu'on le croit.
1). L'orthographe p/ionë^tgue ne consiste pas, comme on ledit, à laisser chacun écrire comme il prononce, en choisissant les lettres qui lui conviennent parmi celles qui ont la même valeur, mais à fixer pour tout le monde la bonne prononciation de chaque mot par une graphie rigoureusement exacte où chaque son serait représenté par une seule lettre. Si on avait toujours écrit phonétiquement gajure^ la prononciation de ce mot ne serait pas en train de se déformer.
c. L'orthographe actuelle du français n'est pas scientifiquement défendable ; on a pu dire sans exagération qu'elle était barbare et indigne de notre langue. Si tant de gens tiennent au t de puitSy au p de corpSy à Vy de style, etc., ce n'est point, quoiqu'ils puissent en dire et même en penser, par amour du grec et du latin, car ils n'écrivent pas t^n palaiis, tu doiBS, un abîme, etc.; c'est simplement parce qu'ils ont l'habitude de voir les mots ainsi écrits. L'habitude peut être fortifiée par la connaissance qu'on a des formes latines ou grecques, mais c'est quand même pure habitude. Cette résistance de l'habitude prend, dans la bouche de certains littérateurs, une forme sentimentale: les mots sont pour eux des