H MUETTE
êtres vivants, qu'ils aiment tels quels, Pt qu'ils souffriraient de voir changer. Ainsi parlerait une mère qui voudrait garder son fils bossu plutôt que de le voir redressé. Mais ceux qui < aiment » la forme actuelle d'un mot aimeront la forme nouvelle, pour la même raison, dès qu'ils s'y seront habitués. Cette perspective, tout à fait certaine, est de nature à les rassurer ; car, en soi, morceau n'est pas plus aimable que morseau. « Si on écrivoit connaissais au lieu de connoissoiSf dit Bossuet, qui reconnoistroit ce mot ? » Cette réforme s'est faite cependant, non sans troubler un certain temps les habitudes de nos pères ; mais leur gêne a été de courte durée, et notre orthographe a bénéficié d'une améhoration durable.
Des lettres muettes.
Nous venons de voir que les lettres muettes s'expliquent par rarchaïsme ou par Fétymologisme. Dans le premier cas, la lettre, devenue muette, a fait jadis partie du mot français. Dans le second cas, elle a été introduite après coup pour rappeler une étymologie vraie ou fausse.
Nous commencerons Tétude de ces lettres par celles qui sont proprement appelées muetles, Vh muette et Ye muet.