LES CONSONNES DOUBLES
64. Lorsque, de deux consonnes identiques consécutives, une seule se prononce, l'autre est une consonne muette de Tintérieur du mot, et on peut lui appliquer tout ce que nous avons dit des consonnes muettes non finales.
L'histoire de la langue noys apprend que les mots qu'on introduit en français avec une consonne double réduisent dans la prononciation les deux consonnes à une seule au bout d'un temps plus ou moins long, qui dépend de la fréquence de leur emploi. Lorsque les littérateurs et les savants forment des mots de ce genre, ils devraient leur donner immédiatement, en les écrivant avec une consonne simple, la prononciation à laquelle
1. Voyez Revue de philologie fran^aùe, t, iv, p. 81. Racine et M»« de Sévigné écrivaient « je prens, je répons, elc. » On trouve « je rons » au lieu de je romp» sous la plume de Bossuet. L'Académie admettait jadis je prétens à côté de je prétends, et je réponSf je pi'ens.